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Châteaux forts
Un château fort est un château fortifié de manière à pouvoir résister aussi bien à une attaque directe qu'à un siège.
Évolution des forteresses en Occident (X-XIII siècles)
La physionomie des châteaux forts a changé au cours du Moyen Âge parallèlement à l'évolution des techniques militaires et de siège (poliorcétique). La structure et l'ampleur des châteaux forts dépendent également des régions et du pouvoir de son propriétaire.
On peut distinguer plusieurs étapes, dans l'ordre chronologique :
La motte féodale (deuxième moitié du X siècle / début du XI siècle)
motte féodale, d'après la Tapisserie de Bayeux]]
Il s'agit d'une butte artificielle sur laquelle est aménagée une tour entourée d’une palissade et d'un large fossé.
Les dimensions des mottes varient de 50 à 100 mètres de diamètre et d'une hauteur de 15 à 20 mètres. Dans les premiers temps, la tour était en bois et comportait un ou deux étages où l'on trouvait des réserves et la chambre du châtelain et de sa famille ; entouré d'une palissade aménagée sur une levée de terre et d'un fossé en haut. L'entrée pouvait se faire par pont amovible gardé par une porte et une tour en bois. Au pied de la butte s'étendait une basse cour avec des habitations, des écuries et des bâtiments agricoles.
Certains sires érigeaient ces fortifications sans l'autorisation du prince : ce mouvement d'usurpation qui aboutira aux châtellenies du fut plus précoce dans le sud de la France. Dans la deuxième moitié du , le château à motte se multiplie et devient plus complexe en France. Il se diffuse en Allemagne et en Angleterre, après la conquête du duc Guillaume de Normandie. Elles se dotent alors d'une enceinte maçonnée au sommet de la motte.
La tapisserie de Bayeux est une source iconographique de première importance pour la connaissance des mottes féodales. Elle peut être complétée par les données archéologiques. Ces constructions de bois présentaient l'avantage de pouvoir être rapidement reconstruites, après un incendie par exemple. Elles servaient de refuge aux paysans des alentours, au temps des invasions scandinaves.
tapisserie de Bayeux
Premières forteresses en pierre (XI siècle)
La forteresse désigne un donjon en pierre entouré de remparts. Le donjon se développe surtout dans la deuxième moitié du . Dans l'empire, en Italie et en France du sud, de petites tours de trois ou quatre étages pouvaient se dresser seules et servir de refuge ou de poste de guet. Elles n'étaient pas protégées par une muraille.
Les premiers grands donjons à base rectangulaire apparaissent dans la vallée de la Loire (Langeais, fin du ). Ils sont adoptés en Normandie puis en Angleterre et en Allemagne au cours du . Celui de Loches mesure 37 mètres de haut.
L'âge d'or du château
L'apogée du château fort proprement dit est le . On le désigne parfois sous l'expression « château roman ».
Loches, Bretagne]]
- La courtine se dote de tours de flanquement à partir de 1160 ; elles sont d'abord rectangulaires, semi-circulaires et enfin circulaires. Elles sont de plus en plus nombreuses et rapprochées. Les tours circulaires résistent mieux aux mangonneaux et ne laissent aucun angle de tir mort. Le donjon voit sa fonction de défense se réduire. Mais il demeure le symbole du pouvoir seigneurial. Il disparaît dans certains cas (Carcassonne). Les bâtiments de la basse-cour se regroupent contre la muraille.
- Le donjon circulaire (comme au Louvre construit sous Philippe Auguste), devient la règle générale après 1150. Le seigneur et sa famille ont tendance à habiter dans un logis plus confortable situé dans l'enceinte.
- Les archères apparaissent fin pour faciliter le tir à l'arbalète.
- Grâce à la fortune des princes, les constructeurs utilisent de plus en plus la pierre. Cependant, le bois est toujours utilisé pour les défenses annexes : barbacanes, lices, bretèches, hourds…
Aménagements du XIII siècle
Enfin, le château fort se dote d'une double enceinte au : les deux remparts dégagent donc un espace intermédiaire appelé « lices ». Des tourelles sont construites pour ne pas laisser d'angles morts. Un chemin de ronde ainsi qu'un fossé plus large et plus profond sont aménagés.
Pour se défendre contre les projectiles incendiaires, les toits sont couverts de plomb, les planchers sont remplacés par des voûtes de pierre. Le plan du château plus resserré et géométrique (carré pour le Louvre). Les princes et les rois font entourer leurs villes d'enceintes : Rouen, Paris, Laon, Aigues-Mortes, Provins, Angers…
- Le développement de l'artillerie à poudre et la disparition des guerres féodales sonneront la fin des châteaux forts.
Fonctions du château fort occidental
Angers]]
Le château et son donjon représentent l'autorité du seigneur ; avec l'émiettement de l'autorité publique au , les seigneurs châtelains se sont rendus maîtres des forteresses ou en ont érigé sans l'aval du roi. Ils choisissent un site en fonction de ses qualités défensives : un éperon rocheux (Château-Gaillard), une colline, une falaise… Le château doit pouvoir surveiller une frontière ou une vallée, un lieu de passage.
Description des fortifications
Les fortifications consistent principalement en un ou plusieurs murs d'enceinte, éventuellement cernés par des fossés ou des douves. Une douve intérieure peut à la fois assurer une protection contre le franchissement et une réserve d'eau en cas de siège. Les murs sont construits assez haut pour qu'un assaillant ne puisse les gravir aisément même à l'aide d'échelles et pour que lancer des projectiles par-dessus soit coûteux. Au sommet des murs court un chemin de ronde, sur lequel des soldats peuvent repousser une attaque en tirant par les créneaux, et assurer leur protection derrière les merlons, fendus d'une meurtrière leur permettant de décocher des traits, ou lancer des projectiles divers par les mâchicoulis. De plus, des tours peuvent être réparties aux angles et sur certaines portions de murs pour en défendre l'accès en réduisant les angles morts des tireurs.
Surveillance
mâchicoulisPour se prémunir d'une attaque surprise, et donc voir arriver l'ennemi de loin, ainsi que pour surveiller le pays environnant, les châteaux sont en général établis sur une hauteur. Pour faciliter la surveillance, des échauguettes étaient construites pour abriter les veilleurs : il s'agit d'une tourelle construite en encorbellement sur une courtine, à un angle de la muraille, ou bien sur une tour. C'est l'ancêtre de la guérite.
Entrée
Les portes d'entrées sont protégées par des herses et éventuellement un pont-levis permettant de franchir les fossés. L'accès principal peut de plus être protégé par une barbacane, petit châtelet, sorte de poste avancé de la fortification.
Le donjon
barbacane]
Le château doit pouvoir résister à un siège qui peut durer longtemps. Grâce au curé d'Ardres (Lambert), nous avons une description précise de ce que pouvait abriter un donjon :
- Rez-de-chaussée : provisions, boissons, fourrage
- 1 étage : salle aulique qui sert aussi de chambre + petites pièces
- 2 étage : chapelle, chambres des enfants, des sergents et des domestiques
- Cuisines dans un bâtiment annexe
- Escaliers qui relient les étages
Au début du Moyen Âge le donjon est la résidence du seigneur et de sa famille, le reste des bâtiments à l'intérieur des remparts est constitué de réserves, granges, étables organisées autour d'une vaste cour souvent appelée basse-cour.
Défense passive
Au centre de ces fortifications, le château proprement dit dispose de zones de réserves de nourriture et de fourrage, voire de parcelles cultivables.
En cas d'attaque, les paysans de la seigneurie et les habitants du bourg castral pouvaient se réfugier à l'intérieur de l'enceinte : voilà pourquoi la basse-cour était immense et comportait un puits.
Le château symbole de pouvoir
- Au temps des invasions scandinaves, les populations s'en remettent à la protection des comtes et des ducs. Le roi carolingien est trop loin et impuissant face au danger. L'insécurité montant, les princes territoriaux font édifier des fortifications et acquièrent de plus en plus d'autonomie face au pouvoir central.
- À partir de la fin du dans le sud de la France, puis au ailleurs, les gardiens des châteaux s'emploient à être de plus en plus indépendants. Ces châtelains réussirent même en de nombreux endroits à se transmettre les châteaux de père en fils et à diriger librement leur petit territoire. Seuls le comte de Flandre et le duc de Normandie, hormis pendant quelques temps de crise de succession, parvinrent néanmoins à garder le contrôle de leur domaine. Le roi de France eut même à combattre certains de ces châtelains de son domaine : le lignage des Puiset en est un exemple.
- Ce pouvoir est surtout symbolisé par le donjon (tour aveugle, souvent ronde, constituant l'abri ultime en cas de siège)
Le château fort, cadre de la vie aristocratique et lieu de sociabilité
Puiset
- chapelle
la chapelle du château est souvent le lieu de culte le plus vivant du village. Un clerc souvent lettré lui est associé. La famille du seigneur y assiste aux différentes messes et cérémonies religieuses. Sa décoration est le moyen pour le seigneur de démontrer sa foi et d'honorer ses ancêtres.
- centre de la seigneurie banale => justice
- centre de la seigneurie féodale => cour, justice féodale, cérémonies (adoubement, hommage), fêtes et banquets
- centre de la seigneurie foncière => lieu où arrivent les redevances
Liste des châteaux forts
- En France
- Aigues-Mortes
- Beynac
- Bonaguil
- Carcassonne « château cathare »
- Castelnaud
- Coucy
- Château de Fougères (très bien conservé)
- Château d'Ivry-la-Bataille
- Château-Gaillard
- Château de Gavaudun
- Château de Bonaguil (Château militaire du )
- Château de Culan (château militaire)
- Château du Haut-Kœnigsbourg à Orschwiller (Bas-Rhin) construit au
- Château de Larroque-Toirac
- Château de Lusignan (sans doute un des plus grands châteaux forts contruits en France actuellement peu de restes : parc de Blossac)
- Montségur « château cathare »
- Najac « forteresse royale »
- Pierrefonds
- Roquetaillade
- Château de Salm
- Château de Sarzay
- Château de Saumur
- Vincennes
- Vitré
- En Belgique
- Bouillon
- Château des comtes de Flandres, Gand
- Le Reinhardstein ou Burg Metternich à Waimes
- En Scandinavie
- Fort de Bohus à Kungälv (Suède)
- Fort de Carlsten à Marstrand (Suède)
- Château de Kalmar (Suède)
- Château de Gripsholm (Suède]]
- Château de Savonlinna (Finlande)
- Forteresse d'Akershus à Oslo (Norvège), a aujourd'hui un aspect Renaissance
Liens
- Wikipédia en anglais propose une très belle série de photographies libres de droit : Images of castles
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Siège
Le siège est un type de meuble permettant de s'asseoir. (chaise, fauteuil, Banc, Tabouret, ...)
Ce mot a souvent un sens figuré.
Le siège est utilisé comme métonymie pour désigner le mandat du membre d'une assemblée. Lorsque ce membre assiste aux débats, il est dit qu'il siège. Il désigne également le lieu de réunion de cette institution (exemple : le siège des Nations unies à New York).
Le siège social d'une entreprise est le lieu où se trouve sa direction centrale.
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En anatomie, le siège est la partie postérieure du corps humain qui permet de s'asseoir. En France, les bains de siège furent popularisés par l'artiste Rika Zaraï comme un soin du corps.
Le lieu de naissance d'un phénomène dans le corps est appelé siège : le siège d'une maladie, le siège de la parole est le cerveau par exemple.
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Dans le domaine militaire, un siège est l'action d'encercler une place forte ou une position ennemie, pour l'affaiblir en la coupant du reste de son camp. L'objectif est d'obtenir sa reddition ou de réaliser sa prise plus facilement.
Voir liste des sièges et poliorcétique.
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L'état de siège place les autorités civiles sous le commandement militaire afin de lutter contre des troubles graves au sein d'un pays.
Un film français porte ce nom : État de siège
ja:座席
Moyen Âge
Le Moyen Âge occidental est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on fait commencer le Moyen Âge en 476, à la déposition du dernier empereur romain d'Occident par un chef barbare et il s'achève en 1453, avec la prise de Constantinople et la chute de l'Empire romain d'Orient, ou en 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et de la fin de la Reconquista en Espagne.
Le terme « Moyen Âge » a été inventé par Flavio Biondo de Forlì.
En français, l'adjectif correspondant à Moyen Âge est médiéval. Moyenâgeux, quant à lui, est péjoratif. L'histoire du Moyen Âge, en tant que discipline, se nomme aussi « Histoire médiévale ». Un historien qui étudie le Moyen Âge est appelé « médiéviste ».
péjoratif
Précisions lexicales
Les limites exactes du Moyen Âge font l'objet de débats entre historiens.
Les différentes périodes de l’Histoire ont eu des significations précises et pleines de sens à un moment donné, mais qui, au fil du temps, sont devenues des conventions.
Le terme « Moyen Âge » provient d’une expression latine « medium aeuum » qui désigne une période intermédiaire entre deux événements. Exemples : entre-deux-guerres, interrègne. Cette expression classique est reprise au par les humanistes et notamment par Pétrarque (« prince des humanistes ») en 1373. Elle possède à ce moment deux significations :
- Acception philosophique désignant une opposition entre le latin classique et le médio latin, le latin du Moyen Âge. Ce dernier doit être rejeté pour revenir au latin de l’Antiquité, qui, lui, est plus pur.
- Sens culturel et artistique désignant une opposition entre l’art antique et celui du Moyen Âge, art appelé au « art gothique ».
Pour les humanistes, le Moyen Âge est une période barbare entre deux autres périodes d’Antiquité. Ils préconisent la pureté antique.
La diffusion de ce terme est assez lente et se fait dans un premier temps chez les intellectuels, car il est en latin. Par après, il perdra progressivement de sa connotation négative.
Au (vers 1640), le terme sera employé en français et il sera dès lors grandement diffusé. En 1687, Christophe Keller est le premier à périodiser l’histoire dans son petit manuel d’histoire, Histoire du Moyen Âge depuis le temps de Constantin le Grand jusqu’à la prise de Constantinople par les Turcs donc, du au . Pour lui, le terme n’a aucune connotation négative.
Au , il se répand dans toute l’Europe cultivée. En 1798, il entre dans le dictionnaire de l'Académie française sous la définition « temps qui s’est écoulé depuis Constantin jusqu’à la renaissance des Lettres au ».
Au , il se répand partout même dans la langue commune pour plusieurs raisons :
- l'installation de l’enseignement primaire obligatoire ;
- le développement du romantisme ;
- le développement de la philosophie et de l’Histoire dans les universités, principalement en Allemagne : Monumenta Germaniae Historia. Le est couramment appelé « siècle de l’Histoire ». Notre notion de critique historique est le fruit d’une démarche allemande.
Au , l’engouement pour le Moyen Âge diminue.
Ce terme a été exporté des frontières de l’Europe et désigne actuellement une période dans la vie d’une société, à savoir un certain degré de société caractérisé par une société agraire dominée par une caste de guerriers. Par exemple, au Japon, la culture de riz dirigée par les samouraïs, eux-mêmes dirigés par les shoguns jusqu’au milieu du où commence l’ère Meiji.
Quelles limites pour le Moyen Âge ?
Limites extrêmes
ère Meiji]
Afin de découper l'histoire en périodes cohérentes, les historiens ont tenté de s'appuyer sur des événements majeurs illustrant ou provoquant une modification profonde de la politique et de la société. Mais il est rare qu'il y ait un consensus sur telle ou telle date pour définir une limite de période.
C'est le cas en ce qui concerne les limites du Moyen Âge, particulièrement son commencement. Les plus communément admises vont de la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, jusqu'à 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et de la chute de Grenade (fin de la Reconquista).
Mais d'autres dates repères sont possibles, pour le début du Moyen Âge :
- le déménagement de la capitale de l'Empire romain de Rome à Constantinople (330) marque le début de sa division ;
- la conversion de l'empereur Constantin I au christianisme — survenue à sa mort, en 337 – annonce le triomphe de cette religion aux dépends du paganisme antique ;
- la bataille d'Andrinople (378) sanctionne l'avènement de la cavalerie lourde et le déclin des troupes d'infanterie, marquant ainsi le commencement d'un millénaire de supériorité de la cavalerie sur l'infanterie ;
- la reconnaissance par Théodose du christianisme comme religion d'État (396), qui correspond également à la date de la séparation entre l'Empire romain d'Occident et l'Empire romain d'Orient, qui survit au Moyen Âge ;
- le sac de Rome par les Wisigoths d'Alaric Ier (410) marque la supériorité des envahisseurs barbares.
envahisseurs barbares]
Ces différentes options indiquent combien une césure événementielle claire est difficile à trouver pour marquer le début du Moyen Âge : par certains traits, l'Empire romain avait déjà fortement changé avant la fin de l'Antiquité. Par exemple, les empereurs du abandonnent la toge et les tuniques classiques, adoptant les braies des légionnaires, majoritairement d'origine celte ou germanique. C'est également au que l'amphore est abandonnée pour le tonneau, bien plus économique. Enfin, c'est à cette époque que nombre de peuples barbares deviennent fédérés, établissant des relations durables avec le monde romain. L'Empire romain avait donc déjà perdu certains caractères antiques.
L'unité politique, monétaire, linguistique et culturelle du monde romain sur le grand territoire que représente la Méditerranée a subi trois disloquations:
# sur l'axe Est-Ouest, puisque la division d'abord uniquement administrative de l'Orient et de l'Occident est devenue très politique;
# sur l'axe Nord-Sud, puisque les Vandales, puis les Arabes conquièrent l'Afrique du Nord;
# interne, puisque l'Europe se scinde en plusieurs entités nationales.
Aussi, certains historiens – en premier lieu l'historien allemand A. Riegl au début du – ont repoussé la limite d'une période dénommée « Antiquité tardive » (Spätantike), en mettant justement l'accent sur la permanence de traits caractéristiques de la fin de l'Antiquité jusqu'au règne de Charlemagne. Une telle conception s'est d'abord imposée chez les historiens des « franges » du monde romain, où sa pertinence était plus évidente. À l'inverse, en France, il fallut attendre 1977 avec Henri-Irénée Marrou (dans Décadence romaine ou Antiquité tardive ?) pour qu'on s'interroge sur l'utilité d'une telle période, notamment pour mettre fin à l'appellation péjorative de « Bas Empire ». Et aujourd'hui encore, histoire ancienne et médiévale se partagent la connaissance des temps qui vont du au .
Pour la fin du Moyen Âge, d'autres dates que 1492 ont été proposées, mais fondamentalement elles ne remettent pas en cause la limite supérieure de la période :
- la chute de Constantinople (1453), qui est la fin de l'Empire byzantin et l'entrée de l'empire ottoman (turc) sur l'échiquier européen (utilisée en histoire de l'art surtout) ;
- l'invention de l'imprimerie à caractères métalliques mobiles par Gutenberg (1456), dont aurait découlé une révolution culturelle selon Marshall McLuhan dans La Galaxie de Gutenberg (privilégiée par l'historiographie allemande)
- la promulgation par Martin Luther de ses 95 thèses (1517), qui marque les débuts de la Réforme qui fera voler en éclats la relative unité religieuse de l'Occident médiéval.
La fin du Moyen Âge est également marquée par l'instauration d'États ultra-centralisés gouvernés par les grandes monarchies:
;France: François I (1515-1547)
;Espagne: Charles Quint (1515-1555)
;Angleterre: Henri VIII (1509-1547)
;Empire ottoman: Soliman le Magnifique (1520-1566)
Découpages internes
Soliman le Magnifique]
Le Moyen Âge est traditionnellement subdivisé entre Haut Moyen Âge et Bas Moyen Âge. Cependant, les historiens proposent d'autres découpages :
- Régine Pernoud (1) : Le Haut Moyen Âge (de la chute de l'Empire romain à Charlemagne), l'époque carolingienne, l'âge féodal (milieu du à la fin du ) et le Moyen Âge pour les et s.
- Jacques Le Goff (2) : L'Antiquité tardive (jusqu'au ), le Moyen Âge central (An Mil-1348, la Grande Peste) et le Moyen Âge tardif (guerre de Cent Ans-Réforme).
- Ivan Gobry (3) distingue le Moyen Âge ancien (du au ), pendant lequel les peuples se déplacent ainsi que les frontières. C'est aussi la période d'expansion des Francs, avec l'apogée de l'empire de Charlemagne (800-814). Puis arrive le Moyen Âge récent ( au ) au cours duquel ont lieu la Reconquista en Espagne, la constitution puis l'effondrement de l'État Plantagenêt et l'affirmation de la dynastie capétienne.
- Robert Fossier (4) : Les Mondes Nouveaux (350-950), l'Eveil de L'Europe (950-1250) où les influences du monde byzantin et musulman demeure prépondérant dans l'occident chrétien qui se cherche et qui construit la féodalité , puis Le Temps des Crises (1250-1520) de la perte des possessions en Terre Sainte aux Guerres de Religions en passant par la conquête du Nouveau Monde.
Il en ressort que l'appréciation de ces limites est fortement liée aux références géographiques ou thématiques de l'historien.
Cependant, la distinction d'une période centrale qui s'étendrait des environs de 1000 jusqu'à la grande épidémie de peste en 1348 paraît pertinente en raison de la permanence de traits de civilisation majeurs et de l'avènement d'une société fortement structurée, prospère et en expansion dans l'Occident d'alors. L'expression « civilisation médiévale » (s'agissant de l'Occident et sans autre précision) correspond à cette période.
Voir aussi : Antiquité tardive
Principales caractéristiques de l'Occident médiéval
Antiquité tardive
La royauté médiévale
À l'époque de la disparition du dernier empereur d'Occident (), les rois barbares ont implanté une nouvelle forme de pouvoir, jetant les bases de la royauté médiévale. Le roi du Moyen Âge prend sous sa protection son peuple : pendant le haut Moyen Âge et encore au Moyen Âge classique, les sources écrites évoquent le roi des Francs (rex francorum), par exemple. Quelques-uns de ces rois sont sacrés (le roi des Wisigoths, le roi des Francs à partir de 752). Et surtout, le roi du Moyen Âge gouverne en étroite collaboration avec le clergé chrétien. Le pape renforce sa puissance et devient un véritable monarque.
La vassalité
pape]]
La vassalité existait déjà pendant le Haut Moyen Âge. Le système évolue en relations féodo-vassaliques au cours du .
La cérémonie suit des règles très précises. Le vassal avance devant son futur seigneur la tête nue en signe de respect. Il s'agenouille, devant lui, pour lui exprimer son humilité, les mains jointes. Le seigneur les prend entre les siennes et le relève. Le jeune vassal reçoit un legs (le plus souvent une terre ou un droit de prélever des taxes sur un pont par exemple). Il jure, sur les saintes écritures ou sur une relique, sa fidélité au seigneur.
Les progrès techniques
- Le moulin hydraulique se répand dans l'Occident médiéval dès l'époque carolingienne.
- L'introduction de la jachère, puis l'assolement triennal permettent d'accroître la productivité de l'agriculture.
- Les rendements s'améliorent à partir de 1000 grâce à la diffusion d'outils en fer et à l'essor de la charrue.
- La technique d'attelage : le collier d'épaules remplace le « collier de cou » et permet de tirer des charges plus lourdes.
La ville
charrue
- La vocation militaire de la ville décline au profit du château-fort mais elle-même s'enferme derrière des murailles.
- La civilisation urbaine (mise à mal durant l'Antiquité tardive) connaît un nouvel essor au Moyen Âge central. La ville redevient le lieu du pouvoir et les capitales se développent (Paris sous Philippe Auguste).
- Les villes deviennent des centres de production et connaissent l'émergence d'une nouvelle couche sociale : la bourgeoisie ; auparavant, les villae (grands domaines ruraux) jouaient ce rôle (de l'Antiquité jusqu'à la fin de la période carolingienne).
L'éducation et la culture
- Au temps de Charlemagne (mort en 814), la renaissance carolingienne entend restaurer le latin classique. L'abbaye de Saint-Martin de Tours constitue l'un des foyers de cette renaissance, et grâce à l'action d'Alcuin. La caroline est mise au point pour faciliter l'écriture. L'empereur s'attache à réformer les écoles. On y apprend les arts libéraux.
- Les monastères sont pendant longtemps les dépositaires de la culture écrite au Moyen Âge. La règle bénédictine impose en effet aux moines le travail intellectuel : les copistes travaillent à la production des livres dans les scriptoria. Les écoles monastiques sont cependant concurrencées par les écoles épiscopales au , puis par les universités au . Voir l'article détaillé : Éducation au Moyen Âge.
- Dès le , la scolarisation des enfants se développe dans les villes, y compris celle des filles (auparavant l'enseignement était réservé aux clercs).
Éducation au Moyen Âge
La guerre
Éducation au Moyen Âge
- Le Moyen Âge central est l'âge de la chevalerie, marqué par la supériorité de la cavalerie sur l'infanterie. Le service armé, appelé ost, fait partie des obligations du vassal envers son seigneur.
- À la fin du Moyen Âge, les armes de tir (arc long anglais, puis armes à feu) annoncent la fin de la chevalerie.
- Les premiers châteaux forts en pierre apparaissent à la fin du . Un grand nombre de villes médiévales sont entourées de remparts (Paris, Rouen, Carcassonne).
L'art
- L'art médiéval est essentiellement un art religieux : aux églises romanes succèdent les grands chantiers des cathédrales gothiques.
- L'art des manuscrits s'est aussi développé durant le Moyen Âge avec des enluminures et des miniatures en marge des textes sacrés ou liturgiques.
- Voir aussi : mobilier médiéval
La religion chrétienne
Le christianisme est au cœur de l'histoire médiévale : il modèle l'idéologie de la période, principalement en raison de son universalisme et à cause de la montée en puissance de l'Église catholique organisée autour de la papauté de Rome. Les frontières de l'occident médiéval qui échappe à toute unité politique, se confondent aussi avec celles de la chrétienté.
Devenu religion d'État dans l'Empire romain pendant l'Antiquité tardive (à partir de l'édit de Milan, en 313), le christianisme, en effet, se diffuse au haut Moyen Âge à partir de plusieurs foyers : l'Irlande, les royaumes francs, les royaumes anglo-saxons et Rome. La dilatation de la chrétienté s'accompagne de la mise en place de la hiérarchie ecclésiastique — lÉglise en venant à désigner cette dernière — et la papauté, qui se hisse à la tête de celle-ci, devient un des principaux pouvoirs en occident : l'évêque de Rome, dont l'autorité spirituelle s'appuie sur la primauté du siège de l'apôtre Pierre, devient le souverain pontife.
Cette évolution est lente (V – ) et se heurte à de nombreux obstacles :
- en premier lieu, à des résistances internes : les dogmes de l'Église catholique, formulés lors des conciles, se définissent progressivement et doivent triompher des hérésies (l'arianisme des Wisigoths demeure la foi des rois de la péninsule ibérique jusqu'au ; celui des Lombards menace un temps — jusqu'au milieu du — Rome de disparition). Bientôt, le christianisme romain doit s'imposer face à Byzance, notamment pendant la crise iconoclaste ( 726 – 843). Au , la rupture avec le christianisme oriental est consommée, mettant fin au problème. Presque aussi importante est la question de l'adoption d'une liturgie unique : les Églises nationales possèdent leurs propres traditions qui ne se fondent que progressivement : la liturgie irlandaise, qui fixe la fête de Pâques à une date différente, l'emporte dans les îles britanniques jusqu'au synode de Whitby (664). En développant la mission chrétienne (à partir de 610) et en tissant des relations privilégiées avec les souverains « barbares » (notamment, en s'appuyant sur les rois anglo-saxons et sur l'expansion des Francs en Germanie), Rome parvient partout à unifier les traditions de l'Église et dans le même temps, à affirmer son rôle à la tête de celle-ci, sauf chez les Slaves qui demeurent dans la sphère d'influence byzantine.
- Des résistances externes s'opposent à l'influence de la papauté, parce que les pouvoirs laïcs entendent s'immiscer dans les affaires de l'Église et diriger celle-ci dans leur aire d'influence : les rois lombards, tout d'abord, veulent soumettre l'Église romaine. Aussi, le pape fait appel aux Carolingiens (milieu du ), mais ces derniers, comme leurs prédécesseurs, ne se privent pas pour distribuer les terres de l'Église à des laïcs. Lorsque l'Empire chrétien renaît en occident (800), le rapport entre les pouvoirs de l'Empereur et du pape ne sont pas définis autrement qu'en termes de rapport d'influences. Il tourne dans un premier temps au détriment de la papauté, alors que l'Église, mais aussi le pouvoir impérial traverse à tous points de vue une crise grave, au , et il faut attendre la réforme grégorienne (seconde moitié du – premier tiers du ) pour que le pape n'affronte l'Empereur germanique, lors de la querelle des Investitures. Cette dernière, qui s'achève sur un compromis, est déterminante pour assurer l'indépendance du siège apostolique. Au , enfin, la papauté triomphe, grâce à son arme principale : l'excommunication, à son rôle dans l'essor de la chrétienté, à travers la croisade, mais aussi grâce à son pouvoir temporel et grâce à ses richesses. Le pape Innocent III applique lors de son « règne » ((1198 – 1216)) les principes de la théocratie pontificale, qu'avaient formulés pour la première fois les Dictatus Papae (1075).
L'essor de l'Église ne peut être dissocié de l'effort de christianisation de la société et des consciences : cette dernière demeure un combat constant durant tout le Moyen Âge.
Selon les conceptions chrétiennes, conformément au modèle des apôtres dans les évangiles, l'Église conçue comme l'assemblée des fidèles unis dans la foi doit se répandre « jusqu'aux confins de la terre ». Pour cela, elle peut s'appuyer sur le soutien de ses membres influents — comme en Germanie, où elle accompagne le conquérant franc — mais surtout, elle doit reposer sur un acte d'adhésion volontaire et, en cela, elle ne peut compter que sur les effets de la prédication : cet état de fait est à l'origine du double visage de l'expansion chrétienne au Moyen Âge : à la fois pacifique et d'ordre spirituel, mais aussi marquée par la guerre et par la violence.
Au haut Moyen Âge, les missions chrétiennes de prédicateurs isolés, appuyés par Rome lorsqu'elle le peut, repoussent avec succès les limites politiques de la chrétienté en amenant à la conversion des rois barbares et en s'appuyant sur l'influence des rois chrétiens — comme les rois francs, dont l'adhésion au christianisme remonte à Clovis (496) — mais leur préoccupation dernière, qui est de faire entendre le message du Christ aux peuples des derniers, demeure un objectif des plus difficiles à quantifier. Elles sont le plus souvent l'œuvre de moines, comme saint Colomban en Gaule, saint Augustin de Canterbury dans le Kent ou saint Boniface en Frise.
À cette fin, l'Église se heurte également à des résistances à l'intérieur même de la chrétienté, où le clergé épiscopal est à la tête de l'encadrement des fidèles, surtout dans les campagnes : symptomatique, le mot « païen » — paganus, celui qui habite la campagne — désigne celui qui pratique l'ancienne religion polythéiste avant de désigner tout ce qui n'est pas chrétien. Le respect de la morale chrétienne, en particulier, fait l'objet d'injonctions des conciles, des synodes mérovingiens, puis carolingiens. Ces derniers ne cessent de rappeler les interdits, notamment l'esclavage, de condamner les coutumes païennes et de tenter de limiter la violence privée.
Pendant la période féodale, les synodes s'attachent à lutter contre les violences seigneuriales (Paix de Dieu, trêve de Dieu), la simonie, le nicolaïsme, et enfin contre les hérésies.
Ces dernières se développent sporadiquement (autour de l'an Mil) et, très rarement, s'installent durablement comme en Languedoc, avec le Catharisme ou en Bohême, avec Jean Hus (1369 – 1415), etc. À partir du , la papauté peut s'appuyer pour cette tâche sur les ordres mendiants, franciscains et surtout, dominicains.
Mais la tentation du recours à la force est grande et la violence caractérise souvent, en dernier recours, le combat pour l'unité de l'Église, qu'implique sa première définition : elle marque la « christianisation » forcée de la Saxe par Charlemagne (seconde moitié du ), donne lieu à la croisade des Albigeois, à la naissance du tribunal de l'Inquisition sous le pape Grégoire IX (1227 – 1241), aux guerres hussites, etc.
Enfin, un aspect majeur de la religion au Moyen Âge est son rôle dans les arts et la culture : dès l'Antiquité tardive, en effet, la culture latine classique se réfugie dans les monastères, où l'on continue à enseigner le trivium et le quadrivium. Face à l'illétrisme du peuple et des aristocrates barbares, ces derniers et, plus largement, l'Église, demeurent le cadre par excellence où survit l'Écrit : les lettrés, théologiens, hagiographes et chroniqueurs qui témoignent de leur temps, sont des moines ou des évêques. Certaines idées héritées de la Rome antique, comme celle de l'État, qui disparaît au , y sont conservées et pénétrées par le christianisme.
À travers la renaissance carolingienne, portée par Alcuin, la réforme clunisienne, la réforme grégorienne, puis avec la création des ordres mendiants et l'essor des Universités, au , les renouveaux culturels et spirituels émanent des gens de religion. L'art roman qui se diffuse avec Cluny et l'art gothique, qui naît à Saint-Denis avant de gagner l'Europe entière sont des arts religieux. Il faut en fait attendre la fin du Moyen Âge ( – ) pour qu'une culture profane se développe à nouveau en France, dans l'entourage royal des légistes et en raison des démêlés du roi avec la papauté.
Enfin, en toute logique dans ce contexte, les textes à partir desquels se forme l'idéologie — en particulier de la société et du pouvoir — au Moyen Âge sont les sources chrétiennes : l'Ancien testament donne son cadre à la royauté médiévale (Charlemagne est comparé au roi David), les œuvres des Pères de l'Église (notamment, saint Jérôme et, surtout, saint Augustin avec La cité de Dieu) encadrent les rapports sociaux et enfin, le Nouveau testament, dont les Évangiles fournissent à la fois l'exemple de vie apostolique qui anime les ordres mendiants et le terreau de l'humanisme à travers l'Incarnation, se trouve à l'origine du renouveau idéologique qui marque la fin de la période. Aussi, dans une large mesure, la religion chrétienne inspire et modèle la société médiévale en lui fournissant à la fois sa hiérarchie (au sommet de laquelle se trouve le roi, intermédiaire avec le Christ qui règne sur la hiérarchie céleste) et la première de ses institutions : l'Église, qui supplée à la disparition de l'État.
La société
La société du haut Moyen Âge est essentiellement rurale et caractérisée à tous les niveaux par l'existence de liens de dépendances personnelles. Ces derniers, qui se sont substitués à l'ordre public, prolongent pour une part le clientélisme antique et relèvent d'autre part d'une conception chrétienne nouvelle de l'ordre social.
Notamment, l'esclavage est interdit par l'Église : le servage occupe la place qu'il laisse vacante et le même mot qui désignait l'esclave antique (servus) désigne à travers le serf médiéval des conditions sociales très différentes. Notamment, le serf n'est pas juridiquement un bien meuble, propriété de son maître, mais un homme dépendant d'un seigneur.
Aux niveaux supérieurs de la hiérarchie sociale, les relations entre les hommes libres sont caractérisées par les liens de vassalité : le vassal doit aide et conseil (auxilium et consilium) à son suzerain, c'est-à-dire à l'homme auquel il a prêté serment de fidélité.
De tels liens impliquent un certain nombre de devoirs, au nombre desquels le plus important est, à l'origine (sur le modèle carolingien du ), le service militaire dû au suzerain (l'ost) : les chevaliers (milites) sont des nobles.
En parallèle, le vassal reçoit quant à lui un fief (beneficium) de son suzerain : il s'agit le plus souvent du droit de jouir d'une terre, mais parfois, plus souvent à la fin du Moyen Âge, d'une bourse ou d'une rente.
Le fief, dont les lointaines origines se trouvent dans les charges ou honneurs conférés par le souverain carolingien à ses compagnons d'armes, tend à devenir héréditaire au .
Ces liens de dépendances ont pour conséquence principale une forte hiérarchisation sociale. Différents critères divisent également la société médiévale :
- d'ordre moral ; selon les conceptions du clergé, la société idéale est composée de trois ordres qui se distinguent par le mode de vie : les moines, les clercs et le reste des laïcs. Au sein de ces derniers, l'Église distingue encore ceux qui sont mariés de ceux qui sont vierges.
- D'ordre fonctionnel ; à la précédente division se superpose du jusqu'au une autre division tripartite : elle rassemble le clergé et les moines : « ceux qui prient » (oratores), la noblesse (nobiles) : ceux qui combattent (bellatores, pugnatores) et le peuple : « ceux qui travaillent » (laboratores).
:Avec l'essor urbain, à partir du , une nouvelle classe, la bourgeoisie, se développe au sein du peuple : elle tire son nom des « bourgs » nouvellement créés, où vivent ses membres, et rassemble essentiellement les riches artisans (notamment les bouchers) et des rentiers.
- D'ordre juridique ; les seigneurs (domini) se caractérisent par le fait qu'ils détiennent le « pouvoir de juger et de contraindre » (le pouvoir banal, ou ban) les hommes de leur seigneurie (le terme désigne à la fois le pouvoir lui-même et le lieu ou les personnes auxquels il s'applique). S'y attachent un certain nombre de privilèges : le droit de lever l'impôt directement (la taille), d'exiger des corvées, le droit de moudre le grain et de cuire le pain, le droit de péage, etc. Les seigneurs ne doivent pas être confondus avec la noblesse : les abbayes et l'Église constituent également de grandes seigneuries (voir seigneurie ecclésiastique).
:Au sein du peuple, dans les campagnes, les hommes libres qui exploitent un alleu ou une tenure (terre attribuée contre un loyer) coexistent avec les serfs (servi) : la dépendance juridique, sociale et économique de ces derniers par rapport à leur seigneur possède un caractère héréditaire (servage personnel), ou bien ce caractère est lié à la terre qu'ils exploitent (servage réel).
:Toutefois, les contraintes exactes qui pèsent sur les hommes de la seigneurie varient selon la région et selon l'époque considérées.
:Au départ expression d'un lien personnel très fort entre Loire et Rhin, le servage y devient progressivement le signe d'une condition sociale inférieure.
:À partir du , des chartes de franchises octroyées aux villageois permettent la constitution de ces derniers en « commune » et l'accession de serfs au statut d'hommes libres. Ce phénomène s'explique d'abord par de nouveaux défrichements (fondation d'essarts, de bastides, etc.), pour lesquels les seigneurs ont besoin de bras, quitte à renoncer à une partie de leur ban. Il touche en premier lieu les grands centres de peuplement, puis les villages voisins.
- D'ordre économique ; avec l'affaiblissement des derniers Carolingiens, les princes se sont accaparés la majorité des terres. Aussi, à la fin du , le roi est moins riche que les grands féodaux qui entretiennent de nombreux vassaux et frappent leur monnaie. À la fin de la période féodale, l'essor urbain et les progrés techniques bouleversent l'ordre social : au début du , le sort économique de la bourgeoisie est plus enviable que celui que connaissent les hommes libres des campagnes reculées. Notamment, comme pour l'ensemble de la population urbaine, la dépendance de cette nouvelle classe à l'égard des seigneurs est bien moins importante que dans les campagnes ; toutefois, le développement du commerce avec les grandes foires médiévales permet à une riche paysannerie d'émerger dans les campagnes.
Voir aussi
Articles connexes
- [http://fr.wikisource.org/wiki/Textes_m%C3%A9di%C3%A9vaux Textes médiévaux dans Wikisource]
- Liste des articles sur le Moyen Âge
- Le musée national du Moyen Âge (Paris - Thermes et hôtel de Cluny) ~ Troubadour
Articles traitant de sujets médiévaux
Troubadour
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Histoire médiévale par aire géographique
Vassalité]]
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- Le Moyen Âge en Espagne :
- La Reconquista (711-1492)
- Le Moyen Âge en France :
- Le Haut Moyen Âge : Clovis, les Mérovingiens, les Carolingiens, Charlemagne, les Capétiens, etc.
- Le Bas Moyen Âge : les Valois
- Le Moyen Âge en Suisse
- La Suisse au Haut Moyen Âge (476-887)
- La Confédération des VIII cantons
- Confédération des VIII cantons (1353-1481)
- Le Moyen Âge en Méditerranée
- Le monde méditerranéen au
- Empire byzantin
- Trecento du italien
Musées et collections du Moyen Âge
- The Cloisters, à New York
- Musée national du Moyen Âge (hôtel de Cluny), à Paris
-
ja:中世
simple:Middle Ages
Poliorcétique
Le terme poliorcétique vient du grec poliorketikos, qui désigne ce qui est relatif à la technique du siège des villes et places fortes, ou l'art et la technique du siège. On l'applique aussi à la défense des villes contre les sièges.
= Techniques de siège =
Sommairement, un siège consiste à cerner totalement (ou parfois presque totalement) une place forte afin d'empècher toute entrée et toute sortie de cette dernière. On espère ainsi s'emparer du lieu par le temps plutôt que par la force, un assaut frontal contre un château fort étant extrêmement difficile et coûteux en vies humaines.
Parmi les plus longs sièges de l'histoire figurent ceux de la ville grecque de Troie, raconté par Homère dans l'Iliade, et qui est censé avoir duré 10 ans ; celui de Numance, qui dura 11 ans (jusqu'en 130 avant J.-C.).
Les techniques couramment employées au cours de l'histoire sont :
- circonvallation et contrevallation romaine, mises en œuvre à la bataille d'Alésia par Jules César ;
- Mines et sapes : une technique pour venir à bout d'une tour ou d'une muraille était de saper sa base : on construisait un tunnel ou une tranchée (protégée par une structure de bois et de peaux humides) qui arrivait sous l'ouvrage. On bourrait alors l'espace de paille, de bois, de cochons morts (les plus gras possibles), de poix ou d'huile, puis on y mettait le feu. La chaleur faisait éclater pierres et mortier, provoquant l'effondrement de la cible. Une fois la poudre noire importée en Europe, elle fut aussi utilisée à cette fin.
- Bombardement. Les engins de sièges sont souvent des engins permettant d'envoyer des projectiles sur ou par dessus les murailles, comme par exemple le trébuchet. On pouvait envoyer de lourdes pierres, mais aussi des cadavres afin de propager des maladies, ou des bombes incendiaires.
- Bélier : il permet d'enfoncer une porte ou d'ébranler un mur, aboutissant au même résultat que la sape.
= Techniques de poliorcétique par époque =
Époque hellénistique
- Démétrios Ier de Macédoine (336 av. J.-C.-283 av. J.-C.), surnommé le Poliorcète, en raison de son habileté à réussir un siège.
- Philon de Byzance (approximativement 280 av. J.-C.-220 av. J.-C.), le premier théoricien de la poliorcétique, et Héron d'Alexandrie.
- Enée le Tacticien, auteur d'une Poliorcétique (vers 360 av. J.-C.-356 av. J.-C.), véritable manuel sur le sujet
Poliorcétique romaine
Voir Alesia
Époque médiévale
Généralités
Alesia]
- La poliorcétique médiévale reprend en grande partie les techniques antiques : les tours mobiles, le chat et le bélier étaient déjà utilisés par les Grecs.
- Cependant, au XI siècle, les techniques de siège se renouvellent ; au XIV siècle, les débuts de l'artillerie changent profondément la construction des forts et des murailles : à partir de 1370-1380 se répandent les canons à boulets de pierre.
- La guerre au Moyen Âge est plutôt une succession de sièges que des batailles rangées ; les villes sont des obstacles plus difficiles que les châteaux isolés : le siège de Saint-Jean d'Acre en Terre Sainte s'étend de juin 1189 à juillet 1191. La difficulté de la prise d'une ville réside dans la capacité d'une population nombreuse à résister. Pourtant, dans la guerre médiévale, le contrôle des villes est indispensable à la maîtrise du territoire.
Evolution des techniques
- À l'époque des mottes ( et s), il était facile de détruire les forteresses de bois.
motte
- Différentes techniques de siège (1100-1400) étaient utilisées conjointement :
- Les assiégeants construisaient des lignes concentriques autour du château, constituées de palissades de bois de tours et de fossés. En 1203, le roi de France Philippe Auguste fait aménager deux lignes de circonvallation autour de Château-Gaillard.
- L'opération la plus délicate était le franchissement des fossés ; il fallait les combler sous le tir ennemi.
- Tour de siège et beffrois : connus des Babyloniens, ces édifices en bois étaient mobiles et utilisables seulement sur terrain plat, sec et solide. En 885, les Danois en auraient utilisé dans le siège de Paris, de même que les Croisés au XI siècle, lors de leurs opérations militaires en Terre Sainte (siège de Jérusalem en 1099). La tour avait cinq fonctions principales :
- abriter les assaillants
- protéger l'action des sapeurs
- porter haut les armes lourdes
- donner aux arbalétriers un commandement efficace contre les défenseurs du château
- donner un accès au chemin de ronde
Les tours étaient vulnérables aux projectiles enflammés. Elles étaient donc blindées par des plaques de fer ou un revêtement de cuir.
- Chat : engin d'approche sur roues pour saper les bases de la muraille. On les appelait aussi truie, taupe ou renard.
- Bélier : utilisé dans le monde grec antique, il devait ébranler les murailles. Composé d'une tête de métal et d'une poutre en bois. Il était actionné par balancement grâce à des chaînes et des cordes. Le choc était peu efficace sur un mur de pierre. Des brèches ouvertes pouvaient ensuite être enflammées.
- Escalade : technique très répandue au Moyen Âge, elle se faisait par des échelles. Les assaillants se protégeaient sous des pavois. L'escalade était efficace à la suite d'une trahison, d'une attaque-surprise et avec un rapport numérique favorable.
- Sape et mine : mine ou sape souterraine (rare) par creusement d'une galerie. Des poteaux de bois enduits de poix, de soufre, de bitume ou de graisse de cochon étaient introduits dans les brèches pour faire s'écrouler la courtine.
- Fascines : Fagot recouvert d'une matière très inflammable employé comme artifice incendiaire. Utilisées pour incendier les portes par exemple.
- Les machines de siège utilisées au Moyen Âge :
- Trébuchet
- Baliste
- Catapulte
- mangonneau
- Tour de siège
Liste de sièges célèbres du Moyen Âge
Voir l'article détaillé Liste des sièges.
- Siège de Paris (800)
- Siège de Jérusalem (1099)
- Siège de Saint-Jean d'Acre de juin 1189 à juillet 1191
- Siège de Constantinople de novembre 1203 à avril 1204 (quatrième croisade)
- Siège de Toulouse par Simon IV de Montfort d'octobre 1217 à juin 1218
- Siège de Château-Gaillard (1203-1204)
- Siège de Montségur
- Siège de Constantinople (1453)
Époque moderne
- Jean Errard
- Vauban
Voir aussi
- Castellologie
- Liste des sièges
- Engin de siège
- Bataille d'Alger (Guerre d'Algérie)
- Guerre au Moyen Âge
Catégorie:Siège
Catégorie:Ingénierie
Motte féodaleLe terme de motte féodale était utilisé en castellologie pour définir un ouvrage de défense construit en terre et bois. Autres dénominations qui tendent désormais à être utilisées : motte castrale, château à motte.
La motte est généralement composée d'un rehaussement important de terre (la motte) au centre de laquelle est élevée une tour, ayant fonction de donjon, un puit est parfois creusé à l'intérieur.
Une première enceinte de bois entoure le sommet de la motte circulaire (la haute cour). Une seconde enceinte plus vaste, renforcée de fossés, (la basse cour), de forme variable (circulaire, ovoïde, etc.) est créée autour de la motte elle-même. Cet ensemble constitue parfois un refuge ultime pour les populations environnantes, et est souvent à l'origine de châteaux-forts ou de villages fortifiés. Aucune motte castrale n'est parvenue jusqu'à nous dans son état originel, les constructions de bois ont disparu et la motte elle-même a parfois été arasée volontairement. La toponymie, cependant, garde de nombreuses traces de l'existence de mottes disparues, noms de villes ou villages, La Motte-Beuvron, Lamothe-Cassel, lieux dits la Motte, le Mottier etc.
Lamothe-Cassel]
Aire de diffusion
L'aire de diffusion de la motte concerne essentiellement les territoires du Nord-Ouest de l'Europe (Irlande après le colonisation normande, Bretagne, Angleterre, Normandie, Pays de la Loire, Île-de-France, Picardie, Pays-Bas méridionaux et septentrionaux). À mesure que l'on avance vers le sud, elle se raréfie. Elle n'est cependant pas absente en France méridionale et dans le nord-ouest de la Péninsule ibérique, et a été introduite en Italie méridionale et en Sicile par les conquérants normands dans la deuxième moitié du XI siècle. Il existe des établissement tout à fait comparables au Japon où les structures sociales sont également fondées, à partir du XVI siècle de notre ère, sur des relations d'homme à homme dites féodales.
Origine historique
Japon
Le discours le plus courant les fait remonter au XIe siècle, période qui verrait la dissolution de l'autorité publique au profit de petits seigneurs locaux s'affirmant par la construction de châteaux. Cette vague de constructions à motte verrait donc la domination du groupe aristocratique s'affirmer sur les hommes que l'on regroupe dans la basse-cour : c'est l'encellullement, corollaire de l'incastellamento en Italie centrale. Même si, d'un point de vue historiographique, ce paradigme de la «mutation féodale» (c.à d. l'évolution brutale des structures de la société vers une organisation féodale aux alentours de l'an Mil) est largement remis en question, l'émergence des mottes à cette époque pose de plus en plus problème. De récents travaux archéologiques ont bien montré que les mottes occupent bien souvent le site d'une aula (palais) seigneuriale antérieure qu'elles recouvrent. Certaines fouilles de mottes ont également montré que l'apparition de levées de terre portant un habitat aristocratique pouvait précéder (par ex : à Boves, Picardie) ou, au contraire, être bien postérieures à l'an mil et dater de la fin du XIe siècle.
La motte, d'après les travaux de Jean-François Maréchal, spécialiste de la question, ne servait pas de support, toujours artificiel, du moins en partie, à l'élévation d' une tour de guet, contrairement à qu'on pense généralement (c'est un non-sens de croire qu'une butte artificielle de terre fraîche puisse supporter une tour de plusieurs étages sans risque d'affaissement), mais constitue un "emmottement" ou talutage des fondations d'une véritable tour de défense qui est même à l'origine du donjon! Cette technique avait pour but de les préserver de l'attaque au bélier, de la sape, et d'éloigner les beffroys ou tours roulantes! Ce "fruit" de terre a précédé celui de pierre destiné à renforcer la base d'une construction de pierre et à servir en plus de contrefort. Sur la Tapisserie de Bayeux ou peut d'ailleurs voir les soldats de Guillaume en train d' "emmotter" une tour en cours d'élévation et dont les pièces détachées ont été apportées par bateau! Les fouilles de Doué-la-Fontaine par Michel de Bouärd, autre archéologue qui a beaucoup travaillé sur la question, ont révélé aussi le renforcement d'une maison carolingienne par emmottement de ses murs dont les ouvertures ont été préalablement obstruées et qui ont été surélevés en vue de la transformer en véritable donjon! Nous tenons donc là, selon J.-F. Maréchal, l'origine de ce donjon qui devait connaître un extraordinaire développement par la suite et perdurer pendant trois siècles... il a même encore servi pendant la Guerre de Cent Ans! Le donjon-à-motte est un véritable chef d'œuvre d'architecture militaire, très efficace, difficile à prendre et ne requérant qu'un minimum de défenseurs! Les pentes de la motte devaient être, toujours suivant cet auteur, plantées d' arbustes épineux qui jouaient le rôle de "fils de fer barbelés", comme le faisaient déja les Gaulois, d'après César, pour défendre leurs camps ou même leurs habitations! D'où son succès à travers toute l'Europe qui se hérisse de ces premiers châteaux forts comprenant déja "chemise", murs crénelés, souterrain et puits dans la "cavea" servant en outre de magasin d'armes et de provisions (et même de "glacière"), passerelles préfigurant le pont-levis, et basse-cour fossoyée et palissadée...
Un aspect symbolique de la motte
Au même titre que la tour (donjon) ou, à l'époque moderne, le pigeonnier, la motte est véritablement le symbole du pouvoir banal détenu par les seigneurs. L'écrasante majorité des mottes, dans l'ouest de la France notamment, ne présente aucune valeur militaire efficiente et, par leur situation en bordure des limites paroissiales, témoignent de la volonté des seigneurs de créer un autre pôle de pouvoir, distinct du pouvoir ecclesiastique symbolisé par l'église et son clocher.
Par la suite, certaines mottes féodales seront réutilisées pour des constructions en pierres remplaçant les constructions en bois et deviendront le centre d'un château féodal, un exemple parfait étant le château de Gisors (Eure).
Liens externes
- [http://www.ac-amiens.fr/etablissements/0600014p/spip/article.php3?id_article=15 Visite de la motte castrale de Boves (Picardie)]
- [http://perso.wanadoo.fr/amfl/bretoncelles/home2.html Fouilles de la motte dite Butte du château] à Bretoncelles
Catégorie:Architecture militaire du Moyen Âge
Catégorie:Archéologie
Tapisserie de Bayeux
La tapisserie de Bayeux, aussi connue sous le nom de tapisserie de la reine Mathilde, semble avoir été commandée par Odon de Bayeux, demi-frère de Guillaume le Conquérant. Elle décrit les faits relatifs à la conquête de l'Angleterre en 1066. Elle détaille les événements clés de cette conquête, notamment la bataille de Hastings. Il faut toutefois noter que près de la moitié des images relatent des faits antérieurs à l'invasion elle-même. Bien que très favorable à Guillaume le Conquérant, la tapisserie de Bayeux a une valeur documentaire inestimable pour la connaissance du XI siècle normand et anglais : elle nous renseigne sur les vêtements, les châteaux, les navires, les conditions de vie de cette époque par ailleurs assez obscure.
Présentation
La tapisserie de Bayeux n'est pas, à proprement parler, une tapisserie ; en effet, elle relève de la broderie, de huit teintes naturelles de laines sur des pièces de lin bis. Elle mesure environ 70 mètres et a été confectionnée entre 1066 et 1082, peut-être en Angleterre pour décorer le palais épiscopal de Bayeux. Elle est divisée en une série de panneaux, d'une longueur totale de soixante-dix mètres pour une hauteur de cinquante centimètres. De par sa présentation, sous formes d'images distinctes, on a pu y voir l'ancêtre de la bande dessinée, mettant en scène 626 personnages. Cependant, le fait que, suivant les spécialistes, il y ait de 30 à 70 images distinctes relativise ce point de vue. Chaque scène est assortie d'un commentaire en latin.
Six cent vingt-six personnages, deux cent deux chevaux et mules, cinq cent cinq animaux de toutes sortes, trente-sept édifices, quarante-neuf arbres..., au total, mille cinq cent quinze sujets variés fournissent une mine de renseignements sur le .
Origines
Si une majorité d'historiens s'accordent à penser que c'est bien Odon qui commanda cette tapisserie pour orner la nef de la nouvelle cathédrale de Bayeux, inaugurée en 1077, la discorde règne encore quant à qui la fabriqua. Pour certains, c'est la reine Mathilde, aidée de ses dames de compagnie, qui la fabriqua ; pour d'autres, elle fut fabriquée, soit dans le Kent, soit à Winchester, dans le Hampshire, vingt ou trente ans après les événements qu'elle relate.
Contenu historique
Les images de la tapisserie relatent les aventures du duc Harold Godwinson, beau-frère du roi Édouard le Confesseur, dont le navire fit naufrage sur les terres du comte Guy de Ponthieu (dans la Somme actuelle) en 1064. Il fut sauvé et capturé par Guy qui envisageait de le libérer contre rançon. Hélas, un espion de Guillaume, visible sur la tapisserie, était là. Guillaume exigea de Guy qu'il lui remît Harold, ce qui fut fait. Guillaume adouba Harold chevalier à Rouen. C'est lors de cette cérémonie, qu'on voit sur la tapisserie, que Harold jura, sur les os d'un saint (très important à l'époque) à Guillaume de le soutenir pour succéder à Édouard sur le trône de ce qui n'était pas encore l'Angleterre, une promesse sur laquelle il revint plus tard, ce qui lui valut son excommunication par le pape. Ensuite, sur la tapisserie, on voit Harold retourner en Angleterre et se faire acclamer roi après la mort d'Édouard.
La tapisserie reflète le point de vue normand de l'histoire, notamment en justifiant l'invasion de Guillaume par sa légitimité au trône. Harold y est représenté comme un fourbe, parjure, reniant un serment sacré, alors qu'il semble que l'on ne trouve de relation de ce serment que dans la tapisserie et dans la Gesta Guillelmi de Guillaume de Poitiers, une autre source normande, écrite peut-être dix ans après la conquête normande de l'Angleterre. Cela dit, on s'accorde généralement à penser que ce serment eut bien lieu mais qu'il y aurait peut-être eu tromperie, puisque Harold aurait affirmé qu'il ne savait pas qu'il y avait des os d'un saint cachés sous le livre sur lequel il jura.
Ensuite, sur la tapisserie, nous voyons les préparatifs de Guillaume pour son invasion de l'Angleterre ; puis des images de la bataille d'Hastings. À ce sujet, on a longtemps cru que Harold y était représenté mourant d'une flèche dans l'œil, mais on pense, de nos jours, qu'il y a eu confusion sur la personne, le frère d'Harold étant mort d'une flèche dans l'œil.
La tapisserie contient aussi une représentation d'une comète, probablement la Comète de Halley.
Autres apports
La tapisserie nous apporte une connaissance quant à des faits historiques dont nous avons peu de trace par ailleurs. Sa présentation, sous forme d'images, la rendit tout au long des siècles accessible à tous alors que peu savaient lire.
La tapisserie est inestimable quant à la connaissance de la vie de l'époque ; d'abord sur les techniques de broderie du , notamment l'apparition de ce qui est nommé depuis le point de Bayeux ; ensuite sur nombre de techniques de l'époque, puisque y apparaissent des constructions de châteaux, de bateaux (la flotte d'invasion de Guillaume). Y figurent aussi des vues de la cour de Guillaume, de l'intérieur du château d'Édouard, à Westminster. Nous y voyons nombre de soldats, ce qui a permis de se faire une meilleure idée de leur équipement. Ainsi, sont bien visibles des signes distinctifs sur les boucliers, ce qui était peu répandu jusqu'alors. Toutefois, les soldats y sont représentés se battant mains nues alors que toutes les autres sources écrites de cette époque font apparaître que les soldats se battaient (et chassaient) presque toujours gantés.
Histoire
La tapisserie a traversé les siècles jusqu'à nous de manière chaotique. Elle fut pendant plusieurs siècles exposée à Bayeux, avec des périodes de troubles durant lesquelles elle fut cachée, notamment durant la Révolution française. Au elle fut l'objet de nombre d'études scientifiques et d'une restauration achevée à Bayeux en 1842, suite à quoi elle fut exposée sous verre. Elle fut à nouveau cachée pendant la guerre franco-prussienne de 1870 puis durant la Seconde Guerre mondiale.
À l'heure actuelle, elle est exposée au Centre Guillaume le Conquérant, à Bayeux.
Extraits
Image:Tapisserie agriculture.JPG|Les messagers de Guillaume le Conquérant viennent trouver Guy de Ponthieu
Image:Tapisserie bato1.jpg|Le navire d'Harold s'échoue sur le littoral du Ponthieu à la suite d'une tempête
Image:Tapisserie cavaliers.JPG
Image:Tapisserie motte dinan.jpg|Motte féodale de Dinan, Bretagne attaquée par les guerriers de Guillaume le Conquérant
Image:Tapestry of bayeux10.jpg|La comète de Halley
Image:William Bayeux.jpg|Guillaume le Conquérant
Voir aussi
- bande dessinée
- [http://rubens.anu.edu.au/htdocs/bytype/textiles/bayeux La tapisserie de Bayeux en detail (en anglais)]
- [http://panograph.free.fr/BayeuxTapestry.html en QuickTime VR panorama (à faire glisser vers la droite à l'aide de votre souris…)]
Catégorie:Moyen Âge
Catégorie:Normandie
Catégorie:Normandie médiévale
Catégorie:tapisserie
Guillaume le Conquérant, tapisserie de Bayeux]]
Guillaume le Conquérant (1027 (environ) - 9 septembre 1087), successivement connu sous les noms de Guillaume le Bâtard, Guillaume II de Normandie, Guillaume le Conquérant et enfin Guillaume I, roi d'Angleterre, fils illégitime de Herleva (ou « Arlette ») et de Robert le Magnifique. Il naquit à Falaise, Normandie. Il appartient à la sixième génération des ducs de Normandie depuis Rollon.
Il accéda au titre de duc de Normandie sous le nom de Guillaume II de Normandie à la mort de son père en 1035. Sa mère se marie alors avec Herluin, et donne deux demi-frères à Guillaume : Odon de Bayeux et Robert de Mortain. S'en suit une période trouble, où les barons se rebellent car son jeune âge (8 ans) aiguise l'appétit de rivaux pour le titre, ce qui coûta la vie à trois de ses tuteurs.
En 1050, il épousa Mathilde de Flandres fille de Baudouin V, comte de Flandres à Eu malgré les réticences du pape (qui prétextait un lien de consanguinité au 5 degré), non sans avoir promis la construction à Caen de deux abbayes : l'abbaye aux Hommes dédiée à Saint-Étienne et l'abbaye aux Dames dédiée à la sainte Trinité. Il eut de Mathilde six filles et quatre garçons dont :
- Robert (1051-1134) duc de Normandie, qui épouse Sybille de Conversano,
- Guillaume II (1056-1100) dit Le Roux roi d'Angleterre de 1087 à 1100,
- Adèle (1062-1137) qui épouse en 1080 Étienne de Blois (?-1102),
- Henri Ier Beauclerc (1068-1135),
- Constance (?-?) épouse Alain IV duc de Bretagne.
Dès qu'il fut en âge, il partit en campagne contre ses rivaux, ses vassaux. Avec l'aide de Henri I de France, il parvint à asseoir son pouvoir, notamment en défaisant les barons rebelles à la bataille du Val-ès-Dunes en 1047.
À la mort de son cousin Édouard le Confesseur, roi des Anglo-Saxons, en janvier 1066, Guillaume revendiqua son trône, affirmant qu'Edouard, sans enfant, l'avait désigné comme héritier lors d'une visite que Guillaume lui fit (probablement en 1052) et qu'Harold Godwinson le lui avait promis lorsque Guillaume le fit chevalier. Harold s'estima plus tard dégagé de sa promesse, arguant que Guillaume l'avait trompé en le faisant jurer sur des reliques d'un saint dissimulées sous un livre. Guillaume, fin politique, profita de ce fait pour obtenir l'excommunication de Harold par le pape Alexandre II.
Pour donner plus de poids à sa revendication, Guillaume débarqua en Angleterre le 28 septembre 1066 et défit Harold à la bataille de Hastings, le 14 octobre, suite à quoi il s'empara du trône. C'est ainsi que débuta la conquête normande de la Grande-Bretagne. La conquête de l'Angleterre est le sujet de la tapisserie de Bayeux. Pour parachever son triomphe, il se fit couronner dans l'abbaye de Westminster (le jour de Noël 1066), ce que continuent de faire tous les souverains anglais depuis lors.
Guillaume introduisit de profonds changements, parmi lesquels une fusion du système légal anglo-saxon avec la loi normande. En 1085 il commanda ce qu'on peut appeler un recensement au sens moderne, le « Livre du Jugement Dernier » ou Domesday's Book, qui faisait l'inventaire des hommes et richesses du royaume. Il a aussi fait construire de nombreux bâtiments et châteaux, notamment la Tour de Londres.
Blessé par l'arçon de sa selle lors du pillage de Mantes, (à 60 ans il était devenu obèse), il agonisa quelques jours en toute lucidité au prieuré Saint-Gervais, aux portes de Rouen. Il y mourut le 9 septembre 1087 et son corps fut ensuite transporté, pour y être inhumé, à l'église Saint-Étienne de Caen.
- Après les saccages de la Révolution française, de son squelette ne reste aujourd'hui qu'un fémur qui a permis d'établir que Guillaume le Conquérant avait une taille d'environ 173/174 centimètres, plus grand que la moyenne pour l'époque ;
- Guillaume avait une tendance à l'obésité en vieillissant ;
- Il mourut quasiment seul et fut inhumé sans grande pompe ; un seigneur normand ira même jusqu'à s'opposer au passage du convoi mortuaire sur ses terres ;
- Son corps éclata quant on le plaça dans le cercueil (causé certainement par une pérétonite), dégageant une forte odeur nauséabonde parmi la petite foule.
Galerie
image:William_I_of_England.jpg|Guillaume le Conquérant
Image:Dessin statue guillaume II.jpg|Dessin de la statue de Guillaume à l'abbaye Saint-Étienne à Caen
Image:StEtienne Tombo GuillaumeLeC.JPG|Tombe de Guillaume le Conquérant, abbaye Saint-Étienne, Caen
Image:Dessin chateau de guillaume le conquérant petit.jpg|Plan du château de Guillaume le Conquérant à Caen
Voir aussi
Article connexe
- Adèle d'Angleterre, fille de Guillaume
- Crise de succession d'Angleterre (1066)
- Conquête de l'Angleterre
Bibliographie
- La tapisserie de Bayeux.
- Guillaume de Jumièges, Gesta Normannorum ducum
- Guillaume de Poitiers, Gesta Guillelmi ducis Normannorum et regis Anglorum
- Ordéric Vital, Histoire ecclésiastique
- Robert Wace, Roman de Rou
- Paul Zumthor, Guillaume le Conquérant, éd. Tallandier, 2003 ISBN 2-84734-065-3
- Michel de Boüard, Guillaume le Conquérant, éd. Fayard, 1984 ISBN 2-21301-319-5
- Philippe Maurice, Guillaume le Conquérant, Editions Flammarion 2002, ISBN 2-08068-068-4
- Jean de La Varende, Guillaume, le bâtard conquérant, Livre de Poche (no 3938)
Guillaume 2
Guillaume 2
Guillaume 2
Guillaume 2
Guillaume 01
Catégorie:Grande famille du Moyen Âge
Guillaume 2
Catégorie:Maison de Normandie
Catégorie:Seigneur normand
Guillaume le Conquérant
Guillaume le Conquérant
ja:ウィリアム1世 (イングランド王)
simple:William I of England
DonjonCatégorie:Architecture militaire du Moyen Âge
:Cet article concerne la construction architecturale médiévale. Voir aussi Donjon (bande dessinée).
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Le donjon (ou dongun, doignon, dangon) appartient essentiellement à la féodalité ; ce n'est pas le castellum romain, ce n'est pas non plus le retrait, la dernière défense de la citadelle des premiers temps du Moyen Âge. Le donjon commande les défenses du château, mais il commande aussi les dehors, et est indépendant de l'enceinte de la forteresse du Moyen Âge, en ce qu'il possède toujours une issue particulière sur la campagne. C'est là ce qui caractérise essentiellement le donjon, ce qui le distinque d'une tour. Il n'y a pas de château féodal sans donjon, comme il n'y avait pas, autrefois, de ville forte sans château, et comme, de nos jours, il n'y a pas de place de guerre sans citadelle. Toute bonne citadelle doit commander la ville et rester cependant indépendante de ses défenses.
ville forte
Au Moyen Âge, il en était de même du château, et le donjon était au château ce que celui-ci était à la ville. Les garnisons du Moyen Âge possédaient une défense de plus que les nôtres : chassées de la cité, elles se retiraient dans le château ; celui-ci pris, elles se réfugiaient dans le donjon ; le donjon serré de trop près, elles pouvaient encore courir la chance de s'échapper par une issue habilement masquée, ou de passer à travers les lignes de circonvallation, la nuit, par un coup hardi. Mais cette disposition du donjon appartenant à la forteresse féodale n'était pas seulement prise pour résister ou échapper à l'ennemi du dehors, elle était la conséquence du système féodal. Un seigneur, si puissant qu'il fût, ne tenait sa puissance que de ses vassaux. Au moment du péril, ceux-ci devaient se rendre à l'appel du seigneur, se renfermer au besoin dans le château et concourir à sa défense ; mais il arrivait que ces vassaux ne soient pas d'une fidélité à toute épreuve. Souvent, l'ennemi les gagnait ; alors le seigneur trahi n'avait d'autre refuge que son donjon, dans lequel il s'enfermait avec ses gens à lui. Il lui restait alors pour dernière ressource, ou de se défendre jusqu'à l'extrémité, ou de prendre son temps pour s'échapper, ou de capituler.
Moyen Âge]
Le système de la défense des places, pendant la féodalité, n'était qu'une série de moyens accumulés par la défiance, non seulement envers un ennemi déclaré, mais envers les garnisons mêmes. C'est pourquoi l'étude des forteresses de cette époque fournit un sujet inépuisable d'observations intéressantes ; la défiance aiguise l'esprit et fait trouver des ressources. En effet, si quelques châteaux présentent des dispositions d'ensemble à peu près semblables, les donjons offrent, au contraire, une variété infinie, soit dans la conception générale, soit dans les détails de la défense. Les seigneurs, pouvant être à chaque instant en guerre les uns avec les autres, tenaient beaucoup à ce que leurs voisins ne trouvassent pas, s'ils venaient l'attaquer, des défenses disposées comme celles qu'ils possédaient chez eux. Chacun s'ingéniait ainsi à dérouter son ennemi, parfois l'ami de la veille ; aussi, lorsqu'un seigneur recevait ses égaux dans son château, fussent-ils ses amis, avait-il le soin de les loger dans un corps de bâtiment spécial, les recevait-il dans la grand-salle, mais ne les conduisait-il que très rarement dans le donjon, qui, en temps de paix, était fermé, menaçant, pendant qu'on se donnait réciproquement des témoignages d'amitié.
féodalité
En temps de paix, le donjon renfermait les trésors, les armes, les archives de la famille. Le seigneur y logeait avec sa famille, à l'étage noble : le premier étage. Comme il ne pouvait y demeurer et s'y défendre seul, il s'entourait alors d'un plus ou moins grand nombre d'hommes d'armes à sa solde, qui s'y renfermaient avec lui. De là, exerçant une surveillance minutieuse sur la garnison et sur les dehors (car le donjon est toujours placé en face du point attaquable de la forteresse), ses fidèles et lui tenaient en respect les vassaux et leurs hommes entassés dans les logis ; à toute heure pouvant sortir et rentrer par des issues masquées et bien gardées, la garnison ne savait pas quels étaient les moyens de défense, et naturellement le seigneur faisait tout pour qu'on les crût formidables.
féodalité]]
Il est dificile de trouver un plus beau programme pour un architecte militaire ; aussi les donjons, parmi les édifices du Moyen Âge, sont-ils souvent des chefs-d'œuvre de prévoyance. Nous avons trouvé dans ces constructions, peu connues généralement, ou incomplètement étudiées, des dispositions qui demandent un examen attentif, parce qu'elles mettent en lumière un des cotés de la vie féodale.
La raison première qui fit élever des donjons fut l'invasion normande. Les villæ mérovingiennes devaient fort ressembler aux villæ romaines ; mais quand les Normands se jetèrent périodiquement sur le continent occidental, les seigneurs, les monastères, les rois et les villes elles-mêmes songèrent à protéger leurs domaines par des sortes de blockhaus en bois que l'on élevait sur le bord des rivières et autant que possible sur des emplacements déjà défendus par la nature. Ces forteresses, dans lesquelles, au besoin, on apportait à la hâte ce qu'on possédait de plus précieux, commandaient des retranchements plus ou moins étendus, composés d'un escarpement naturel ou d'une butte artificielle couronnés par une palissade et protégés par un fossé.
Les Normands eux-mêmes, lorsqu'ils eurent pris l'habitude de descendre sur les côtes des Gaules et de remonter les fleuves, établirent, dans quelques îles près des embouchures, ou sur des promontoires, des camps retranchés avec une forteresse pour mettre leur butin à l'abri des attaques et protéger leurs bateaux amarrés. C'est aussi dans les contrées qui furent particulièrement ravagées par les Normands que l'on trouve les plus anciens donjons, et ces forteresses primitives sont habituellement bâties sur plan rectangulaire formant un parallélogramme divisé quelquefois en deux parties.
Source : Viollet le Duc
ja:ダンジョン
ko:던전
Loches
Loches
Loches est une commune française, située dans le département d'Indre-et-Loire et la région Centre.
Ses habitants sont appelés les Lochois, Lochoises.
Géographie
Loches est une petite ville médiévale surmontée du plus haut et plus ancien donjon d'Europe construit au Haut Moyen Âge par Foulques III Nerra.
Histoire
Recensée comme Ville d'Art et d'Histoire, Ville fleurie et parmi Les plus beaux détours de France, elle est aujourd'hui trés populaire chez les Anglais qui s'installent nombreux dans ce coin de Touraine, renouant par là avec leurs ancêtres Plantagenêt.
Économie
Personnages célèbres
- Jacques Villeret
- Agnès Sorel, maitresse de Charles VII, y est enterrée
Monuments et lieux touristiques
Charles VII
Charles VII
Charles VII
Charles VII
- Le Donjon : Remarquable par ses dimensions (36 mètres de hauteur) et par son excellent état de conservation, le Donjon roman est érigé par Foulques Nerra, Comte d’Anjou, autour de l’an Mil. Parfait exemple de l’architecture militaire] réalisée en Occident, la [[forteresse]], du XI siècle, est transformée en prison royale au XV siècle par Louis XI. Elle abrite les cachots de [[Philippe de Commynes (reconstitution de la cage de bois bardée de fer), du Cardinal Balue et du Duc de Milan Ludovic Sforza, qui exécuta des peintures murales pendant sa détention. Ouvert toute l‘année sauf le 25 décembre et le 1er janvier. Du 02/01 au 31/03 et du 01/10 au 31/12 : de 9h30 à 17h. Du 01/04 au 30/09 : de 9h à 19h.
- Le Logis Royal : Bâti sur la pointe de l’éperon rocheux dominant la vallée de l’Indre, le Logis royal est l’une des résidences favorites des Valois pendant la Guerre de Cent Ans. Charles VII érige un premier corps de logis inspiré de l’architecture militaire, à la fin du XIV siècle. Ses successeurs le prolongent d’un deuxième bâtiment dont la façade reçoit un décor de style gothique flamboyant. Trois femmes illustres ont marqué l’histoire du Logis Royal : Jeanne d’Arc, Agnès Sorel, favorite de Charles VII et Anne de Bretagne. Ouvert toute l‘année sauf le 25 décembre et le 1er janvier. Du 02/01 au 31/03 et du 01/10 au 31/12 : de 9h30 à 17h. Du 01/04 au 30/09 : de 9h à 19h.
- La Porte Royale : Seule issue permettant l’accès à la Citadelle. Cette porte date des XII et XIII siècles et a été complétée au XV siècle par un corps de bâtiment central et une terrasse à canons. De la Porte Royale, on peut entrer dans la Cité Royale pour la visite du Donjon, du Logis Royal, de la Collégiale Saint-Ours et de la Maison Lansyer, ou bien faire le tour des remparts par le boulevard Philippe Auguste. On peut accéder au sommet de la Porte Royale par le jardin de la Maison Lansyer, d’où la vue sur la ville est imprenable.
Philippe Auguste
- La Collégiale St-Ours : Splendeur romane édifiée aux XI et XII siècles. Son architecture est marquée par son portail polychrome sculpté de personnages et d’animaux tirés du bestiaire du Moyen Age et par les deux pyramides appelées « dubes », élevées vers 1165. Elle renferme, depuis avril 2005, le tombeau de marbre d'Agnès Sorel.
- La Maison Lansyer : Ouvert du 01/04 au 02/11 de 10h à 12h30 et de 14h à 18h30. Pendant les vacances de février et Noël (sauf le 25/12), de 10h à 13h et de 14h à 17h.
- La Chancellerie et La Maison du Centaure
- La Tour St-Antoine : Ancien clocher d’une église, elle fait aussi office de beffroi de la ville. Elle culmine à 52 mètres. Construite entre 1529 et 1575, elle est le seul beffroi renaissance de Touraine.
- La Porte des Cordeliers : Ouverte au XV siècle dans la troisième ceinture de remparts de la ville, la Porte des Cordeliers était munie de deux ponts levis franchissant le bief de l'Indre. Elle laissait entrer les voyageurs venus par la route d’Espagne. Son nom lui vient de la proximité du couvent des Cordeliers (Franciscains).
Toutes ces informations viennent du site officiel de l'Office de Tourisme de Loches. [http://www.loches-tourainecotesud.com]
Jumelages
Wermelskirchen (Allemagne)
http://www.wermelskirchen.de/
Démographie
Voir aussi
- Communes d'Indre-et-Loire
Liens externes
Références
Liens externes
- [http://www.loches-tourainecotesud.com/ Site officiel de l'Office de Tourisme de Loches]
- [http://www.lochesdeveloppement.com/ Communauté de communes du Lochois]
- [http://www.recensement.insee.fr/RP99/rp99/satellite.autorisation?nivgeo=C&oldnivgeo=37020&theme=ALL&typeprod=ALL&choix_dept=37&codgeo=37132&oldnivgeo=C&oldcodgeo=37020&c_produit=P_POPA&quelcas=SATGEO&lang=FR Loches sur le site de l'Insee]
Loches
Philippe AugustePhilippe France 02 Philippe France 02 Philippe France 02 Catégorie:Homme croisé
Philippe 02 France
Philippe 02 France
Philippe 02 France
Philippe II dit Philippe Auguste, né le 21 août 1165 à Gonesse Val-d'Oise, mort à Mantes-la-Jolie Yvelines, France le 14 juillet 1223, fut roi de France de 1180 à 1223, septième roi de la dynastie dite des Capétiens directs.
Il est le fils de Louis VII dit le Jeune et d' | | |