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| Barbacane |
BarbacaneOn désignait pendant le Moyen Âge, par ce mot, un ouvrage de fortification avancé qui protégeait un passage, une porte ou poterne, et qui permettait à la garnison d'une forteresse de se réunir sur un point saillant à couvert, pour faire des sorties, pour protéger une retraite ou l'introduction d'un corps de secours. Une ville ou un château bien munis étaient toujours garnis de barbacanes, construites simplement en bois, comme les antemuralia, procastria des camps romains, ou en terre avec fossé, en pierre ou moellon avec pont volant, large fossé et palissades antérieures. La forme la plus ordinaire donnée aux barbacanes était la forme circulaire ou demi-circulaire, avec une ou plusieurs issues masquées par la courbe de l'ouvrage.
forteresse
Les armées qui campaient avaient le soin d'élever devant les entrées des camps de vastes barbacanes, qui permettaient aux troupes de combiner leurs mouvements d'attaque, de retraite ou de défense. Au moment d'un siège, en dehors des murs des forteresses, on élevait souvent des barbacanes, qui n'étaient que des ouvrages temporaires, et dans lesquels on logeait un surcroît de garnison. Mais, le plus souvent, les barbacanes étaient des ouvrages à demeure autour des forteresses bien munies.
Parmi les barbacanes temporaires, une des plus célèbres est celle que le roi saint Louis fit faire pour protéger la retraite de son corps d'armée et passer un bras du Nil, après la bataille de la Massoure. Le sire de Joinville parle de cet ouvrage en ces termes :
« Quant le roy et ses barons virent celle chouse, et que nul autre remède n'y avoit (le camp était en proie à la peste et à la famine), tous s'accordèrent, que le roy fist passer son ost devers la terre de Babilonne, en l'ost (1) du duc de Bourgoigne, qui estoit de l'autre part du fleuve, qui alloit à Damiette. Et pour retraire ses gens aisément, le roy fist faire une barbacane devant le poncel, dont je vous ai devant parlé. Et estoit faite en manière, que on pouvoit assez entrer dedans par deux coustez tout à cheval. Quant celle barbacane fut faite et apprestée, tous les gens de l'ost se armèrent ; et là y eut ung grand assaut des Turcs, qui virent bien que nous en allions oultre en l'ost du duc de Bourgoigne, qui estoit de l'autre part. Et comme on entroit en icelle barbacane, les Turcs frappèrent sur la queüe de nostre ost : et tant firent, qu'ils prindrent messire Errart de Vallery. Mais tantoust fut rescoux par messire Jehan son frère. Toutesfoiz le roy ne se meut, ne toute sa gent, jusques à ce que toute le harnois et armeures fussent portez oultre. Et alors passâmes tous après le roy, fors que messire Gaultier de Chastillon, qui faisoit l'arrière garde en la barbacane. Quant tout l'ost fut passé oultre, ceulx qui demourerent en la barbacanne, qui estoit l'arrière garde, furent à grant malaise des Turcs, qui estoient à cheval. Car ilz leur tiroient de visée force de trect, pour ce que la barbacanne n'estoit pas haulte. Et les Turcs à pié leur gecttoient grosses pierres et motes dures contre les faces, et ne se povoient deffendre ceulx de l'arrière garde. Et eussent été tous perduz et destruitz, si n'eust esté le conte d'Anjou, frère du roy, qui depuis fut roy de Sicille, qui les alla rescourre asprement, et les amena à sauveté. »
Cette barbacane n'était évidemment qu'un ouvrage en palissades, puisque les hommes à cheval pouvaient voir par-dessus. Dans la situation où se trouvait l'armée de saint Louis à ce moment, ayant perdu une grande partie de ses approvisionnements de bois, campée sur un terrain dans lequel des terrassements de quelque importance ne pouvaient être entrepris, c'était tout ce qu'on avait pu faire que d'élever une palissade servant de tête de pont, pouvant arrêter l'armée ennemie, et permettre au corps d'armée en retraite de filer en ordre avec son matériel.
(1) Ost = armée
Source: Viollet-le-Duc
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Catégorie:Histoire militaire du Moyen Âge
Catégorie:Fortification
Moyen Âge
Le Moyen Âge occidental est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on fait commencer le Moyen Âge en 476, à la déposition du dernier empereur romain d'Occident par un chef barbare et il s'achève en 1453, avec la prise de Constantinople et la chute de l'Empire romain d'Orient, ou en 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et de la fin de la Reconquista en Espagne.
Le terme « Moyen Âge » a été inventé par Flavio Biondo de Forlì.
En français, l'adjectif correspondant à Moyen Âge est médiéval. Moyenâgeux, quant à lui, est péjoratif. L'histoire du Moyen Âge, en tant que discipline, se nomme aussi « Histoire médiévale ». Un historien qui étudie le Moyen Âge est appelé « médiéviste ».
péjoratif
Précisions lexicales
Les limites exactes du Moyen Âge font l'objet de débats entre historiens.
Les différentes périodes de l’Histoire ont eu des significations précises et pleines de sens à un moment donné, mais qui, au fil du temps, sont devenues des conventions.
Le terme « Moyen Âge » provient d’une expression latine « medium aeuum » qui désigne une période intermédiaire entre deux événements. Exemples : entre-deux-guerres, interrègne. Cette expression classique est reprise au par les humanistes et notamment par Pétrarque (« prince des humanistes ») en 1373. Elle possède à ce moment deux significations :
- Acception philosophique désignant une opposition entre le latin classique et le médio latin, le latin du Moyen Âge. Ce dernier doit être rejeté pour revenir au latin de l’Antiquité, qui, lui, est plus pur.
- Sens culturel et artistique désignant une opposition entre l’art antique et celui du Moyen Âge, art appelé au « art gothique ».
Pour les humanistes, le Moyen Âge est une période barbare entre deux autres périodes d’Antiquité. Ils préconisent la pureté antique.
La diffusion de ce terme est assez lente et se fait dans un premier temps chez les intellectuels, car il est en latin. Par après, il perdra progressivement de sa connotation négative.
Au (vers 1640), le terme sera employé en français et il sera dès lors grandement diffusé. En 1687, Christophe Keller est le premier à périodiser l’histoire dans son petit manuel d’histoire, Histoire du Moyen Âge depuis le temps de Constantin le Grand jusqu’à la prise de Constantinople par les Turcs donc, du au . Pour lui, le terme n’a aucune connotation négative.
Au , il se répand dans toute l’Europe cultivée. En 1798, il entre dans le dictionnaire de l'Académie française sous la définition « temps qui s’est écoulé depuis Constantin jusqu’à la renaissance des Lettres au ».
Au , il se répand partout même dans la langue commune pour plusieurs raisons :
- l'installation de l’enseignement primaire obligatoire ;
- le développement du romantisme ;
- le développement de la philosophie et de l’Histoire dans les universités, principalement en Allemagne : Monumenta Germaniae Historia. Le est couramment appelé « siècle de l’Histoire ». Notre notion de critique historique est le fruit d’une démarche allemande.
Au , l’engouement pour le Moyen Âge diminue.
Ce terme a été exporté des frontières de l’Europe et désigne actuellement une période dans la vie d’une société, à savoir un certain degré de société caractérisé par une société agraire dominée par une caste de guerriers. Par exemple, au Japon, la culture de riz dirigée par les samouraïs, eux-mêmes dirigés par les shoguns jusqu’au milieu du où commence l’ère Meiji.
Quelles limites pour le Moyen Âge ?
Limites extrêmes
ère Meiji]
Afin de découper l'histoire en périodes cohérentes, les historiens ont tenté de s'appuyer sur des événements majeurs illustrant ou provoquant une modification profonde de la politique et de la société. Mais il est rare qu'il y ait un consensus sur telle ou telle date pour définir une limite de période.
C'est le cas en ce qui concerne les limites du Moyen Âge, particulièrement son commencement. Les plus communément admises vont de la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, jusqu'à 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et de la chute de Grenade (fin de la Reconquista).
Mais d'autres dates repères sont possibles, pour le début du Moyen Âge :
- le déménagement de la capitale de l'Empire romain de Rome à Constantinople (330) marque le début de sa division ;
- la conversion de l'empereur Constantin I au christianisme — survenue à sa mort, en 337 – annonce le triomphe de cette religion aux dépends du paganisme antique ;
- la bataille d'Andrinople (378) sanctionne l'avènement de la cavalerie lourde et le déclin des troupes d'infanterie, marquant ainsi le commencement d'un millénaire de supériorité de la cavalerie sur l'infanterie ;
- la reconnaissance par Théodose du christianisme comme religion d'État (396), qui correspond également à la date de la séparation entre l'Empire romain d'Occident et l'Empire romain d'Orient, qui survit au Moyen Âge ;
- le sac de Rome par les Wisigoths d'Alaric Ier (410) marque la supériorité des envahisseurs barbares.
envahisseurs barbares]
Ces différentes options indiquent combien une césure événementielle claire est difficile à trouver pour marquer le début du Moyen Âge : par certains traits, l'Empire romain avait déjà fortement changé avant la fin de l'Antiquité. Par exemple, les empereurs du abandonnent la toge et les tuniques classiques, adoptant les braies des légionnaires, majoritairement d'origine celte ou germanique. C'est également au que l'amphore est abandonnée pour le tonneau, bien plus économique. Enfin, c'est à cette époque que nombre de peuples barbares deviennent fédérés, établissant des relations durables avec le monde romain. L'Empire romain avait donc déjà perdu certains caractères antiques.
L'unité politique, monétaire, linguistique et culturelle du monde romain sur le grand territoire que représente la Méditerranée a subi trois disloquations:
# sur l'axe Est-Ouest, puisque la division d'abord uniquement administrative de l'Orient et de l'Occident est devenue très politique;
# sur l'axe Nord-Sud, puisque les Vandales, puis les Arabes conquièrent l'Afrique du Nord;
# interne, puisque l'Europe se scinde en plusieurs entités nationales.
Aussi, certains historiens – en premier lieu l'historien allemand A. Riegl au début du – ont repoussé la limite d'une période dénommée « Antiquité tardive » (Spätantike), en mettant justement l'accent sur la permanence de traits caractéristiques de la fin de l'Antiquité jusqu'au règne de Charlemagne. Une telle conception s'est d'abord imposée chez les historiens des « franges » du monde romain, où sa pertinence était plus évidente. À l'inverse, en France, il fallut attendre 1977 avec Henri-Irénée Marrou (dans Décadence romaine ou Antiquité tardive ?) pour qu'on s'interroge sur l'utilité d'une telle période, notamment pour mettre fin à l'appellation péjorative de « Bas Empire ». Et aujourd'hui encore, histoire ancienne et médiévale se partagent la connaissance des temps qui vont du au .
Pour la fin du Moyen Âge, d'autres dates que 1492 ont été proposées, mais fondamentalement elles ne remettent pas en cause la limite supérieure de la période :
- la chute de Constantinople (1453), qui est la fin de l'Empire byzantin et l'entrée de l'empire ottoman (turc) sur l'échiquier européen (utilisée en histoire de l'art surtout) ;
- l'invention de l'imprimerie à caractères métalliques mobiles par Gutenberg (1456), dont aurait découlé une révolution culturelle selon Marshall McLuhan dans La Galaxie de Gutenberg (privilégiée par l'historiographie allemande)
- la promulgation par Martin Luther de ses 95 thèses (1517), qui marque les débuts de la Réforme qui fera voler en éclats la relative unité religieuse de l'Occident médiéval.
La fin du Moyen Âge est également marquée par l'instauration d'États ultra-centralisés gouvernés par les grandes monarchies:
;France: François I (1515-1547)
;Espagne: Charles Quint (1515-1555)
;Angleterre: Henri VIII (1509-1547)
;Empire ottoman: Soliman le Magnifique (1520-1566)
Découpages internes
Soliman le Magnifique]
Le Moyen Âge est traditionnellement subdivisé entre Haut Moyen Âge et Bas Moyen Âge. Cependant, les historiens proposent d'autres découpages :
- Régine Pernoud (1) : Le Haut Moyen Âge (de la chute de l'Empire romain à Charlemagne), l'époque carolingienne, l'âge féodal (milieu du à la fin du ) et le Moyen Âge pour les et s.
- Jacques Le Goff (2) : L'Antiquité tardive (jusqu'au ), le Moyen Âge central (An Mil-1348, la Grande Peste) et le Moyen Âge tardif (guerre de Cent Ans-Réforme).
- Ivan Gobry (3) distingue le Moyen Âge ancien (du au ), pendant lequel les peuples se déplacent ainsi que les frontières. C'est aussi la période d'expansion des Francs, avec l'apogée de l'empire de Charlemagne (800-814). Puis arrive le Moyen Âge récent ( au ) au cours duquel ont lieu la Reconquista en Espagne, la constitution puis l'effondrement de l'État Plantagenêt et l'affirmation de la dynastie capétienne.
- Robert Fossier (4) : Les Mondes Nouveaux (350-950), l'Eveil de L'Europe (950-1250) où les influences du monde byzantin et musulman demeure prépondérant dans l'occident chrétien qui se cherche et qui construit la féodalité , puis Le Temps des Crises (1250-1520) de la perte des possessions en Terre Sainte aux Guerres de Religions en passant par la conquête du Nouveau Monde.
Il en ressort que l'appréciation de ces limites est fortement liée aux références géographiques ou thématiques de l'historien.
Cependant, la distinction d'une période centrale qui s'étendrait des environs de 1000 jusqu'à la grande épidémie de peste en 1348 paraît pertinente en raison de la permanence de traits de civilisation majeurs et de l'avènement d'une société fortement structurée, prospère et en expansion dans l'Occident d'alors. L'expression « civilisation médiévale » (s'agissant de l'Occident et sans autre précision) correspond à cette période.
Voir aussi : Antiquité tardive
Principales caractéristiques de l'Occident médiéval
Antiquité tardive
La royauté médiévale
À l'époque de la disparition du dernier empereur d'Occident (), les rois barbares ont implanté une nouvelle forme de pouvoir, jetant les bases de la royauté médiévale. Le roi du Moyen Âge prend sous sa protection son peuple : pendant le haut Moyen Âge et encore au Moyen Âge classique, les sources écrites évoquent le roi des Francs (rex francorum), par exemple. Quelques-uns de ces rois sont sacrés (le roi des Wisigoths, le roi des Francs à partir de 752). Et surtout, le roi du Moyen Âge gouverne en étroite collaboration avec le clergé chrétien. Le pape renforce sa puissance et devient un véritable monarque.
La vassalité
pape]]
La vassalité existait déjà pendant le Haut Moyen Âge. Le système évolue en relations féodo-vassaliques au cours du .
La cérémonie suit des règles très précises. Le vassal avance devant son futur seigneur la tête nue en signe de respect. Il s'agenouille, devant lui, pour lui exprimer son humilité, les mains jointes. Le seigneur les prend entre les siennes et le relève. Le jeune vassal reçoit un legs (le plus souvent une terre ou un droit de prélever des taxes sur un pont par exemple). Il jure, sur les saintes écritures ou sur une relique, sa fidélité au seigneur.
Les progrès techniques
- Le moulin hydraulique se répand dans l'Occident médiéval dès l'époque carolingienne.
- L'introduction de la jachère, puis l'assolement triennal permettent d'accroître la productivité de l'agriculture.
- Les rendements s'améliorent à partir de 1000 grâce à la diffusion d'outils en fer et à l'essor de la charrue.
- La technique d'attelage : le collier d'épaules remplace le « collier de cou » et permet de tirer des charges plus lourdes.
La ville
charrue
- La vocation militaire de la ville décline au profit du château-fort mais elle-même s'enferme derrière des murailles.
- La civilisation urbaine (mise à mal durant l'Antiquité tardive) connaît un nouvel essor au Moyen Âge central. La ville redevient le lieu du pouvoir et les capitales se développent (Paris sous Philippe Auguste).
- Les villes deviennent des centres de production et connaissent l'émergence d'une nouvelle couche sociale : la bourgeoisie ; auparavant, les villae (grands domaines ruraux) jouaient ce rôle (de l'Antiquité jusqu'à la fin de la période carolingienne).
L'éducation et la culture
- Au temps de Charlemagne (mort en 814), la renaissance carolingienne entend restaurer le latin classique. L'abbaye de Saint-Martin de Tours constitue l'un des foyers de cette renaissance, et grâce à l'action d'Alcuin. La caroline est mise au point pour faciliter l'écriture. L'empereur s'attache à réformer les écoles. On y apprend les arts libéraux.
- Les monastères sont pendant longtemps les dépositaires de la culture écrite au Moyen Âge. La règle bénédictine impose en effet aux moines le travail intellectuel : les copistes travaillent à la production des livres dans les scriptoria. Les écoles monastiques sont cependant concurrencées par les écoles épiscopales au , puis par les universités au . Voir l'article détaillé : Éducation au Moyen Âge.
- Dès le , la scolarisation des enfants se développe dans les villes, y compris celle des filles (auparavant l'enseignement était réservé aux clercs).
Éducation au Moyen Âge
La guerre
Éducation au Moyen Âge
- Le Moyen Âge central est l'âge de la chevalerie, marqué par la supériorité de la cavalerie sur l'infanterie. Le service armé, appelé ost, fait partie des obligations du vassal envers son seigneur.
- À la fin du Moyen Âge, les armes de tir (arc long anglais, puis armes à feu) annoncent la fin de la chevalerie.
- Les premiers châteaux forts en pierre apparaissent à la fin du . Un grand nombre de villes médiévales sont entourées de remparts (Paris, Rouen, Carcassonne).
L'art
- L'art médiéval est essentiellement un art religieux : aux églises romanes succèdent les grands chantiers des cathédrales gothiques.
- L'art des manuscrits s'est aussi développé durant le Moyen Âge avec des enluminures et des miniatures en marge des textes sacrés ou liturgiques.
- Voir aussi : mobilier médiéval
La religion chrétienne
Le christianisme est au cœur de l'histoire médiévale : il modèle l'idéologie de la période, principalement en raison de son universalisme et à cause de la montée en puissance de l'Église catholique organisée autour de la papauté de Rome. Les frontières de l'occident médiéval qui échappe à toute unité politique, se confondent aussi avec celles de la chrétienté.
Devenu religion d'État dans l'Empire romain pendant l'Antiquité tardive (à partir de l'édit de Milan, en 313), le christianisme, en effet, se diffuse au haut Moyen Âge à partir de plusieurs foyers : l'Irlande, les royaumes francs, les royaumes anglo-saxons et Rome. La dilatation de la chrétienté s'accompagne de la mise en place de la hiérarchie ecclésiastique — lÉglise en venant à désigner cette dernière — et la papauté, qui se hisse à la tête de celle-ci, devient un des principaux pouvoirs en occident : l'évêque de Rome, dont l'autorité spirituelle s'appuie sur la primauté du siège de l'apôtre Pierre, devient le souverain pontife.
Cette évolution est lente (V – ) et se heurte à de nombreux obstacles :
- en premier lieu, à des résistances internes : les dogmes de l'Église catholique, formulés lors des conciles, se définissent progressivement et doivent triompher des hérésies (l'arianisme des Wisigoths demeure la foi des rois de la péninsule ibérique jusqu'au ; celui des Lombards menace un temps — jusqu'au milieu du — Rome de disparition). Bientôt, le christianisme romain doit s'imposer face à Byzance, notamment pendant la crise iconoclaste ( 726 – 843). Au , la rupture avec le christianisme oriental est consommée, mettant fin au problème. Presque aussi importante est la question de l'adoption d'une liturgie unique : les Églises nationales possèdent leurs propres traditions qui ne se fondent que progressivement : la liturgie irlandaise, qui fixe la fête de Pâques à une date différente, l'emporte dans les îles britanniques jusqu'au synode de Whitby (664). En développant la mission chrétienne (à partir de 610) et en tissant des relations privilégiées avec les souverains « barbares » (notamment, en s'appuyant sur les rois anglo-saxons et sur l'expansion des Francs en Germanie), Rome parvient partout à unifier les traditions de l'Église et dans le même temps, à affirmer son rôle à la tête de celle-ci, sauf chez les Slaves qui demeurent dans la sphère d'influence byzantine.
- Des résistances externes s'opposent à l'influence de la papauté, parce que les pouvoirs laïcs entendent s'immiscer dans les affaires de l'Église et diriger celle-ci dans leur aire d'influence : les rois lombards, tout d'abord, veulent soumettre l'Église romaine. Aussi, le pape fait appel aux Carolingiens (milieu du ), mais ces derniers, comme leurs prédécesseurs, ne se privent pas pour distribuer les terres de l'Église à des laïcs. Lorsque l'Empire chrétien renaît en occident (800), le rapport entre les pouvoirs de l'Empereur et du pape ne sont pas définis autrement qu'en termes de rapport d'influences. Il tourne dans un premier temps au détriment de la papauté, alors que l'Église, mais aussi le pouvoir impérial traverse à tous points de vue une crise grave, au , et il faut attendre la réforme grégorienne (seconde moitié du – premier tiers du ) pour que le pape n'affronte l'Empereur germanique, lors de la querelle des Investitures. Cette dernière, qui s'achève sur un compromis, est déterminante pour assurer l'indépendance du siège apostolique. Au , enfin, la papauté triomphe, grâce à son arme principale : l'excommunication, à son rôle dans l'essor de la chrétienté, à travers la croisade, mais aussi grâce à son pouvoir temporel et grâce à ses richesses. Le pape Innocent III applique lors de son « règne » ((1198 – 1216)) les principes de la théocratie pontificale, qu'avaient formulés pour la première fois les Dictatus Papae (1075).
L'essor de l'Église ne peut être dissocié de l'effort de christianisation de la société et des consciences : cette dernière demeure un combat constant durant tout le Moyen Âge.
Selon les conceptions chrétiennes, conformément au modèle des apôtres dans les évangiles, l'Église conçue comme l'assemblée des fidèles unis dans la foi doit se répandre « jusqu'aux confins de la terre ». Pour cela, elle peut s'appuyer sur le soutien de ses membres influents — comme en Germanie, où elle accompagne le conquérant franc — mais surtout, elle doit reposer sur un acte d'adhésion volontaire et, en cela, elle ne peut compter que sur les effets de la prédication : cet état de fait est à l'origine du double visage de l'expansion chrétienne au Moyen Âge : à la fois pacifique et d'ordre spirituel, mais aussi marquée par la guerre et par la violence.
Au haut Moyen Âge, les missions chrétiennes de prédicateurs isolés, appuyés par Rome lorsqu'elle le peut, repoussent avec succès les limites politiques de la chrétienté en amenant à la conversion des rois barbares et en s'appuyant sur l'influence des rois chrétiens — comme les rois francs, dont l'adhésion au christianisme remonte à Clovis (496) — mais leur préoccupation dernière, qui est de faire entendre le message du Christ aux peuples des derniers, demeure un objectif des plus difficiles à quantifier. Elles sont le plus souvent l'œuvre de moines, comme saint Colomban en Gaule, saint Augustin de Canterbury dans le Kent ou saint Boniface en Frise.
À cette fin, l'Église se heurte également à des résistances à l'intérieur même de la chrétienté, où le clergé épiscopal est à la tête de l'encadrement des fidèles, surtout dans les campagnes : symptomatique, le mot « païen » — paganus, celui qui habite la campagne — désigne celui qui pratique l'ancienne religion polythéiste avant de désigner tout ce qui n'est pas chrétien. Le respect de la morale chrétienne, en particulier, fait l'objet d'injonctions des conciles, des synodes mérovingiens, puis carolingiens. Ces derniers ne cessent de rappeler les interdits, notamment l'esclavage, de condamner les coutumes païennes et de tenter de limiter la violence privée.
Pendant la période féodale, les synodes s'attachent à lutter contre les violences seigneuriales (Paix de Dieu, trêve de Dieu), la simonie, le nicolaïsme, et enfin contre les hérésies.
Ces dernières se développent sporadiquement (autour de l'an Mil) et, très rarement, s'installent durablement comme en Languedoc, avec le Catharisme ou en Bohême, avec Jean Hus (1369 – 1415), etc. À partir du , la papauté peut s'appuyer pour cette tâche sur les ordres mendiants, franciscains et surtout, dominicains.
Mais la tentation du recours à la force est grande et la violence caractérise souvent, en dernier recours, le combat pour l'unité de l'Église, qu'implique sa première définition : elle marque la « christianisation » forcée de la Saxe par Charlemagne (seconde moitié du ), donne lieu à la croisade des Albigeois, à la naissance du tribunal de l'Inquisition sous le pape Grégoire IX (1227 – 1241), aux guerres hussites, etc.
Enfin, un aspect majeur de la religion au Moyen Âge est son rôle dans les arts et la culture : dès l'Antiquité tardive, en effet, la culture latine classique se réfugie dans les monastères, où l'on continue à enseigner le trivium et le quadrivium. Face à l'illétrisme du peuple et des aristocrates barbares, ces derniers et, plus largement, l'Église, demeurent le cadre par excellence où survit l'Écrit : les lettrés, théologiens, hagiographes et chroniqueurs qui témoignent de leur temps, sont des moines ou des évêques. Certaines idées héritées de la Rome antique, comme celle de l'État, qui disparaît au , y sont conservées et pénétrées par le christianisme.
À travers la renaissance carolingienne, portée par Alcuin, la réforme clunisienne, la réforme grégorienne, puis avec la création des ordres mendiants et l'essor des Universités, au , les renouveaux culturels et spirituels émanent des gens de religion. L'art roman qui se diffuse avec Cluny et l'art gothique, qui naît à Saint-Denis avant de gagner l'Europe entière sont des arts religieux. Il faut en fait attendre la fin du Moyen Âge ( – ) pour qu'une culture profane se développe à nouveau en France, dans l'entourage royal des légistes et en raison des démêlés du roi avec la papauté.
Enfin, en toute logique dans ce contexte, les textes à partir desquels se forme l'idéologie — en particulier de la société et du pouvoir — au Moyen Âge sont les sources chrétiennes : l'Ancien testament donne son cadre à la royauté médiévale (Charlemagne est comparé au roi David), les œuvres des Pères de l'Église (notamment, saint Jérôme et, surtout, saint Augustin avec La cité de Dieu) encadrent les rapports sociaux et enfin, le Nouveau testament, dont les Évangiles fournissent à la fois l'exemple de vie apostolique qui anime les ordres mendiants et le terreau de l'humanisme à travers l'Incarnation, se trouve à l'origine du renouveau idéologique qui marque la fin de la période. Aussi, dans une large mesure, la religion chrétienne inspire et modèle la société médiévale en lui fournissant à la fois sa hiérarchie (au sommet de laquelle se trouve le roi, intermédiaire avec le Christ qui règne sur la hiérarchie céleste) et la première de ses institutions : l'Église, qui supplée à la disparition de l'État.
La société
La société du haut Moyen Âge est essentiellement rurale et caractérisée à tous les niveaux par l'existence de liens de dépendances personnelles. Ces derniers, qui se sont substitués à l'ordre public, prolongent pour une part le clientélisme antique et relèvent d'autre part d'une conception chrétienne nouvelle de l'ordre social.
Notamment, l'esclavage est interdit par l'Église : le servage occupe la place qu'il laisse vacante et le même mot qui désignait l'esclave antique (servus) désigne à travers le serf médiéval des conditions sociales très différentes. Notamment, le serf n'est pas juridiquement un bien meuble, propriété de son maître, mais un homme dépendant d'un seigneur.
Aux niveaux supérieurs de la hiérarchie sociale, les relations entre les hommes libres sont caractérisées par les liens de vassalité : le vassal doit aide et conseil (auxilium et consilium) à son suzerain, c'est-à-dire à l'homme auquel il a prêté serment de fidélité.
De tels liens impliquent un certain nombre de devoirs, au nombre desquels le plus important est, à l'origine (sur le modèle carolingien du ), le service militaire dû au suzerain (l'ost) : les chevaliers (milites) sont des nobles.
En parallèle, le vassal reçoit quant à lui un fief (beneficium) de son suzerain : il s'agit le plus souvent du droit de jouir d'une terre, mais parfois, plus souvent à la fin du Moyen Âge, d'une bourse ou d'une rente.
Le fief, dont les lointaines origines se trouvent dans les charges ou honneurs conférés par le souverain carolingien à ses compagnons d'armes, tend à devenir héréditaire au .
Ces liens de dépendances ont pour conséquence principale une forte hiérarchisation sociale. Différents critères divisent également la société médiévale :
- d'ordre moral ; selon les conceptions du clergé, la société idéale est composée de trois ordres qui se distinguent par le mode de vie : les moines, les clercs et le reste des laïcs. Au sein de ces derniers, l'Église distingue encore ceux qui sont mariés de ceux qui sont vierges.
- D'ordre fonctionnel ; à la précédente division se superpose du jusqu'au une autre division tripartite : elle rassemble le clergé et les moines : « ceux qui prient » (oratores), la noblesse (nobiles) : ceux qui combattent (bellatores, pugnatores) et le peuple : « ceux qui travaillent » (laboratores).
:Avec l'essor urbain, à partir du , une nouvelle classe, la bourgeoisie, se développe au sein du peuple : elle tire son nom des « bourgs » nouvellement créés, où vivent ses membres, et rassemble essentiellement les riches artisans (notamment les bouchers) et des rentiers.
- D'ordre juridique ; les seigneurs (domini) se caractérisent par le fait qu'ils détiennent le « pouvoir de juger et de contraindre » (le pouvoir banal, ou ban) les hommes de leur seigneurie (le terme désigne à la fois le pouvoir lui-même et le lieu ou les personnes auxquels il s'applique). S'y attachent un certain nombre de privilèges : le droit de lever l'impôt directement (la taille), d'exiger des corvées, le droit de moudre le grain et de cuire le pain, le droit de péage, etc. Les seigneurs ne doivent pas être confondus avec la noblesse : les abbayes et l'Église constituent également de grandes seigneuries (voir seigneurie ecclésiastique).
:Au sein du peuple, dans les campagnes, les hommes libres qui exploitent un alleu ou une tenure (terre attribuée contre un loyer) coexistent avec les serfs (servi) : la dépendance juridique, sociale et économique de ces derniers par rapport à leur seigneur possède un caractère héréditaire (servage personnel), ou bien ce caractère est lié à la terre qu'ils exploitent (servage réel).
:Toutefois, les contraintes exactes qui pèsent sur les hommes de la seigneurie varient selon la région et selon l'époque considérées.
:Au départ expression d'un lien personnel très fort entre Loire et Rhin, le servage y devient progressivement le signe d'une condition sociale inférieure.
:À partir du , des chartes de franchises octroyées aux villageois permettent la constitution de ces derniers en « commune » et l'accession de serfs au statut d'hommes libres. Ce phénomène s'explique d'abord par de nouveaux défrichements (fondation d'essarts, de bastides, etc.), pour lesquels les seigneurs ont besoin de bras, quitte à renoncer à une partie de leur ban. Il touche en premier lieu les grands centres de peuplement, puis les villages voisins.
- D'ordre économique ; avec l'affaiblissement des derniers Carolingiens, les princes se sont accaparés la majorité des terres. Aussi, à la fin du , le roi est moins riche que les grands féodaux qui entretiennent de nombreux vassaux et frappent leur monnaie. À la fin de la période féodale, l'essor urbain et les progrés techniques bouleversent l'ordre social : au début du , le sort économique de la bourgeoisie est plus enviable que celui que connaissent les hommes libres des campagnes reculées. Notamment, comme pour l'ensemble de la population urbaine, la dépendance de cette nouvelle classe à l'égard des seigneurs est bien moins importante que dans les campagnes ; toutefois, le développement du commerce avec les grandes foires médiévales permet à une riche paysannerie d'émerger dans les campagnes.
Voir aussi
Articles connexes
- [http://fr.wikisource.org/wiki/Textes_m%C3%A9di%C3%A9vaux Textes médiévaux dans Wikisource]
- Liste des articles sur le Moyen Âge
- Le musée national du Moyen Âge (Paris - Thermes et hôtel de Cluny) ~ Troubadour
Articles traitant de sujets médiévaux
Troubadour
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Histoire médiévale par aire géographique
Vassalité]]
- Le Moyen Âge en Allemagne :
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- Le Moyen Âge en Espagne :
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- Le Moyen Âge en France :
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- Le Bas Moyen Âge : les Valois
- Le Moyen Âge en Suisse
- La Suisse au Haut Moyen Âge (476-887)
- La Confédération des VIII cantons
- Confédération des VIII cantons (1353-1481)
- Le Moyen Âge en Méditerranée
- Le monde méditerranéen au
- Empire byzantin
- Trecento du italien
Musées et collections du Moyen Âge
- The Cloisters, à New York
- Musée national du Moyen Âge (hôtel de Cluny), à Paris
-
ja:中世
simple:Middle Ages
PoterneUne poterne est une petite porte qui était intégrée aux murailles d'une fortification, de façon discrète et qui permettait aux habitants du château de sortir ou rentrer à l’insu de l’assiégeant.
Catégorie:Architecture militaire
Louis IX de France
Louis IX de France, plus connu sous le nom de saint Louis, était né le 25 avril 1214 ou 1215 à Poissy Yvelines, et mourut le 25 août 1270 à Tunis. Il fut roi de France de 1226 à 1270, neuvième de la dynastie des Capétiens directs.
Il était le fils de Louis VIII (1187-1226), dit Louis le Lion, roi de France et de Blanche de Castille (1188-1252).
Louis était le frêre ainé de Charles Ier de Sicile (1227-1285), Comte d'Anjou, qui fonda la seconde dynastie angevine.
Le siècle doré
Le XIIIème siècle reste dans l'histoire comme "le siècle doré de St Louis". La France y atteignit son apogée aussi bien économiquement que politiquement. St Louis commande la plus grande armée et dirige le plus grand royaume d'Europe, centre des arts et de la vie intellectuelle grâce, entre autres, à La Sorbonne. Sa réputation de sainteté et de justice est déjà bien établi de son vivant et on le choisit régulièrement comme arbitre pour régler les querelles entre grands d'Europe. Le Roi est considéré comme le primus inter pares (le premier parmi ses pairs).
La ville de Saint Louis aux États-Unis et le Lac Saint-Louis au Québec ont été nommés d'après Louis IX de France.
Prise de pouvoir tardive
Il n'a que 12 ans quand il est sacré roi le 29 novembre 1226 à Reims par l'évêque de Soissons, Jacques de Bazoches. La régence est assurée par sa mère, Blanche de Castille avec le titre de «baillistre». Elle gardera le pouvoir assez longtemps, du moins au-delà de la majorité du roi, jusqu'en 1242.
Le 27 mai 1234, en la cathédrale de Sens, il épousa Marguerite de Provence (1221-1295), fille de Raimond-Bérenger IV (v. 1198-1245), comte de Provence, et de Béatrice de Savoie (morte en 1266). Ils eurent onze enfants :
- Blanche (1240-1243),
- Jean(1248-1248),
- Louis (1243-1260),
- Philippe III le Hardi (01 mai 1245-05 octobre 1285),
- Isabelle (1242-mai 1271) qui épousa en 1258 Thibaud de Champagne roi de Navarre,
- Jean-Tristan (1250-03 août 1270) comte de Valois et de Nevers. En 1266, il épousa Yolande de Bourgogne(?-1280),
- Blanche (1252-1320) qui épouse en 1269 Ferdinand de La Cerda (?-1275) infant de Castille,
- Pierre (1251-1284) comte d'Alençon et de Perche. En 1272, il épouse Jeanne de Châtillon (1254-1291),
- Marguerite (1254-1271) qui épousa en 1270 Jean Ier duc de Brabant (?-1294),
- Robert (1256-1317) comte de Clermont. Il épousa en 1279 Béatrice de Bourgogne, dame de Bourbon.
- Agnès (1260-1327) qui épouse en 1279 Robert II duc de Bourgogne] (?-1305),
Un roi chrétien
Très croyant, Saint Louis veut faire de la France, la "fille ainée de l'Eglise" et de Paris un haut lieu de la chrétienté. Le 26 avril 1248, Louis IX y inaugure la Sainte Chapelle dans l'île de la Cité.
Il prône la justice et modernise l'administration. Il y traque les abus des baillis et sénéchaux en instaurant ce qui deviendra plus tard la Cour des Comptes.
Il s'applique à pacifier les proches zones de conflit. En 1229, il met fin à la croisade des Albigeois en signant le Traité de Paris avec le Comte Raymond VII de Toulouse. En 1258, Louis IX fixe les frontière Sud du royaume en signant le Traité de Corbeil avec le roi Jacques Ier d'Aragon.
Le 4 décembre 1259 à Paris, il signe un traité de paix avec l'Angleterre mettant ainsi fin à la première «guerre de Cent Ans» entre les deux pays.
Fait peu connu, Louis IX était un roi antisémite:
- en 1242, il organise un autodafé en place publique tous les manuscrits hébreux de Paris.
- en 1254, il bannit les juifs de France. Décret qui sera annulé quelques années plus tard en échange d'un versement d'argent au trésor royal.
- en 1269, en application d'une recommandation du IVe concile du Latran de 1215, il impose aux juifs de porter des signes vestimentaires distinctifs. Pour les hommes, un rond d'étoffe rouge, la rouelle, sur la poitrine et un bonnet spécial pour les femmes. Ces signes permettent de les différencier du reste de la population et d'empêcher ainsi les mariages mixtes. A noter que ce type de "marquage" se pratiquait déjà à l'époque dans le monde musulman. Les juifs devront également cesser de cohabiter avec les chrétiens, c'est la naissance du concept de ghetto.
Ces mesures doivent être replacées dans le contexte du 13ème siècle. Les Juifs y étaient mals vus partout en Europe, car les chrétiens leur reprochaient d'être responsables de la mort du Christ.
Un croisé malheureux
En 1244, St Louis tombe gravement malade et fait le voeu de partir en croisade au cas où il guérirait. Rétabli et malgré l'avis défavorable du pape Innocent IV, il relancere deux croisades mais sans succès :
- en 1248, la septième croisade, en Égypte ou il est fait prisonnier durant quatre ans avant d'être libéré contre une rançon.
- en 1270, la huitième (et dernière) croisade devant Tunis durant laquelle il mourut. Il espérait convertir le sultan de Tunis au christianisme et le dresser contre le sultan d'Égypte. Les croisés s'emparent facilement de Carthage mais l'armée est victime d'une épidémie de dysenterie. Saint Louis en meurt le 25 août 1270 sous les remparts de Tunis, étalé sur un lit de cendres en signe d'humilité et les bras en croix à l'image du Christ. Cet échec marqua la fin des croisades. La tradition veut qu'il soit mort de la peste mais cette maladie ne refera son apparition en occident que vers 1347.
Une partie des restes du roi a été enterrée en Tunisie, où une tombe de Saint-Louis peut encore être visitée aujourd'hui. Une autre partie de ses restes sont dans une urne située dans la Basilique de Monreale à Palerme. Son corps fut amené à la basilique de Saint Denis mais son corps disparut pendant les guerres de religion. Seul un doigt fut sauvé et il est conservé à Saint-Denis.
Louis IX fut canonisé en 1297 par le pape Boniface VIII sous le nom de Saint Louis de France.
Ascendance sur trois degrés
Voir Louis IX de France, ascendance sur trois degrés
Source et bibliographie
Jean de Joinville fut son principal biographe (Vie de Saint Louis) et l'un des principaux témoins lors de son procès de canonisation. C'est lui qui rapporta, par exemple, que Saint Louis rendait la justice sous son chêne :
« Il advint maintes fois qu’en été, il allait s’asseoir au bois de Vincennes après sa messe, s’adossait à un chêne et nous faisait asseoir autour de loi. Et tous ceux qui avaient un problème venaient lui parler sans en être empêchés par un huissier ou quelqu’un d’autre. »
- Jean de Joinville, J. Monfrin (éditeur), Vie de saint Louis, ([http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?Destination=Gallica&O=NUMM-102413 à lire sur le site de la BNF])
- Jacques Le Goff, Saint Louis, Gallimard, Paris, 1996, ISBN 2-07-073369-6
Louis France 09
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ja:ルイ9世 (フランス王)
Nil
right
Le Nil (An-Nil en arabe) avec ses 6 671 km est l'un des deux plus longs fleuves sur Terre, l'autre étant l'Amazone. Il est issu de la rencontre du Nil Blanc et du Nil Bleu. Le Nil blanc (Bahr-el-Abiad) prend sa source au lac Victoria (Ouganda), le Nil bleu (Bahr-el-Azrak) est issu du lac Tana (Éthiopie). Ils s'unissent à Khartoum, capitale du Soudan actuel et se jette en Égypte dans la Méditerranée . Il traverse le Rwanda, le Burundi, la République démocratique du Congo, la Tanzanie, le Kenya, l'Ouganda, l'Éthiopie, l'Érythrée, le Soudan et l'Égypte.
De nos jours, les eaux limoneuses du Nil sont captées et redistribuées sur les terres agricoles grâce aux barrages de Ziftah, d'Assiout, d'Hammadi, d'Esna et surtout des deux barrages géants d'Assouan, dont la construction dans les années 1970 a nécessité le déplacement du temple d'Abou Simbel pour la retenue du lac Nasser.
De l'espace, le Nil se distingue nettement par une vallée verte au milieu du désert.
lac Nasser
Voir aussi
Articles connexes
- Astrologie égyptienne
- Irrigation
Catégorie:Index égyptologique
Catégorie:Cours d'eau du Burundi
Catégorie:Cours d'eau du Rwanda
Catégorie:Cours d'eau de République démocratique du Congo
Catégorie:Cours d'eau de Tanzanie
Catégorie:Cours d'eau du Kenya
Catégorie:Cours d'eau d'Ouganda
Catégorie:Cours d'eau d'Éthiopie
Catégorie:Cours d'eau d'Érythrée
Catégorie:Cours d'eau du Soudan
Catégorie:Cours d'eau d'Égypte
ja:ナイル川
ko:나일 강
Viollet Le Duc
Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc (Paris, 27 janvier 1814 - Lausanne (Suisse), 17 septembre 1879) est un architecte français, connu surtout pour ses restaurations de constructions médiévales.
Au début des années 1830, un mouvement de restauration du patrimoine médiéval apparut en France. Prosper Mérimée demanda à Viollet-le-Duc, de retour d'un voyage d'études en Italie, de restaurer l'abbaye de Vézelay. Ce travail marqua le commencement d'une longue série de restaurations.
Quelques-unes de ses restaurations :
- Églises :
- Sainte-Marie-Madeleine (Vézelay)
- Notre-Dame de Paris (Paris)
- Basilique Saint-Denis (Paris)
- Saint-Louis (Poissy)
- Semur
- Saint-Nazaire (Carcassonne)
- Basilique Saint-Sernin (Toulouse)
- Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Clermont-Ferrand
- Hôtels de ville :
- Saint-Antonin-Noble-Val
- Narbonne
- Châteaux :
- Château de Pierrefonds
- Cité de Carcassonne
- Château de Coucy
- Château d'Abbadie
Pendant toute sa carrière, il prendra des notes et des croquis, pas seulement des constructions sur lesquelles il travaillait, mais aussi des constructions romanes, gothiques et Renaissance qui devaient être bientôt démolies. Son étude de la période médiévale et de la Renaissance ne s'est pas limité à l'architecture : il s'intéressa aussi au mobilier, aux vêtements, aux instruments de musique, à l'armement…
Son point de vue sur la restauration est remarquable et s'oppose à la simple conservation : « Restaurer un édifice, ce n'est pas l'entretenir, le réparer, ou le refaire, c'est le rétablir dans un état complet qui peut n'avoir jamais existé à un moment donné. » En application de ces principes, Viollet-le-Duc modifia irrémédiablement plusieurs monuments mais ceci permit souvent de les sauver, ce qui explique que son œuvre soit controversée.
Il est aussi historien et surtout théoricien de l'architecture. À ce titre, il tentera de s'imposer à la chaire d'histoire de l'architecture de l'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris (expérience vaine, en raison d'une cabale menée par Julien Guadet - qui prendra sa place - et par Jean-Louis Pascal). Il sera ensuite, en réaction contre l'enseignement de la rue Bonaparte, à l'origine de la création de l'École spéciale d'architecture, boulevard Raspail. Ses idées inspirèrent nombre de ses contemporains, des créateurs de l'art nouveau au tournant du et trouvèrent même un nouvel essor au travers de réalisations récentes.
Œuvres
Toute son œuvre a d'abord été publiée en fascicules puis en livres :
# [http://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%27architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle Dictionnaire raisonné de l'architecture française du au siècle (1854 à 1868)] ;
# Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carolingienne à la Renaissance (1858 à 1870) ;
# [http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?Destination=Gallica&O=NUMM-89858 Entretiens sur l'architecture] (en 2 volumes) (1858-1872).
# [http://fr.wikisource.org/wiki/Description_du_ch%C3%A2teau_de_Coucy Description du Château de Coucy] (1875)(Wikisource)
# [http://fr.wikisource.org/wiki/Description_du_ch%C3%A2teau_de_Pierrefonds Description du Château de Pierrefonds] (1857)(Wikisource)
# [http://wikisource.org/wiki/La_cit%C3%A9_de_Carcassonne La cité de Carcassone] (1888)(Wikisource)
Quelques élèves d'Eugène Viollet-le-Duc
Anatole de Baudot
Viollet-le-Duc, Eugène
Viollet-le-Duc, Eugène
Viollet-le-Duc, Eugène
Catégorie:Architecture au Moyen ÂgeMoyen Age
Catégorie:Moyen Âge
Catégorie:Architecture militaireArticles se rapportant à l'architecture dans le domaine militaire
Catégorie:Architecture
Catégorie:Armes et équipements militaires Йосемитски национален парк
Националният парк Йосèмити (Yosemite National Park) е разположен в окръзите Марипоса и Тюолъмни, Калифорния, САЩ, на изток от Сан Франциско. Паркът заема територия около 3 080 км2 и се простира по западните склонове на планинската верига Сиера Невада. В националния парк Йосемити се съхраняват девствени алпийски и субалпийски екосистеми, три гори с гигантска секвоя и едни от най-високите в света водопади. Годишно Йосемити се посещава от над 3 милиона души.
Създаване
Националният парк Йосемити е създаден на 1 октомври 1890 г. и е трети сред най-старите национални паркове в САЩ. Създаден е с цел съхранение на ресурсите, които допринасят за неговата уникалност и привлекателност. Конгресът признава важността на съхраняването на този голям парк за радост на бъдещите поколения, и създава Националния парк Йосемити. От геологична гледна точка Йосемити представлява зрелищна колекция от различни геологични образования. В него се намира най-голямата концентрация на гранитни куполи в света и най-големият в света гранитен монолит на открито.
Първото прилагане на концепция за парк води началото си от Йосемити с акт от 1864 г. (федерална земя дадена на Калифорния за резерват), подписан от Ейбрахам Линкълн и оттогава паркът играе важна роля в иницииране на концепции за управление на паркове.
Площ, височина и посещаемост
Националният парк Йосемити обхваща почти 3080 км2 живописни девствени земи, отделени през 1890 г,. за да бъде съхранена част от Централна Сиера Невада, която се простира в източната част на Калифорния. Паркът е разположен на височина от 610 м до над 3960 м над морското равнище. Освен с алпийския пейзаж и трите гори с гигантски секвои, Йосемити е характерен и с издълбаната от глетчери ледникова долина Йосемити, водопади и скали с необичайни форми.
- Площ към 23 септември 2000 г.:
- Федерална земя – 307371,26 ха
- Не федерална земя – 702,54 ха
- Обща площ – 308073,80 ха
Националният парк Йосемити е отворен целогодишно и денонощно, а най-голяма посещаемост има през месеците от юни до август, а най-ниска – от декември до февруари.
- Посещаемост през 1999 г.:
- Общ брой туристи – 3493607
История
Геологичната история на Йосемити започва преди милиони години, когато планината Сиера Невада в Калифорния се образува постепенно от редица земни катаклизми. С все по-голямото издигане на планината и увеличаването на наклона на терена, течащата на запад река Мерсед увеличава, като издълбава дълбоко, V-образните речни каньони. По-късно, масивни глетчери се спускат надолу по каньоните, като ги преобразуват в U-образни долини. Потоците, притоци на Мерсед, не издълбават своите каньони толкова дълбоко, колкото е каньонът на Мерсед. Глетчерите пресичат тези каньони и ги оставят като „висящи долини“. Притоците, които някога са се вливали на еднакво ниво с това на основния поток, сега се спускат от отвесни скали, образувайки прочутите водопади на парка. Накрая, седиментите, довлечени от високите терени, запълват езерото Йосемити и образуват сегашното дъно на долината.
Първите човешки обитатели на тези земи за коренните жители на Америка, които се заселват в района на Йосемити най-вероятно преди 10000 – 7000 години. В този район живеят най-различни племена, най-последно от които е племето майуок, което нарича долината Йосемити Ауани, което се предполага, че означава „мястото на прозяващата се уста“. Самото племе нарича себе си ауаничи.
Ауаничите се препитават от земеделие, събиране на жълъди, лов и риболов. Откриването на златото в ниските планини на Калифорния слага край на този идиличен начин на живот, когато някои от членовете на племето, разгневени от нахлуването на миньорите, атакуват едно от техните търговски поселища в каньона на река Мерсед. Като репресивен отговор, миньорите организират батальона „Марипоса“, който е под командването на щата. Батальонът навлиза в долината Йосемити на 27 март 1851 г., за да преследва йосемитските индианци. Вождът Теная предвожда племето си при нападенията срещу белите заселници в подножието на Сиера Невада. Батальонът залавя Теная и племето му и ги отвеждат в резерват в подножието на планината, а накрая го оставят да се върнат в долината, носеща тяхното име.
През 1855 г. в долината Йосемити пристига първата група туристи, а девет години по-късно Ейбрахам Линкълн, подкрепен от група влиятелни калифорнийци, подписва акта за Йосемити, с който за обществен резерват под контрола на щата се отделят долината Йосемити и гората с гигантски секвои Марипоса
През 1890 г. Робърт Ъндъруд Джонсън, редактор на списанието „Сенчъри“, и Джон Мюър са обезпокоени, че високопланинският терен над парка се унищожава чрез използването му за пасища и дърводобив. Двамата започват успешна кампания за убеждаване на Конгреса да задели и високопланинските терени за национален парк.
През 1906 г. долината Йосемити и гората Марипоса са върнати под федерална юрисдикция. През 1932 г. държавата откупва земите в басейна на Уауона и хотел „Уауона“и ги включва в националния парк.
Местността Уауона първоначално е индиански лагер, а по-късно, през 1856 г. там е построен крайпътен хотел, известен като „Страноприемницата на Кларк“, по името на собственика, Гейлън Кларк. През 1864 г., когато бива основан паркът, Кларк става първият пазач на защитената територия. През 1875 г., когато бива открито първото шосе през Уауона, мястото е купено от братята Уошбърн, които построяват хотела „Уауона“, действащ и до днес. Днес Уауона е организиран център по история на първите заселници в Йосемити, където са пренесени исторически сгради и конски фургони.
Геология
Геологичната история на Йосемити започва преди около 500 милиона години, когато районът на Сиера Невада е дъно на древно море. Върху морското дъно се наслояват седименти, които в последствие, вече над морското ниво, се огъват, усукват и пропадат. Същевременно, разтопени скали, избликнали от недрата на земята, бавно се охлаждат под слоевете ос седименти и образуват гранит. Ерозията постепенно разрушава всички скали върху гранита и накрая той остава открит. Докато Сиера Невада продължава да се издига, водата, а след това и глетчерите, продължават да работят и оформят съвременното лице на Йосемити. Ерозията и времето продължават да го оформят и сега.
Ландшафт
Ливадите Тюолъмни и високопланинските терени
Тази част от Йосемити представлява най-величествения пейзаж в Сиера Невада. През лятото ливадите, езерата и голите гранитни склонове изобилстват от живот. Поради краткия летен сезон, растения и животни се възползват максимално от топлите дни за растеж, репродукция и трупане на хранителни запаси, преди да започне дългата и студена зима.
- Шосето Тайога (шосе № 120, Калифорния) пресича този район. Построено е през 1882–1883, първоначално като миньорски път, а през 1961 г. е модернизирано. Шосето пресича район на езера, ливади, гранитни куполи и високи върхове. Покрай шосето има отбивки, от които се откриват панорамни гледки. Шосето пресича билото на Сиера Невада през прохода Тайога на височина 3031 м над морското равнище – най-високото място в Калифорния, до което може да се достигне с автомобил.
- Ливадите Тюолъмни са разположени на височина 2992,8 м над морското равнище и са най-големите субалпийски ливади в Сиера Невада. Намират се на 88,5 км от долината Йосемити по шосето Тайога. През лятото ливадите Тюолъмни са отправна точка за туристически преходи, а стават все по-популярни и като район за зимен туризъм.
Гори с гигантски секвои
Гората Марипоса, намираща се на 56 км южно от долината Йосемити, е най-голямата от трите гори с гигантски секвои в Йосемити. Горите Тюолъмни и Мерсед са близо до местността Крейн Флет. Въпреки заплахата от страна на човека, тези огромни дървета, най-големи от всички живи организми, устояват хилядолетия. Обаче едва през последните години започва да се разгадава средата, в която растат гигантските секвои. През последните 100 години защитата им понякога е недостатъчна, а понякога – прекалено силна. Например, в края на 19 век през две от секвоите в гората Марипоса са прокарани тунели. Обратно, добрите намерения създават друг проблем – защитата от пожари има отрицателен ефект.
Секвоите са се приспособили чудесно към огъня. Дървесината и кората са пожароустойчиви. Черни белези върху редица големи дървета, които все още виреят добре, показват, че те са устояли на много унищожителни пожари. Репродукцията на секвоята също зависи о т огъня. Малките й семена се нуждаят от минимално количество почва, за да покълнат, но на фиданките е необходима слънчева светлина. Исторически, честите естествени пожари разреждат гората, намаляват конкурентните видове и обогатяват почвата с минерали. Но през годините на ограничаване на пожарите се натрупват паднали клони, листа и др., които пречат на репродукцията и позволяват на дървета, които могат да растат и на сянка, да навлязат в гората от секвои. Управата на националния парк понастоящем симулира естествени пожари, които да подобрят здравето на гората.
Секвоите в Йосемити са били тук и при появата на първите европейски заселници. Секвоята Гризли Джаянт (сивият гигант) е на 2700 години и се счита за най-старата секвоя.
Долината Йосемити
Долината Йосемити е вероятно най-известният в света пример за образуван от глетчер каньон. Нейните буйни водопади и извисяващи се скали, скални куполи и масивни монолити са изключително чудо на природата. Характерни за долината Йосемити са отвесните стени и плоското дъно. Еволюцията й започва, когато по каньона на река Мерсед се спускат алпийски глетчери. Ледът отсича по-слабите части от гранитните скали, като ги откъсва от местата им и ги отнася, като доста разширява каньона, проправен от река Мерсед през Сиера Невада. По-твърдите и по-солидни части, каквито са скалите Ел Капитан и Катидрал (катедрала), остават цели. Накрая глетчерът започва да се топи и последната морена, останала след последното настъпление на глетчерите в долината, прегражда като бент водата от топящия се лед и по този начин в новосъздадената U-образна долина се образува древното езеро Йосемити. Най-накрая седиментите запълват езерото, като образуват съвременния плосък под на долината. Същият процес сега запълва езерото Мирър (огледало) в подножието на скалата Халф Доум (половин купол).
Обратно на долината Йосемити, каньонът на река Мерсед, извън парка, е типичен V-образен каньон, понеже глетчерите не са стигнали дотам. Извън самата долина, по залесените слонове личат следи от глетчер, но през по-голямата част от този район не са минавали глетчери.
Долината е мозайка от обширни ливади, обсипани с диви цветя и цъфтящи храсти, дъбови гори, смесени иглолистни гори с бор пондероза, тамянов кедър и дъгласова ела. Фауната в долината Йосемити е изключително разнообразна: от пеперудите монарх до черноопашатите елени и черните глигани. По периферията на долината има множество водопади, най-известните от които са: Йосемити, Брайдалвейл (булчински воал), Върнал (пролетен), Невада и Илилует, като в някои от водопадите от средата на август до ранната есен няма вода.
Фауната на Йосемити
Мечки
Националният парк Йосемити е обитаван от 300 – 500 американски черни мечки, Ursus americanus. Въпреки че обикновено биват наричани черни мечки, много малко от тях са черни и по-обичайно е да са с различен цвят в диапазона от черен през кафяв до светлокафяв и жълто-кафяв.
Черните мечки са всеядни и ядат почти всичко. По-голямата част от деня те прекарват в търсене на трева, семена, горски плодове, жълъди, насекоми, като понякога рядко се хранят и с месо. Мечките разкъсват изгнили дървета и дънери в търсене на ларви от насекоми. Ливадите им предлагат голямо разнообразие от храна, като напр. трева, детелина, момина сълза, див лук и др. луковици. Растителната храна представлява 75% от храната на мечките в Йосемити. Те много обичат плодове, особено дива ябълка, скоруша, плодове от бъз и дива череша. Различни видове катерици, мармоти, мишки и други гризачи, също са част от храната им. През есента мечките се забелязват често да търсят жълъди под дъбовете. За съжаление, много от мечките в Йосемити са се научили да се снабдяват с храна от хората, тъй като лесно се пригаждат към променящата се околна среда.
Калифорнийска дива овца
Когато първите заселници идват в Йосемити преди повече от 150 години, из планината бродят стотици калифорнийски диви овце. Обаче скоро след това дивите овце започват да изчезват от Йосемити, поради лов, болести и конкуриране за храна с питомните овце. Днес, след положените усилия на управата на националния парк и редица други служби и организации, калифорнийската дива овца отново е част от фауната на Йосемити. Среща се в източната част на парка.
Златист орел
Популацията на златистия орел, Aquila chrysaetos в границите на Йосемити се развива добре. В долината Йосемити не се срещат често. Златистият орел е наречен така, поради короната от златисти пера на главата му. Младите орли имат бели петна по крилата и опашката.
Голяма сива сова
Йосемити е обитаван и от рядката и застрашена голяма сива сова, Strix nebulosa. В някои части на парка може да се чуе характерния звук, издаван от сивата сова. Учените изследват и документират броя, навиците и здравословното състояние на популацията на голямата сива сова в Йосемити
Койот
Този сребристо-сив представител на семейство Кучета се среща в Йосемити през цялата година. Койотите, Canis latrans, се хранят предимно с полски мишки и катерици, обаче са се научили да си просят храна и от хората. За съжаление, човешката храна е вредна за тях, освен това, когато се опитват да получат храна от хората, може да ги блъсне кола.
Черноопашат елен
Всички елени в Йосемити са черноопашати (Odocoileus hermionus). Английското им название mule deer, означаващо мулеелен им е дадено поради това, че ушите им напомнят тези на мулето. Често се забелязват да пасат по ливадите или около тях. Понякога се приближават и до хората, но могат да станат опасни, ако не могат да избягат – копитата и рогата им са остри.
Катерици
В Йосемити се срещат различни видове дървесни и земни катерици. Една от най-известните катерици в парка е западната сива катерица, Sciurus griseus. Характерни са с рунтавите си сиви опашки. По време на размножителния им период (два пъти годишно), стават оживени, преследват се, бият се и вдигат шум.
Стелерова сойка
Това е комична, светлосиня птица, със заострена сиво-черна качулка, Наричат я лагерен крадец, поради това че краде храната на туристите. За Стелерова сойка, Cyanocitta stelleri е характерен звукът, който издава, подобен на мучене на крава. Често той означава, че е намерена храна.
Сокол скитник
Соколът скитник, Falco peregrinus, е застрашен вид, но вече се е завърнал в долината Йосемити. С усилията на управата на парка и на много други организации, след завръщането в парка през 1970-те години, популацията му се е увеличила значително. Соколите скитници, които гнездят в Йосемити, са защитени от управата на парка.
Дърветата в Йосемити
От 27 различни вида дървета в парка, най-лесно, поради внушителните им размери и отличителни белези, се разпознават следните четири:
- Калифорнийският черен дъб, Quercus kelloggi, се среща в изобилие в долината Йосемити. Той е голямо широколистно дърво с жълто-зелени листа и тъмен ствол. Ражда жълъди, които индианците майуок смилат на брашно.
- Калифорнийският тамяновият кедър, Calocedrus decurrens, е характерен с червеникавата си кора, поради което често го бъркат с гигантската секвоя. Тамяновият кедър се среща в изобилие из Сиера Невада, докато секвоите растат само в ограничен брой гори.
- Гигантската секвоя, Sequoiadendron giganteum, е най-голямото дърво на земята. В Йосемити има три гори с гигантски секвои. Гигантската секвоя често живее между 1000 и 3000 години. Някои от тези дървета са посадени в долината Йосемити от заселници, но те са донесени от друго място.
- Борът пондероза, Pinus ponderosa може да се разпознае по кората си, покрита с тъмни пукнатини, образуващи люспи с неправилна форма. Възрастните дървета са със значителен диаметър в основата и с прав ствол, издигащ се на много метри, преди да се разклони.
Външни препратки
- [http://www.yosemite.national-park.com/info.htm Информация, предоставена от Управата на националния парк]
- [http://www.nps.gov/yose Уеб сайт на Управата на Нациоанален парк Йосемити]
- [http://www.yosemite.org Асоциация Йосемити]
- [http://www.pbase.com/ngruev/yosemite Снимки от парка Йосемити]
Категория:Национални паркове в САЩ
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ja:ヨセミテ国立公園
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