Home About us Products Services Contact us Bookmark
:: wikimiki.org ::
Poliorcétique

Poliorcétique

Le terme poliorcétique vient du grec poliorketikos, qui désigne ce qui est relatif à la technique du siège des villes et places fortes, ou l'art et la technique du siège. On l'applique aussi à la défense des villes contre les sièges. = Techniques de siège = Sommairement, un siège consiste à cerner totalement (ou parfois presque totalement) une place forte afin d'empècher toute entrée et toute sortie de cette dernière. On espère ainsi s'emparer du lieu par le temps plutôt que par la force, un assaut frontal contre un château fort étant extrêmement difficile et coûteux en vies humaines. Parmi les plus longs sièges de l'histoire figurent ceux de la ville grecque de Troie, raconté par Homère dans l'Iliade, et qui est censé avoir duré 10 ans ; celui de Numance, qui dura 11 ans (jusqu'en 130 avant J.-C.). Les techniques couramment employées au cours de l'histoire sont :
- circonvallation et contrevallation romaine, mises en œuvre à la bataille d'Alésia par Jules César ;
- Mines et sapes : une technique pour venir à bout d'une tour ou d'une muraille était de saper sa base : on construisait un tunnel ou une tranchée (protégée par une structure de bois et de peaux humides) qui arrivait sous l'ouvrage. On bourrait alors l'espace de paille, de bois, de cochons morts (les plus gras possibles), de poix ou d'huile, puis on y mettait le feu. La chaleur faisait éclater pierres et mortier, provoquant l'effondrement de la cible. Une fois la poudre noire importée en Europe, elle fut aussi utilisée à cette fin.
- Bombardement. Les engins de sièges sont souvent des engins permettant d'envoyer des projectiles sur ou par dessus les murailles, comme par exemple le trébuchet. On pouvait envoyer de lourdes pierres, mais aussi des cadavres afin de propager des maladies, ou des bombes incendiaires.
- Bélier : il permet d'enfoncer une porte ou d'ébranler un mur, aboutissant au même résultat que la sape. = Techniques de poliorcétique par époque =

Époque hellénistique


- Démétrios Ier de Macédoine (336 av. J.-C.-283 av. J.-C.), surnommé le Poliorcète, en raison de son habileté à réussir un siège.
- Philon de Byzance (approximativement 280 av. J.-C.-220 av. J.-C.), le premier théoricien de la poliorcétique, et Héron d'Alexandrie.
- Enée le Tacticien, auteur d'une Poliorcétique (vers 360 av. J.-C.-356 av. J.-C.), véritable manuel sur le sujet

Poliorcétique romaine

Voir Alesia

Époque médiévale

Généralités

Alesia]
- La poliorcétique médiévale reprend en grande partie les techniques antiques : les tours mobiles, le chat et le bélier étaient déjà utilisés par les Grecs.
- Cependant, au XI siècle, les techniques de siège se renouvellent ; au XIV siècle, les débuts de l'artillerie changent profondément la construction des forts et des murailles : à partir de 1370-1380 se répandent les canons à boulets de pierre.
- La guerre au Moyen Âge est plutôt une succession de sièges que des batailles rangées ; les villes sont des obstacles plus difficiles que les châteaux isolés : le siège de Saint-Jean d'Acre en Terre Sainte s'étend de juin 1189 à juillet 1191. La difficulté de la prise d'une ville réside dans la capacité d'une population nombreuse à résister. Pourtant, dans la guerre médiévale, le contrôle des villes est indispensable à la maîtrise du territoire.

Evolution des techniques


- À l'époque des mottes ( et s), il était facile de détruire les forteresses de bois. motte
- Différentes techniques de siège (1100-1400) étaient utilisées conjointement :
  - Les assiégeants construisaient des lignes concentriques autour du château, constituées de palissades de bois de tours et de fossés. En 1203, le roi de France Philippe Auguste fait aménager deux lignes de circonvallation autour de Château-Gaillard.
  - L'opération la plus délicate était le franchissement des fossés ; il fallait les combler sous le tir ennemi.
  - Tour de siège et beffrois : connus des Babyloniens, ces édifices en bois étaient mobiles et utilisables seulement sur terrain plat, sec et solide. En 885, les Danois en auraient utilisé dans le siège de Paris, de même que les Croisés au XI siècle, lors de leurs opérations militaires en Terre Sainte (siège de Jérusalem en 1099). La tour avait cinq fonctions principales :
    - abriter les assaillants
    - protéger l'action des sapeurs
    - porter haut les armes lourdes
    - donner aux arbalétriers un commandement efficace contre les défenseurs du château
    - donner un accès au chemin de ronde Les tours étaient vulnérables aux projectiles enflammés. Elles étaient donc blindées par des plaques de fer ou un revêtement de cuir.
  - Chat : engin d'approche sur roues pour saper les bases de la muraille. On les appelait aussi truie, taupe ou renard.
  - Bélier : utilisé dans le monde grec antique, il devait ébranler les murailles. Composé d'une tête de métal et d'une poutre en bois. Il était actionné par balancement grâce à des chaînes et des cordes. Le choc était peu efficace sur un mur de pierre. Des brèches ouvertes pouvaient ensuite être enflammées.
  - Escalade : technique très répandue au Moyen Âge, elle se faisait par des échelles. Les assaillants se protégeaient sous des pavois. L'escalade était efficace à la suite d'une trahison, d'une attaque-surprise et avec un rapport numérique favorable.
  - Sape et mine : mine ou sape souterraine (rare) par creusement d'une galerie. Des poteaux de bois enduits de poix, de soufre, de bitume ou de graisse de cochon étaient introduits dans les brèches pour faire s'écrouler la courtine.
  - Fascines : Fagot recouvert d'une matière très inflammable employé comme artifice incendiaire. Utilisées pour incendier les portes par exemple.
- Les machines de siège utilisées au Moyen Âge :
  - Trébuchet
  - Baliste
  - Catapulte
  - mangonneau
  - Tour de siège

Liste de sièges célèbres du Moyen Âge

Voir l'article détaillé Liste des sièges.
- Siège de Paris (800)
- Siège de Jérusalem (1099)
- Siège de Saint-Jean d'Acre de juin 1189 à juillet 1191
- Siège de Constantinople de novembre 1203 à avril 1204 (quatrième croisade)
- Siège de Toulouse par Simon IV de Montfort d'octobre 1217 à juin 1218
- Siège de Château-Gaillard (1203-1204)
- Siège de Montségur
- Siège de Constantinople (1453)

Époque moderne


- Jean Errard
- Vauban

Voir aussi


- Castellologie
- Liste des sièges
- Engin de siège
- Bataille d'Alger (Guerre d'Algérie)
- Guerre au Moyen Âge Catégorie:Siège Catégorie:Ingénierie

Grec


-
Le grec (ἡ Ἑλληνικὴ γλῶττα hê hellênikề glỗtta) est une des langues indo-européennes, apportée en Grèce entre le et le On traite ici du grec ancien, le grec moderne étant décrit dans un article séparé.

Les dialectes

À l'origine, il existait une grande variété de dialectes, regroupés en quatre groupes : arcado-cypriote, occidental, éolien et ionien-attique. Parler du grec ancien n'a pas grand sens si l'on veut se référer à un des idiomes antiques : dans les faits, cependant, le grec désigne le dialecte d'Athènes. L'attique (dialecte du groupe ionien-attique), langue de l'Athènes antique, est la langue dans laquelle est écrite la majorité de la littérature grecque classique. Sous l'influence d'Alexandre le Grand, l'utilisation des dialectes a été réfrénée, de sorte que le monde grec utilisât la koinè, langue commune (c'est le sens de l'adjectif koinos) issue de plusieurs dialectes du groupe ionien-attique. Celui-ci lui permettait de communiquer avec son armée et était enseigné aux habitants des régions conquises, devenant ainsi la lingua franca de l'Antiquité, en concurrence avec le latin. La koinè est ensuite devenue langue officielle de l'Empire romain d'Orient, avant de continuer d'évoluer pour donner naissance au grec moderne d'aujourd'hui. Pour une étude comparative des différents dialectes, consulter Dialectes grecs.

Écritures

La première forme d'écriture attestée pour noter un dialecte grec est le linéaire B, un syllabaire sans rapport avec l'alphabet grec, servant à transcrire une forme archaïque d'un dialecte arcado-cypriote utilisé en Grèce continentale et en Crète entre environ -1550 et -1200. Entre -800 et -200, une écriture proche, le syllabaire cypriote, a été utilisée à Chypre. Ce syllabaire pourrait descendre du cypro-minoéen (voir plus bas). Il faut noter que des écritures plus anciennes que le linéaire B et le cypriote ont existé en Grèce, sans qu'on soit sûr qu'elles ont servi à noter du grec :
- le linéaire A (entre -1800 et -1450, en Crète et dans des îles égéennes) ;
- le crétois hiéroglyphique (entre -1750 et -1600, en Crète) ;
- le cypro-minoéen (entre -1500 et -1200, à Chypre), peut-être dérivé du linéaire A. C'est ensuite l'alphabet grec, hérité des Phéniciens et de leur alphabet, qui a été utilisé sous différentes versions (dites épichoriques) à partir du ou du puis a été normalisé et imposé au reste du monde hellénophone par Athènes en -403. En ajoutant des voyelles à cet abjad sémitique, les Grecs sont les inventeurs des alphabets occidentaux. En effet, emprunté par les Étrusques (cf. Alphabet étrusque), qui l'ont transmis aux Romains, il a donné naissance à l'alphabet latin, mais aussi, sans passer par les Étrusques, à l'alphabet gotique, au cyrillique, à l'alphabet copte… L'histoire de l'alphabet grec constitue un article séparé.

Phonologie

Consulter Prononciation du grec ancien pour un article complet. Résumé :
Le grec ancien est une langue à accent de hauteur possédant deux (ou trois, selon les interprétations) intonations : aiguë et circonflexe (cf. Accentuation du grec). Il se caractérise aussi par un système de consonnes aspirées et par un jeu d'oppositions de quantités vocaliques. Il existe plusieurs règles de sandhi, tant internes qu'externes. En passant de l'indo-européen au grec, la langue a subi de nombreuses modifications phonétiques dont les plus flagrantes sont décrites par la loi de Grassmann, la loi d'Osthoff et la loi de Rix. On note d'autre part qu'il permet de restituer dans de nombreux cas la coloration des laryngales IE. Enfin, c'est une langue centum.

Morphologie

Le grec, comme d'autres langues indo-européennes anciennes, est hautement flexionnel. Outre l'utilisation de désinences, le grec se caractérise par des procédés hérités de l'indo-européen comme l'alternance vocalique, l'utilisation du redoublement et de l'augment pour les verbes.

Système nominal

L'article complet se trouve dans Déclinaisons du grec ancien. Par exemple, les noms possèdent cinq cas (nominatif, vocatif, accusatif, génitif et datif), trois genres (masculin, féminin et neutre, parfois réduits à un opposition animé / inanimé) et trois nombres (singulier, duel, pluriel et collectif pour les neutres). Le grec moderne n'utilise plus le datif, excepté dans quelques expressions comme en taxei, mais les autres cas sont généralement conservés. On compte trois grands types de déclinaisons, tant pour les noms que les adjectifs (type en -α/η, type thématique en -ος et type athématique), lesquels possèdent plusieurs sous-types. Les pronoms suivent un système qui leur est propre et qui, ayant influencé les types nominaux, n'en sont pas très éloignés. La richesse de la flexion nominale en fait la complexité.

Système verbal

L'article complet se trouve dans Conjugaisons du grec ancien. Les verbes ont trois voix (active, moyenne et passive), trois personnes et trois nombres. Il se conjugue selon six modes, quatre personnels (indicatif, impératif, subjonctif et optatif) et deux impersonnels (infinitif et participe). Il existe six temps (présent, imparfait, aoriste, futur, parfait, plus-que-parfait), répartis de manière inégale entre les modes. Certaines formations secondaires existent, comme le futur antérieur. Outre le temps, le verbe exprime surtout, de manière très précise, trois aspects (imperfectif, aspect zéro et statique) et plusieurs modes de procès (inchoatif, itératif, fréquentatif, etc.). Seul l'indicatif marque les temps : à tous les autres modes, ce n'est que l'aspect qui est indiqué. Il existe deux grandes catégories de conjugaisons : les thématiques (ou verbes en -ω) et les athématiques (dits verbes en -μι). Ces catégories se divisent en un grand nombre de sous-catégories. Le système verbal est très complexe car la flexion met en œuvre de nombreux procédés comme l'alternance vocalique, la suffixation par le jeu de désinences, l'utilisation d'une voyelle thématique, celle de l'augment et du redoublement. À tous ces procédés s'ajoutent des modifications phonétiques importantes au sein d'un même paradigme. En sorte, il n'est presque pas exagéré de dire qu'il existe plus de verbes irréguliers que de réguliers.

Influence du grec ancien sur les langues modernes

Mots savants et radicaux grecs

Un grand nombre de mots en latin, français et anglais, pour ne citer que ces langues, sont d'origine grecque et la majorité des néologismes savants utilisés de par le monde est bâtie sur des radicaux grecs (souvent mêlés de radicaux latins). Seuls quelques langues, comme l'islandais de manière systématique et, dans une moindre part, l'allemand, n'utilisent pas ces radicaux mais traduisent par calque les termes savants grecs au moyen de radicaux qui leur sont propres.

Mots courants

Des mots comme boutique, caractère ou beurre viennent aussi du grec. Passés par le latin et hérités comme tel dans la langue française (via d'autres langues, comme l'occitan), ils ont subi les mêmes modifications phonétiques que les autres mots hérités et sont maintenant très éloignés de leur étymon grec : il faut reconnaître derrière chacun d'entre eux ἀποθήκη apothếkê, χαρακτήρ kharaktếr et βούτυρον boúturon.

Le dédale synchrone du cosmos politique

Voici, pour illustrer l'omniprésence du grec dans les langues occidentales, un extrait d'un texte de Xénophon Zolotas (Ξενοφών Ζολώτας) dans lequel chaque mot (hormis les mots-outils) est d'origine grecque : :« Sans apostropher ma rhétorique dans l’emphase et la pléthore, j’analyserai elliptiquement, sans nul gallicisme, le dédale synchrone du cosmos politique caractérisé par des syndromes de crise paralysant l’organisation systématique de notre économie. Nous sommes périodiquement sceptiques et neurasthéniques devant ces paroxysmes périphrasiques, cette boulimie des démagogues, ces hyperboles, ces paradoxes hypocrites et cyniques qui symbolisent une démocratie anachronique et chaotique. Les phénomènes fantastiques qu’on nous prophétise pour l’époque astronomique détrôneront les programmes rachitiques, hybrides et sporadiques de notre cycle atomique [...] ».

Divers


- code ISO 639-2 : grc

Voir aussi

Liens internes


- linguistique
  - dictionnaire des langues
    - langues par famille
      - langues indo-européennes
  - dialectes grecs;
  - déclinaisons du grec ancien ;
  - conjugaisons du grec ancien 
  - phonologie du grec, accentuation du grec ;
  - alphabet grec, diacritiques de l'alphabet grec, lettres supplémentaires de l'alphabet grec et histoire de l'alphabet grec ;
  - grec moderne ;
- littérature grecque.

Liens externes


- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81 Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://www.lorem-ipsum.info/_greek Générateur de texte aléatoire grec] en plus de l'habituel lorem ipsum.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/grec.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire grec-français/français-grec
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/grec_ancien.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire grec ancien-français/français-grec ancien als:Griechische Sprache ja:ギリシア語 ko:그리스어 ms:Bahasa Greek simple:Greek language th:ภาษากรีก

Place forte

Une place-forte, ou communément en langage militaire, une place, est un ensemble cohérent de fortifications visant à protéger non seulement le terrain enclos, mais aussi le terroir environnant et un territoire situé en arrière (vis-à-vis d'un ennemi) de la place.

Points d'établissement

Les places fortes s'établissent sur les voies géographiques les plus aisées, les points de passage les plus fréquentés : soit des franchissements (site-pont, col de montagne), soit des atterrissages ou des points d'accostage (en bord de mer, de lac ou de rivière), soit tout point d'une route fréquentée.

Principes généraux

Une place-forte a trois rôles principaux.

Rôle de fermeture

Le rôle de fermeture, complète ou partielle, est rempli quand la place forte bloque par son potentiel une zone, et permet de trier voire d'interdire le passage. Trier : en temps de paix, ne laisser passer que ce qui apporte intérêt (au moyen d'une taxe prélevée sur les commerçants), ou ce qui n'apporte rien à un adversaire ; interdire : en temps de guerre, interdire le passage du point contrôlé, soit parce qu'il s'agit d'un pont enfermé dans la place, soit parce que la voie de passage est sous le feu de la place forte, soit parce que les troupes cantonnées dans la place sont à même d'intercepter le trafic à proximité. Ce rôle dévolu aux places fortes explique leur site dans certaines villes : la citadelle d'Amiens est ainsi construite au XVIIe siècle au nord de la ville, sur la rive droite de la Somme, afin de protéger les ponts des Espagnols, venant théoriquement du Nord. Elle permet aussi de protéger une route vitale : ainsi les Romains établirent des colonies dans le sud de la Gaule pour protéger la route entre la péninsule italique et l'Espagne au IIe siècle av. J.-C. Dans la logique de frontière fortifiée des XVII et s, certaines place-fortes furent construites uniquement pour contrôler des chemins praticables aux lourds attelages d'artillerie : certains gros canons de siège nécessitaient des attelages allant jusqu'à 24 bœufs, donc un chemin offrant une bonne viabilité en toute saison. Les places de Phalsbourg, La Petite-Pierre, Saverne y trouvent leur origine. La résistance des sols est d'ailleurs toujours une donnée à prendre en compte lors du déplacement d'une armée moderne (avec des matériels dépassant les 40 tonnes).

Compensation d'effectifs

La place forte offre à une garnison aux faibles effectifs une compensation d'effectifs face à un assaillant nombreux de plusieurs manières. Traditionnellement, on recherchait une position en surplomb, à la fois pour l'observation et le tir ; ce surplomb (tour, muraille, augmenté par un terrassement comme les mottes féodales) freine également l'élan de l'ennemi. Le fossé, l'escarpe, la rivière ou le fossé en eau, le lac artificiel ou les marais sont des ruptures dans le terrain, qui permettent de ralentir l'assaillant, voire d'empêcher son passage, donc de rétablir un équilibre en faveur de l'assiégé. L'assaillant ralenti offre une bonne cible, est moins vaillant au combat s'il a consenti d'importants efforts avant de parvenir au contact. Quand le front est réduit en un point étroit, comme un pont, l'avantage du nombre s'annule. Depuis plusieurs siècles et l'apparition de l'artillerie, le surplomb a progressivement perdu de son importance, et est même devenu un désavantage, offrant une cible facile aux canons. Dans les fortifications vaubaniennes, les casemates sont au niveau du sol, le surplomb ne subsistant que pour le contact immédiat avec l'assaillant grâce à un fossé. Les places fortes construites par Vauban offraient un si bon rapport de forces aux défenseurs que Louis XIV put en établir une à Mont-Royal sur la Moselle, à 100 km de son royaume, marquant ainsi l'intérêt qu'il avait pour les évêchés suffrageants. Il s'offrait ainsi un droit de regard à peu de frais sur la région. Une position bien choisie permet de bloquer totalement une armée avec des effectifs réduits : ainsi, en 1940, une simple tourelle équipée de deux canons de 75 mm à la Roche-Lacroix empêcha le passage de plusieurs divisions italiennes par le col de Larche vers la vallée de l'Ubaye.

Base de départ

Une place forte ne prend sa pleine utilité que lorsqu'elle est aussi une base de départ pour attaquer l'ennemi, et qu'elle ne se cantonne pas à un rôle défensif, passif même, d'attente de l'adversaire. Elle peut jouer un rôle offensif de plusieurs manières : # soit en utilisant une partie de sa garnison (souvent quelques pelotons de cavalerie étaient détachés dans les places fortes à cet effet, avec des troupes légères : chasseurs, tirailleurs) pour attaquer les arrières de l'ennemi. Il ne s'agit pas de provoquer des combats décisifs, mais de gêner les communications et la logistique adverses, de ralentir sa progression alors même qu'il ne s'est pas attardé à assiéger la place. Cette possibilité de mouvement qu'a une garnison a souvent contraint les armées assaillantes à laisser un détachement pour empêcher ces sorties. Ainsi, la place forte affaiblit l'armée adverse, même sans combat. Les sorties sont également pratiquées en cas de siège : ::
- pour soulager une partie de l'enceinte pendant un assaut critique, en prenant l'ennemi à revers ; ::
- pour permettre à un convoi de ravitaillement de pénétrer l'enceinte ; ::
- pour permettre le passage d'un courrier ; :2. soit en constituant un relais pour une offensive de plus grande envergure. Elle est alors un point d'appui, un relais où trouver repos, vivres et munitions, où refaire son équipement. Ainsi la bataille de Taillebourg en 1242, pour contrôler un pont sur la Charente, se joua en partie sur la possession du château qui offrit un lieu de repos protégé, un point d'observation et une base de départ pour la charge de cavalerie de Louis IX.

Défense d'une place-forte

Préparation

Tous les théoriciens de la guerre de siège, et grands poliorcètes, insistent sur le fait que le gouverneur doit avoir une très bonne connaissance du contexte dans lequel se situe sa place, contexte aussi bien stratégique que tactique. Avant le siège, il doit prévoir tous les cas de figures possibles, toutes les attaques possibles, et les réponses à y apporter avec les moyens disponibles. Ainsi au en France, sur le modèle des Pays-Bas, les intendants « de police, justice et finances» civils sont chargés de mesurer et développer le potentiel économique d'une région, afin d'équiper les armées, et le génie militaire crée des cartes des zones fréquemment inondées, des secteurs que l'on peut inonder de façon défensive, et des gués : on retrouve ici le rôle de verrou sur une voie de passage de la place-forte. Les zones de marais forment souvent, en négatif, un lieu de passage privilégié, qu'il convient de fortifier : ainsi de Sedan, au milieu d'une zone de marais entre Champagne et Ardenne. Ce pont incontournable sur la Meuse est également un exemple de la nécessaire connaissance de l'environnement : les défaites de 1870 (siège de Sedan) et 1940 (percée de Sedan) sont en partie dues à la croyance que l'Ardenne était infranchissable au matériel lourd, alors qu'une armée de 40 000 hommes de Louis XIV l'avait franchi pour le siège de Maastricht (dans lequel périt d'Artagnan), suivie de matériels lourds tirés par des attelages de 3 à 8 paires de bœufs.

Point extrême de résistance

Celui-ci est difficile à déterminer. Jusqu'à quel point la garnison doit-elle pousser sa résistance ? Vauban considérait que la résistance à outrance n'était pas obligatoire, ni pour une place-forte, ni pour sa citadelle. Son rôle est de surveiller une route, une partie de la frontière. Elle est là essentiellement pour permettre à l'armée de campagne de se refaire après une défaite, ou de se rassembler afin de la secourir et de la débloquer. Toujours d'après Vauban, le sacrifice final n'est pas la meilleure solution, et de loin : il vaut toujours mieux, après un siège de quelques mois qui aura entamé les forces de l'adversaire, se retirer avec armes et bagages, et rejoindre le gros des troupes du roi.

Réseau de places fortes

La fortification d'une place se fait souvent en fonction d'un environnement large : la place forte n'existe que par rapport à ses voisines, à tout un réseau de points fortifiés s'appuyant les uns sur les autres. En France, après 1650, on défend essentiellement des avenues, ouvertes sans les places aux invasions. Pour parfaire cette défense, on construit une barrière en profondeur : ainsi les places s'appuient les unes sur les autres. La multiplicité des places sur le passage des armées d'invasion obligeaient celles-ci à de multiples sièges, ce qui les diminuaient (fatigue du siège, pertes lors du siège et troupes indisponibles car retenues dans ces sièges). Le ralentissement de la progression de l'invasion peut parfois conduire à une victoire : exemple de Denain. Cependant, une place est rarement incontournable : ainsi de Langres, très bien défendue mais évitée en 1870. Manquant de troupes mobiles, elle ne put pas gêner les arrières des Prussiens, et le dispositif n'ayant pas de profondeur, ils ne s'attardèrent pas non plus au siège d'autres places fortes. Si l'on considère la guerre comme un échiquier, il faut toujours conserver des pièces qui empêchent de se faire tourner et ne pas se contenter d'une seule en élément avancé, aussi formidable que soit sa puissance. Cela évite la mésaventure de la ligne Maginot.

Front de mer

On oublie souvent d'évoquer les places de front de mer : dans le système vaubanien, elles étaient pourtant au moins aussi importantes que celles du Nord et de l'Est de la France. Leur rôle est bien sur d'empêcher tout débarquement : au et au , l'Angleterre en avait une ceinture, mais uniquement sur la côte sud. On peut citer comme exemples de débarquements empêchés les batailles de Saint-Cast, en 1758, à côté de Saint-Malo, ou encore les tentatives anglo-hollandaises de 1691 et 1694 sur Camaret.

Voir aussi


- Castellologie
- Liste des châteaux français
- Liste de forts, fortifications, citadelles et places fortes par continent
- Liste des sièges
- Poliorcétique
-


Troie

Troie (en grec ancien Τροία / Troía), aussi appelée Ilion (Ἴλιος) est une ancienne ville d'Asie mineure, située non loin de la mer Égée, à l'entrée de l'Hellespont. Elle se situe dans l'actuelle province de Çanakkale.

Troie légendaire

Fondation

Selon la légende, Dardanos est considéré comme le fondateur de la dynastie des rois troyens. Il fuit le déluge et trouve exil auprès du roi Teucros de Phrigie. Après la mort de Teucros, il devient le seul héritier, en se mariant avec Bateia, la fille du roi Teucros. D'après certaines traditions anciennes, Dardanos descend d'une vieille tribu, les Dardaniens des Balkans (localisée dans l'actuel Kossovo). Ce nom de Dardanien est en tout cas appliqué pour désigner les Troyens eux-mêmes. Tros, petit-fils de Dardanos, est le héros éponyme de la Troade et de Troie. La ville elle-même est fondée par son fils Ilos (ou « Ilion », autre nom de la cité). Son fils Laomédon lui succède sur le trône. Poséidon et Apollon, punis par Zeus, ont bâti pour ce roi cruel les murs de la cité mais n'ont finalement pas eu la récompense méritée et, offensés par le roi, qui les menace de leur couper les oreilles, ils décident de se venger en propageant la peste sur la ville par Apollon. Quant à Poséidon, il envoie un monstre marin sur les rivages de Troie. Plus tard, Héraclès, en passant par là, car il voulait suivre Jason à la recherche de la toison d'or en Colchide, s'arrête à Troie pour demander l'aide du roi Laomédon, sollicitant le prêt des fameux chevaux immortels qu'il est seul à posséder et qu'il garde jalousement ! Laomédon accepte mais à une condition : Héraclès doit tuer le monstre marin pour libérer sa fille Hésione. Héraclès accepte le marché et tue le monstre sur le champ en libérant Hésione. Comme promis, Laomédon offre le cheval et Héraclès s'en va... Mais pas très loin car le cheval meurt sur le coup et le héros fâché se retourne contre le roi Laomédon et le tue. À l'exception d'Hésione, sa fille, et de Priam, l'un de ses fils.

La guerre de Troie

L'histoire légendaire de la guerre avec la Grèce est le sujet de l'Iliade d'Homère, des épopées du cycle troyen et l'un des sujets de l'Énéide de Virgile, dans laquelle Énée doit abandonner Troie, événement qui mène très indirectement à la fondation de Rome. À l'origine de la guerre de Troie est l'enlèvement par Pâris, prince troyen, d'Hélène, épouse de Ménélas, roi de Sparte. Pour punir les Troyens, les rois grecs se coalisent et mettent le siège devant la cité. Au bout de dix ans de siège, les Grecs pénètrent dans la ville grâce à la ruse du cheval de Troie, la pillent et réduisent ses habitants en esclavage. Article détaillé : guerre de Troie.

Troie historique

Antérieurement considérée comme une ville légendaire, l'existence de Troie fut prouvée après la découverte de ses vestiges par Heinrich Schliemann en 1870 dans un monticule appelé Hissarlik. Aujourd'hui, nous savons qu'il existait au moins neuf villes, construites les unes sur les autres dans la même région, et que la première ville fut construite au Pendant les années 1920, l'érudit suisse Emil Forrester déclara que les noms des endroits trouvés dans des textes hittites — Wilusiya et Taruisa — devraient être identifiés avec Ilium et Troia respectivement. Il nota aussi qu'un roi wilusien, mentionné dans un des textes hittites sous le nom de Alaksandu était assez proche à celui du prince de Troie Alexandre, ou Pâris. Ces identifications furent démenties par beaucoup comme étant peu probables ou, du moins, pas prouvables, mais Trevor Bryce défendit cette idée dans son livre The Kingdom of the Hittites (Le royaume des Hittites, 1998), citant une partie de la lettre Manapa-Tarhunda, qui parle du Royaume de Wilusa comme étant situé au-delà du pays de la rivière Seha (connue à l'époque classique comme Caicus), et près du pays du Lazpa (mieux connu comme l'île de Lesbos). Pendant l'Âge du bronze, Troie semble avoir été une ville marchande prospère, puisque sa position permettait le contrôle complet des Dardanelles, par lesquelles tous les bateaux marchands de la mer Égée se rendant dans la mer Noire devaient passer. Elle aurait été disputée entre les Mycéniens et les Hittites, alliés de la ville. La septième ville, qui fut fondée au , semble avoir été détruite par une guerre et il y a des traces évidentes d'un grand incendie à l'intérieur. C'est pourquoi cette ville est supposée être celle décrite dans la légende de la guerre de Troie. La dernière ville sur ce site fut fondée par les Romains pendant le règne de l'empereur Auguste, et semble avoir été une ville très importante jusqu'à ce que Constantinople devienne la capitale de l'Empire romain au . Par la suite, la vitalité de la ville baissa progressivement. Aujourd'hui, il y a une ville turque qui s'appelle Çanakkale et qui se situe très près de l'antique Troie. Celje était appelée la deuxième, ou petite Troie : Troia secunda. Le site archéologique de Troie est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1998.

Les découvertes du Dr. Korfmann (2001-2002)

L'un des problèmes majeurs posés par le site d'Hissarlik (la Troie historique) était sa petite taille comparée a la Troie décrite par Homère. trois cent habitants tout au plus aurait pu vivre dans la Troie VIIa, alors qu'Homère en décrit cinquante mille. Magnification et exagération du poète ? On aurait pu le croire jusqu'à la découverte lors de nouvelles fouilles en 2001-2002 de la ville basse : ces fouilles, entreprises par le Dr. Korfmann de l'Université de Tübingen en Allemagne, ont révélé un mur d'enceinte de type cyclopéen enserrant la ville basse appartenant a la Troie VIIa. Cette nouvelle découverte assure a la ville une superficie de 350 000 m², soit treize fois plus grande que celle de la seule acropole que nous connaissions déja. Avec une taille aussi considérable, Troie dépasse en superficie sa rivale et maîtresse (?), Ugarit (200 000 m²) et en fait l'une des plus grandes villes de l'Âge du Bronze. Sa population serait alors de 5000 a 10 000 habitants, ce qui en tant de siège peut tout a fait être suffisant pour abriter les 50 000 habitants de toute la région. Pour le moment, on ne peut cependant parler de guerre de Troie, estime Dr. Korfmann ; il faudra des fouilles ultérieures pour révéler ce mythe.

Voir aussi

Articles connexes


- Heinrich Schliemann ;
- Cités perdues.

Bibliographie


- Latacz Joachim, Troia und Homer. Der Weg zur Lösung eines alten Rätsels, Piper, 2003.

Filmographie


- Troie, film de Wolfgang Petersen sorti en 2004, qui relate la guerre de Troie depuis l'enlèvement d'Hélène à la mort d'Achille.

Liens externes


- [http://www.uni-tuebingen.de/troia/eng/fachliteratur.html/ Projekt Troia de l'Université de Tübingen] ;
- [http://whc.unesco.org/fr/list/849 Descriptif UNESCO] ;
- [http://www.planet-turquie-guide.com/troie.htm La légende et la guerre de Troie].
-
Catégorie:Lieu de la mythologie grecque Catégorie:Cité grecque Catégorie:Site archéologique Catégorie:Patrimoine mondial en Turquie ja:イリオス ko:트로이아





Jules César

ko:율리우스 카이사르 ja:ガイウス・ユリウス・カエサル simple:Julius Caesar Jules César (Caius Iulius Caesar) était un général, homme politique et écrivain romain, né à Rome le 13 juillet 101 ou 100 av. J.-C. et mort le 15 mars 44 av. J.-C., assassiné sur les marches du sénat de Rome, le coup fatal venant de son fils adoptif, Brutus. Les derniers mots de César furent pour ce dernier Kaï sù, tèknon, soit « Toi aussi, mon fils » en grec, langue d'apprentissage des riches romains, et donc langue de son enfance. Il fut nommé dictateur et fut assassiné sous prétexte qu'il aspirait à la couronne (fait qui reste improuvé).

Biographie

Brutus César affirmait avoir pour ancêtre Iule (ou Ascagne), fils d'Énée et de Créüse, amené en Italie par son père après la chute de Troie. Ce fondateur d'Albe la Longue était considéré comme le créateur de la vieille famille patricienne des Julia. Par ce lignage, César revendiquait une ascendance remontant à Vénus. Homme politique, il a choisi le parti des populares plutôt que de faire carrière dans l'oligarchie sénatoriale, notamment en raison de l'influence de sa tante Julia, qui avait épousé le général et consul Marius, et des liens avec les milieux plébéiens qui s'ensuivirent. Militairement, il a principalement conduit de 58 à 50 av. J.-C. la guerre des Gaules, qui permit l'intégration des trois Gaules au sein de l'Empire romain. Sénateur, il codirigea la république de Rome quand il accéda à la fonction de consul en 59 av. J.-C., aux côtés de Pompée et de Crassus (ils avaient formé une alliance secrète qu'on appelle Premier Triumvirat). Utilisant son prestige acquis lors de la guerre des Gaules, et profitant de la disparition de Crassus, tué par les Parthes, il affronta Pompée dans une lutte d'influence pour le pouvoir absolu à la tête de ce qui allait devenir l'Empire romain. Quand Jules César, à la tête de son armée victorieuse en Gaule, revint vers Rome, le sénat voulut l'empêcher d'amener toute son armée dans la ville pour son triomphe. Il n'hésita pas alors à outrepasser ses droits, et il décida en 49 av. J.-C. de franchir le Rubicon, rivière marquant la frontière entre l'Italie et les provinces et que les consuls en fonction ne pouvaient franchir accompagnés de leur légions, pour s'approcher de Rome. On lui attribue à cette occasion la citation « Alea jacta est » (plus probablement en grec Anerrifthô Kubos, « Le sort en est jeté. »), signifiant qu'il prenait ainsi un risque politique qui relevait du jeu de hasard, et qui pourtant lui réussit. La guerre civile qui s'ensuivit entre les partisans de César et les partisans de Pompée s'acheva par la fuite de ce dernier suite sa défaite à la bataille de Pharsale en 48 av. J.-C., et par l'assassinat de l'ancien consul réfugié en Égypte. Au commencement de cette guerre, Jules César put imposer au sénat de le nommer dictateur, ce qui lui donnait les pleins pouvoirs. Il obtint également le prænomen d'Imperator, ce qui inaugura un titre qui allait se transmettre par la suite, créant ainsi des dynasties impériales, et mettant fin à la république dirigée par le Sénat. Ainsi, Jules César, sans avoir été empereur, a été à l'origine de ce titre. Il est mort le 15 mars en 44 av. J.-C. (Ides de mars, dans le calendrier romain), assassiné de vingt-trois coups de couteau (selon Suétone, Vie de César, LXXXII) par une coalition de sénateurs dont faisait partie Marcus Junius Brutus. Poignardé par ce dernier, il dit en mourant en grec : καὶ σύ, τέκνον (kaì sú, téknon), traduit en latin par Suétone Tu quoque, fili mi, « Toi aussi, mon fils ! ». Les avis divergent quant à la signification de cette phrase :
- L'interprétation la plus courante est que César aurait été surpris de voir parmi les conjurés son fils adoptif.
- Pour d'autres, c'est une malédiction : il appelle sur Brutus le même sort que le sien.
- Une autre interprétation se fonde sur l'état de santé de César : peut-être épileptique, donc sujet à des diarrhées, des vomissements violents, il n'écoute pas les mises en garde de ses proches et se rend volontairement à son propre assassinat afin de mettre un terme à son état dégradant. La phrase est alors à comprendre dans le sens « Toi aussi, mon fils, tu seras vieux et faible et subiras le même sort ».
- Enfin, P. Arnaud propose l'interpretation suivante : on trouve chez Suétone ce καὶ σύ, τέκνον dans la bouche d'Auguste s'adressant à Galba enfant : « Toi aussi, mon fils, tu prendras notre pouvoir » ; de même chez Dion Cassius dans celle de Tibère s'adressant au même Galba. Ainsi, officiellement assassiné pour défendre la République, César accuse Brutus d'aspirer au même pouvoir que lui, et donc annonce (en le justifiant) l'assassinat futur de Brutus, pour les mêmes raisons. Le complot n'atteignit cependant pas ses objectifs, car l'État romain, après la constitution du deuxième triumvirat dont Octavien, petit-neveu et fils adoptif de Jules César, était membre, finit par devenir, en 31 av. J.-C., un Empire. Octavien devenu Auguste en fut le premier empereur, et le Sénat ne retrouva jamais tous les droits que Jules César lui avait pris, même si Auguste fut plus conciliant.

Héritage

Comme Auguste et tous les empereurs à sa suite, Jules César fut divinisé après sa mort. Après la mort de César, il y eut encore 15 ans de guerre civile. On doit à César deux écrits en forme de commentaires (Commentarii rerum gestarum) :
- De Bello ciuile, « Commentaires sur la Guerre civile » ;
- De Bello Gallico, « Commentaires sur la Guerre des Gaules ». Il a aussi donné son nom au calendrier julien, issu du calendrier romain qu'il fit réformer pour que la durée moyenne de l'année soit exactement de 365,25 jours, meilleure approximation connue à l'époque. Son nom est devenu par la suite le titre des empereurs romains. Il a aussi donné le nom « Kaiser » en allemand, ainsi que celui de « Tsar » (ou « Czar ») en russe. Le surnom de Caesar pourrait venir du fait qu'il soit né par césarienne (caesar, aris : enfant né par incision). Sa vie inspira à William Shakespeare, l'une de ses plus célèbres tragédies.

Sources


- Plutarque, Vie des douze Césars ;
- Suétone, Vie de César http://bcs.fltr.ucl.ac.be/SUET/CAES/trad.html lire en ligne.

Voir aussi

Articles connexes


- Lucterius
- Rome antique

Bibliographie


- C. Iulii Caesaris Commentariorum de bello Gallico, libri VIII, Civili Pompeiano, lib. III, Alexandrino, lib. I, Africano, Lib. I. Hispaniensi, lib. I. (…). Lugduni, apud Seb. Gryphium (Lyon, Sébastien Gryphe), 1547.
- Jérôme Carcopino, Jules César ;
- Luciano Canfora, Jules César;
- Max Gallo, Cesar Imperator;
- Yann le Bohec, César chef de Guerre.

Liens externes


- [http://www.histoire-en-ligne.com/article.php3?id_article=134 Biographie]
- [http://wikisource.org/wiki/La_guerre_des_Gaules La guerre des Gaules] Cesar, Jules Cesar, Jules Cesar, Jules Cesar, Jules Cesar, Jules Cesar, Jules

Trébuchet

Le trébuchet fait partie des pièces d’artillerie médiévales dites à contre-poids. Introduit en France au courant du , son utilisation a perduré jusque vers le . Son nom vient de l’occitan trebucca qui signifie : « qui apporte des ennuis ». Il est fait d’un assemblage liant une verge à un contre-poids articulé appelé aussi huche. À l’autre extrémité était attachée une poche dans laquelle était placée le projectile, généralement un boulet de pierre taillée.

Historique du trébuchet

Le trébuchet fut introduit en France au . Les croisades furent vraisemblablement le moteur qui poussa à développer ce type d’armes de siège. Le trébuchet est une variante du mangonneau en ce sens que son contre-poids, appelé aussi huche, est articulé. Ceci lui confère de nombreux avantages, notamment en ce qui concerne l’équilibrage de l’arme. Le trébuchet nécessite également moins de personnes pour reprendre sa position initiale. huche] L’âge d’or du trébuchet se situe aux . Il fut notamment utilisé pendant la croisade des Albigeois, comme l’attestent les fouilles faites à Carcassonne et au château de Montségur par exemple. Il fut appelé le « loup de guerre » sous le règne du roi d’Angleterre Édouard qui en utilisa de nombreux exemplaires pour conquérir le Pays de Galles puis l’Écosse. On pense communément que le trébuchet pouvait tirer des boulets pesant jusqu'à environ 120 kilogrammes sur une distance d’un peu plus de 200 mètres. Une telle arme fut surtout employée en tant qu'arme de siège. Elle était donc pointée sur un point précis des fortifications ennemies qui étaient alors bombardées. Le trébuchet constituait également une arme de dissuasion efficace. En effet, certaines places fortes capitulèrent dès lors que les assiégés apercevaient l’érection de la machine. Une variante du trébuchet plus mobile et légère fut également développée plus tard qui comportait deux contre-poids situés de part et d’autre de la verge et qui, de ce fait, portait le nom de couillard ou également de biffa. Le trébuchet fut graduellement remplacé par l’artillerie à poudre jusqu'à la cessation de son emploi au cours du . Les deux systèmes d’armement cohabitent en effet pendant environ trois siècles puisque l’artillerie à poudre fut introduite vers le début de la guerre de Cent ans opposant les Français aux Anglais, et lors du siège d’Orléans. Il faut dire qu'à l’époque, le maniement du trébuchet était d’un emploi plus simple et surtout moins dangereux que l’artillerie à poudre. L’une des dernières utilisation du trébuchet en tant qu'arme de siège qui fut consignée par écrit date de 1521. Étant à cours de poudre à canon, Hernán Cortés fit monter un trébuchet lors du siège de la capitale aztèque Tenochtitlán. On rapporte qu'il ne servit qu'une fois, à cause d’une défaillance de conception qui causa sa propre destruction lors du premier tir. Les sources ne permettent pas de vérifier s’il s’agit réellement d’un trébuchet ou d’une catapulte. Ces armes à contre-poids tombèrent dans l’oubli jusqu'à ce que Napoléon porte un intérêt nouveau à l’époque médiévale et à ces armes en particulier. La description de ce trébuchet faite par Viollet-le-Duc dans son encyclopédie médiévale telle que reproduite plus bas date également du .

Caractéristiques techniques

Si les dimensions et le poids de la machine peuvent grandement varier d’un modèle à un autre, il n'en demeure pas moins qu'un trébuchet de taille moyenne devait posséder les caractéristiques techniques suivantes :
- Longueur de la verge : 8 à 12 mètres ;
- Poids du contre-poids : entre 10 et 18 tonnes ;
- Poids des boulets : de 80 à 100 kilogrammes ;
- Portée maximale : un peu plus de 200 mètres ;
- Nombre de servants : environ 60 personnes (charpentiers, tailleurs de pierre, manœuvres, etc.) ;
- Cadence de tir : 1 à 2 par heure.

Description détaillée

Note : Cette description reproduit celle de l’Encyclopédie médiévale de Viollet-le-Duc qui récapitule les connaissances théoriques sur le trébuchet à la fin du . Viollet-le-Duc]] Villard de Honnecourt  nous donne le plan d’un de ces grands trébuchets à contre-poids, si fort employés pendant les guerres du et . Quoique l’élévation de cet engin manque dans le manuscrit de notre architecte picard du siècle, cependant la figure qu'il présente et l’explication aident à comprendre ces sortes de machines. Villard écrit au bas de son plan la légende suivante (traduite de l’ancien français) :
« Si vous voulez façonner le fort engin qu'on appelle trébuchet, faites ici attention. En voici les sablières comme elles reposent à terre. Voici devant les ·· treuils et la corde double avec laquelle on ravale la verge. Voir le pouvez en cette autre page. Il y a grand faix à ravaler, car le contre-poids est très pesant ; car il y a une huche pleine de terre, qui a ·· grandes toises de long et ·· pieds de large, et ·· pieds de fond. Et au décocher de la flêche (
- ), pensez ! Et vous en donnez garde, car elle doit être maintenue à cette traverse du devant. »
(
- ) La flèche désigne une cheville.
Le plan donné par Villard montre deux sablières parallèles espacées l’une de l’autre de huit pieds, et ayant chacune trente-quatre pieds de long. À quatorze pieds de l’extrémité antérieure des sablières est une traverse qui, à l’échelle, paraît avoir vingt-cinq pieds de long ; puis quatre grands goussets, une croix de Saint-André horizontale entre les deux sablières longitudinales ; près de l’extrémité postérieure, les deux treuils accompagnés de deux grands ressorts horizontaux en bois. C'est là un engin énorme, et Villard a raison de recommander de prendre garde à soi au moment où la verge est décochée.

Le trébuchet de Villard

bois Villard ne donne que le plan des sablières sur le sol, mais nombre de vignettes de manuscrits permettent de compléter la figure. Un des points importants de la description de Villard, c'est le cube du contre-poids. Ces huches ne sont pas des parallélépipèdes, mais des portions de cylindres dans la plupart des anciennes représentations : or, en donnant à cette huche la forme indiquée dans la figure 1, et les dimensions exprimées dans le texte de Villard, nous trouvons un cube d’environ 20 mètres ; en mettant le mètre de terre à 1 200 kg, nous obtenons 26 000 kg.
« Il y a grand faix à ravaler. »
Pour faire changer de place un pareil poids, il fallait un levier d’une grande longueur : la verge était ce levier ; elle avait de quatre toises à six toises de long (de huit à douze mètres), se composait de deux pièces de bois fortement réunies par des frettes de fer et des cordes, et recevant entre elles deux un axe en fer façonné ainsi que l’indique le détail A. Les tourillons de cet axe entraient dans les deux pièces verticales B, renforcées, ferrées à leur extrémité, et maintenues dans leur plan par des contre-fiches. En cas de rupture du tourillon, un repos C recevait le renfort C’, afin d’éviter la chute de la verge et tous les dégâts que cette chute pouvait causer.

Manœuvrer le trébuchet

Voyons comme on manœuvrait cet engin, dont le profil géométral est donné par la figure 2. Lorsque la verge était laissée libre, sollicitée par le contre-poids C, elle prenait la position verticale AB. C'était pour lui faire abandonner cette position verticale qu'il fallait un plus grand effort de tirage à cause de l’aiguité de l’angle formé par la corde de tirage et la verge ; alors, on avait recours aux deux grands ressorts de bois tracés sur le plan de Villard, et reproduits sur notre vue perspective (figure 1). perspective Les cordes attachées aux extrémités de ces deux ressorts venaient, en passant dans la gorge de deux poulies de renvoi, s’attacher à des chevilles plantées dans le second treuil D (figure 2) ; en manœuvrant ce treuil à rebours, on bandait les deux cordes autant que pouvaient le permettre les deux ressorts. Préalablement, la boucle E, avec ses poulies jumelles F, dans lesquelles passait la corde de tirage, avait été fixée à l’anneau G au moyen de la cheville H (cf. détail X). La poulie I roulait sur un cordage peu tendu KL, afin de rendre le tirage des deux treuils aussi direct que possible. Au moment donc où il s’agissait d’abaisser la verge, tout en étant ainsi préparé, un servant étant monté attacher la corde double à l’anneau de la poulie de tirage, on décliquait le treuil tourné à rebours, les ressorts tendaient à reprendre leur position, ils faisaient faire un ou deux tours au treuil D dans le sens voulu pour l’abattage et aidaient ainsi aux hommes qui commençaient à agir sur les deux treuils, ce qui demandait d’autant moins de force que la verge s’éloignait de la verticale. Alors on détachait les boucles des cordes des ressorts et on continuait l’abattage sur les deux treuils en ab et a’b’. Huit hommes (deux par levier pour un engin de la dimension de celui représenté figure 1), dès l’instant que la verge était sortie de la ligne verticale, pouvaient amener celle-ci suivant la position A’B’. Le chargeur prenait la poche en cuir et cordes M, la rangeait dans la rigole horizontale en M’, plaçait dedans un projectile, puis, d’un coup de maillet, le décliqueur faisait sauter la cheville H. La verge, n'étant pas retenue, reprenait la position verticale par un mouvement rapide, et envoyait le projectile au loin. C'est ici où l’on ne se rend pas, faute de l’expérience acquise par la pratique, un compte exact des forces combinées, de la révolution suivie par le projectile, et du moment où il doit quitter sa poche. Quelques commentateurs paraissent avoir considéré la poche du projectile comme une véritable fronde se composant de deux attaches, dont une fixe et l’autre mobile, de manière que, par le mouvement de rotation imprimé au projectile, l’une des deux attaches de la fronde quittait son point d’attache provisoire, et le projectile ainsi abandonné à lui-même décrivait dans l’espace une parabole plus ou moins allongée.

Brides de fronde

parabole D'abord, bien des causes pouvaient modifier le décrochement de l’une des cordes de la fronde : le poids du projectile, son tirage plus ou moins prononcé sur l’une des deux cordes, un léger obstacle, un frottement. Il pouvait se faire ou que le décrochement eût lieu trop tôt, alors le projectile était lancé verticalement et retombait sur la tête des tendeurs ; ou qu'il ne se décrochat pas du tout, et qu'alors, rabattu avec violence sur la verge, il ne la brisât. En consultant les bas-reliefs et les vignettes des manuscrits, nous ne voyons pas figurer ces deux brides de fronde et l’attache provisoire de l’une d’elles ; au contraire, les brides de la fronde paraissent ne faire qu'un seul faisceau de cordes ou de lanières, avec une poche à l’extrémité, comme l’indiquent nos figures. De plus, nous voyons souvent, dans les vignettes des manuscrits, une seconde attache placée en contrebas de l’attache de la fronde, et qui paraît devoir brider celle-ci, ainsi que le fait même la vignette 3 reproduite dans les éditions française et anglaise de Villard de Honnecourt. Ici, le tendeur tient à la main cette bride secondaire et paraît l’attacher à la queue de la fronde. C'est cette bride, ce sous-tendeur, que dans nos deux figures 1 et 2 nous avons tracé en P, le supposant double et pouvant être attaché à différents points de la queue de la fronde ; on va voir pourquoi.

Mouvement de la verge

Villard de Honnecourt Soit en figure 4 le mouvement de la verge, lorsqu'après avoir été abaissée, elle reprend brusquement la position verticale par l’effet du contre-poids ; le projectile devra décrire la courbe ABC. Or il arrive un moment où la fronde sera normale à l’arc de cercle décrit par la verge, c'est-à-dire où cette fronde sera exactement dans le prolongement de la verge qui est le rayon de cet arc de cercle. Alors, le projectile, mu par une force centrifuge considérable, tendra à s’échapper de sa poche. Il est clair que la fronde sera plus rapidement amenée dans la ligne de prolongement de la verge suivant que cette fronde sera plus courte et que le poids du projectile ne sera pas lancé du côté des ennemis, mais au contraire sur ceux qui sont placés derrière l’engin. Il y avait donc un premier calcul à faire pour donner à la fronde une longueur voulue afin qu'ayant à lancer un poids de..., elle arrivât dans le prolongement de la ligne de la verge lorsque celle-ci était près d’atteindre son apogée. Mais il fallait alors déterminer par une secousse brusque le départ du projectile, qui autrement aurait quitté le rayon en s’éloignant de l’engin presque verticalement. C'était pour déterminer cette secousse qu'était fait le sous-tendeur P. Si ce sous-tendeur P était attaché en P’, par exemple, de manière à former avec la verge et la queue de la fronde le triangle P’OR, la queue OP’ ne pouvait plus sortir de l’angle P’OR, ni se mouvoir sur le point de rotation O. Mais le projectile C continuant sa course forçait la poche de la fronde à obéir à ce mouvement d’impulsion jusqu'au moment où cette poche, se renversant tout à fait, le projectile abandonné à lui-même était appelé par la force centrifuge et la force d’impulsion donnée par l’arrêt brusque du sous-tendeur à décrire une parabole C’E. Si, comme l’indique le tracé S, le sous-tendeur P était fixé en P’’, c'est-à-dire plus près de l’attache de la queue de la fronde, et formait un triangle P’’O’R' « dont l’angle O’ était moins obtus que celui de l’exemple précédent, la secousse se faisait sentir plus tôt, la portion de la fronde laissée libre décrivait un arc de cercle C’’C’’ », par suite du mouvement principal de la verge ; le projectile C’’’’, abandonné à lui-même sous le double mouvement de la force centrifuge principale et de la force centrifuge secondaire occasionnée par l’arrêt P’’, était lancé suivant une ligne parabolique C’’’’E’’, se rapprochant plus de la ligne horizontale que dans l’exemple précédent. En un mot, plus le sous-tendeur P était roidi et fixé près de l’attache de la fronde, plus le projectile était lancé horizontalement ; plus au contraire ce sous-tendeur était lache et attaché près de la poche de la fronde, plus le projectile était lancé verticalement. Ces sous-tendeurs étaient donc un moyen nécessaire pour régler le tir et assurer le départ du projectile. S'il fallait régler le tir, il fallait éviter les effets destructeurs du contre-poids qui, arrivé à son point extrême de chute, devait occasionner une secousse terrible à la verge, ou briser tous les assemblages des contre-fiches. À cet effet, non seulement le mouvement du contre-poids était double, c'est-à-dire que ce contre-poids était attaché à deux bielles, avec deux tourillons, mais encore souvent aux bielles mêmes étaient fixés des poids en bascule, ainsi que le font voir nos figures précédentes. Voici quel était l’effet de ces poids T. Lorsque la verge se relevait brusquement sous l’influence de la huche chargée de pierres ou de terre, les poids T en descendant rapidement exerçaient une influence sur les bielles au moment où la huche arrivait au point extrême de sa chute, et où elle était retenue par la résistance opposée de la verge. Les poids n'ayant pas à subir directement cette résistance, continuant leur mouvement de chute, faisaient incliner les bielles suivant une ligne gh et détruisaient ainsi en partie le mouvement de secousse imprimé par la tension brusque de ces bielles. Les poids T décomposaient, jusqu'à un certain point, le tirage vertical produit par la huche, et neutralisaient la secousse qui eût fait rompre tous les tourillons sans altérer en rien le mouvement rapide de la verge, en substituant un frottement sur les tourillons à un choc produit par une brusque tension. Ces engins à contre-poids furent en usage jusqu'au moment où l’artillerie à feu vint remplacer toutes les machines de jet du Moyen Âge.

Le trébuchet du siège de Cherbourg

Le savant bibliophile M. Pichon possède un compte (attachement) de ce qui a été payé pour le transport d’un de ces engins en 1378, lequel avait servi au siège de Cherbourg. Voici ce curieux document, que son possesseur a bien voulu nous communiquer :
« Le monstre Thomin le bourgeois de Pontorson gouvernour de l’engin de la dite ville, du maistre charpentier, de autres charpentiers, de maçons et cancours, de tendeurs et charrets à compter le cariot qui porte la verge d’iceluy engin ; pour trois charreltiers qui sont ordennés servir celui engin au siége de Cherbourt, venu à Carentan, et nous Endouin Channeron, dotteur en la seigneurie, bailly de Costentin et Jehan des Iles, bailly illec pour le roy notre sire es terres qui furent au roy de Navarre, comis et députez en ceste partie, de par nos seigneurs les généraulx commis du roy notre sire pour le fait dudit siége; le jour de novembre l’an .
Et premièrement :
Le dit Thomin, le maistre gonduom dudit engin, jours.
::vault pour jours. ........
::Some ci-dessus.
Michel Rouffe, maistre charpentier dudit engin, jours.
:: vault pour jours. ........
Etc. »
Suit le compte des charpentier, maçons, tendeurs, charrettes et chevaux. Cet attachement fait connaître l’importance de ces machines qui exigeaient un personnel aussi nombreux pour les monter et les faire agir. Le chiffre de quarante tendeurs indique assez la puissance de ces engins : car à supposer qu'ils fussent divisés en deux brigades (leur service étant très fatiguant, puisqu'ils étaient chargés de la manœuvre des treuils), il fallait donc vingt tendeurs pour abaisser la verge du trébuchet. Les maçons étaient probablement employés à dresser les aires de niveau sur lesquelles on asseyait l’engin .

Le trébuchet des Albigeois

Pierre de Vaux-Cernay, dans son
Histoire des Albigeois, parle de nombreux mangonneaux dressés par l’armée des croisés devant le château des Termes, et qui jetaient contre cette place des pierres énormes, si bien que ces projectiles firent plusieurs brèches. Au siège du château de Minerve (en Minervois), dit ce même auteur, on éleva du coté des Gascons une machine de celles qu'on nomme mangonneaux, dans laquelle ils travaillaient nuit et jour avec beaucoup d’ardeur. Pareillement, au midi et au nord, on dressa deux machines, savoir une de chaque coté. Enfin, du coté du comte, c'est-à-dire à l’orient, était une excellente et immense pierrière, qui chaque jour coûtait vingt-et-une livres pour le salaire des ouvriers qui y étaient employés. Au siège de Castelnaudary, entrepris contre Simon de Montfort, le comte de Toulouse fit « préparer un engin de grandeur monstrueuse pour ruiner les murailles du château, lequel lançait des pierres énormes, et renversait tout ce qu'il atteignait... Un jour, le comte (Simon de Monfort) s’avançait pour détruire la susdite machine ; et comme les ennemis l’avaient entourée de fossés et de barrières tellement que nos gens ne pouvaient y arriver... » En effet, on avait toujours le soin d’entourer ces engins de barrières, de claies, tant pour empêcher les ennemis de les détruire que pour préserver les hommes qui les servaient. Au siège de Toulouse, Pierre de Vaux-Cernay raconte que, dans le combat où Simon de Monfort fut tué, « le comte et le peu de monde qui était avec lui se retirant à cause d’une grêle de pierres et de l’insupportable nuée de flêches qui les accablaient, s’arrêtèrent devant les machines, derrière des claies, pour se mettre à l’abri des unes et des autres ; car les ennemis lançaient sur les notres une énorme quantité de cailloux au moyen de deux trébuchets, un mangonneau et plusieurs engins... » C'est alors que Simon de Monfort fut atteint d’une pierre lancée par une pierrière que servaient des femmes, sur la place de Saint-Sernin, c'est-à-dire à cent toises au moins de l’endroit où se livrait le combat. Quelquefois les anciens auteurs semblent distinguer, comme dans ce passage, les trébuchets des mangonneaux. Les mangonneaux sont certainement des machines à contre-poids, comme les trébuchets, mais les mangonneaux avaient un poids fixe placé à la queue de la verge au lieu d’un poids mobile, ce qui leur donnait une qualité particulière. Villard de Honnecourt appelle l’engin à contre-poids suspendu par des bielles, à contre-poids en forme de huche, trébuchet ; d’où l’on doit conclure que si le mangonneau est aussi un engin à contre-poids, ce ne peut être que l’engin à balancier, tel que celui figuré dans le bas-relief de Saint-Nazaire de Carcassonne  et dans beaucoup de vignettes de manuscrits.

Notes

Voir l’album de Villard de Honnecourt, publié par MM. Lassus et Alfred Darcel (Paris, Delion, 1858), et l’édition anglaise publiée par M. Willis (Oxford, Parker). On peut encore constater l’importance de la construction de ces engins en consultant les anciens comptes et inventaires de forteresses. Quand, en 1428, on détruisit l’engin établi sur la tour de Saint-Paul à Orléans, pour le remplacer par une bombarde, la charpente de cette machine de guerre, qui était ou un trébuchet, ou un mangonneau, remplit vingt-six voitures qui furent conduites à la chambre de la ville. (Jollois,
Histoire du siège d’Orléans., ch. , Paris, 1833) Bas-relief que l’on suppose représenter la mort de Simon de Monfort, et qui est déposé dans la chapelle Saint-Laurent de l’église Saint-Nazaire de la cité de Carcassonne.

Voir aussi

Articles connexes


- engin de siège ;
- artillerie médiévale.

Liens externes


- [http://medieval.mrugala.net/Armes%20de%20siege/Trebuchet.htm Site avec description, photos et plans] ;
- [http://www.redstoneprojects.com/trebuchetstore/trebuchet_history.html Histoire du trébuchet]. Trebuchet Trebuchet ja:トレバシェット


-336

Catégorie:-336
Années -350 | Années -340 | Années -330 | Années -320 | Années -310
-341 | -340 | -339 | -338 | -337 | -336 | -335 | -334 | -333 | -332 | -331
---- Cette page concerne l'année -336 du calendrier julien proleptique.

Événements

Monde romain


- À Rome, consulat de L. Papirius Crassus, K. (C.) Duillius.

Monde grec


- printemps : Expédition de Parménion et d’Attale en Asie. Ils sont accueilli en libérateurs par les cités grecques de la côte occidentale, d’Abydos à Ephèse.
- juillet : Assassinat de Philippe II de Macédoine au théâtre d’Aigai, en Macédoine, par Pausanias, un officier macédonien, lors des noces de sa fille Kléopatra avec Alexandre, roi d’Épire. Son fils Alexandre III est nommé général de tous les Grecs (sauf Sparte) aux Jeux Isthmiques.
- Début du règne d'Alexandre le Grand, roi de Macédoine (fin en 232 av. J.-C.) Alexandre élimine tous ses opposants macédoniens : Il fait assassiner son cousin, Amyntas IV, renversé en 360 ou 359 av. J.-C. par Philippe II de Macédoine, afin d'éviter un compétiteur. Les princes de la famille royale sont assassinés. Attale, accusé de trahison, est tué sur ordre d’Alexandre. Olympias fait égorger Cléopâtre et son nouveau-né, fils de Philippe.
- Répression d'un premier soulèvement de la Grèce.
- Alexandre entame une expédition sur le Danube puis en Illyrie à la fin de l'année pour sécuriseer sa frontière nord. (fin au début de l'année 335 av .J.-C.

Proche-Orient


- Fin du règne de Arsès, pharaon d'Égypte.
- Début du règne de Darius III Codoman, roi de Perse (fin en 330 av. J.-C.)
  - Bagoas empoisonne Arsès, massacre sa famille et le remplace par Darius III Codoman. Mais il est contraint par ce dernier à boire le poison qu’il lui destinait (fin de l’été).
- Règne de Khabbash, pharaon d’Égypte.
- Révolte en Égypte.
- Darius III chasse Philippe II de Macédoine d’Asie Mineure, et à sa mort soutient les cités grecques contre Alexandre.

Naissances


-

Décès en -336


- Philippe II de Macédoine est assassiné.
- Amyntas IV, ancien roi de Macédoine, assassiné par son cousin Alexandre le Grand.

283

Catégorie:283
| |
Années 260 | Années 270 | Années 280 | Années 290 | Années 300
278 | 279 | 280 | 281 | 282 | 283 | 284 | 285 | 286 | 287 | 288
---- Cette page concerne l'année 283 du calendrier julien.

Événements


- Début du pontificat de Caïus ou Gaïus. >296
- Début du règne de Carin, fils de Carus, empereur romain. >284
  - Carus prend Séleucie et Ctésiphon. Victime d’une conjuration militaire, il meurt sur les bord du Tigre. Ses fils Carin et Numérien lui succèdent, Carin en Occident, Numérien en Orient. Il seront assassinés.

Naissances


-

Décès en 283


- Carus, empereur romain. ko:283년

280

Catégorie:280
| |
Années 260 | Années 270 | Années 280 | Années 290 | Années 300
275 | 276 | 277 | 278 | 279 | 280 | 281 | 282 | 283 | 284 | 285
---- Cette page concerne l'année 280 du calendrier julien.

Événements


- Le mathématicien Pappus démontre géométriquement la théorie du centre de gravité.
- Le mathématicien Pappus publie sa Compilation mathématique, rassemblant toutes les connaissances en la matière de son temps.
- Le commandant de la flotte romaine sur le Rhin, Bonosus, se fait proclamer empereur. Battu, il se pend. A Lyon, T. Aelius Proculus se déclare empereur, puis est mis à mort par ordre de Probus.
- En Gaule, devant la menace des invasions, les villes construisent ou renforcent leurs murailles.
- Probus chasse les Alains d’Asie Mineure.
- Une troupe de Francs, qui avaient obtenu de l’empereur Probus la concession de terres dans la région du Pont-Euxin, désirant revoir leur pays, s’emparent de navires, traversent la Méditerranée, franchissent le détroit de Gibraltar et réussissent sans encombre à rejoindre l’embouchure du Rhin.
- Rhône : des sources historiques indiquent une crue importante vers 280
- A Alexandrie, S. Julius Saturninus, chargé de la défense de l’Orient se déclare empereur. Retiré à Apamée, il y est assiégé et mis à mort.
- Le roi sassanide Bahram II envoie un émissaire pour trouver une ouverture de paix avec Probus.
- Sima Yan (Sseu-ma Yen) réunifie la Chine en annexant le royaume Wu.
- Les féaux ne sont plus enterrés vifs lors de la mort de l'empereur du Japon.
- En Inde, règne de Pravarasena, roi Vakataka du Dekkan (fin en 340). Il règne de Hyderabad au Malwâ et sur les satrapies Scythes.

Naissances


-

Décès


- ko:280년

220

Catégorie:220
| |
Années 200 | Années 210 | Années 220 | Années 230 | Années 240
215 | 216 | 217 | 218 | 219 | 220 | 221 | 222 | 223 | 224 | 225
---- Cette page concerne l'année 220 du calendrier julien.

Événements


- Le Christ est représenté de façon caricaturale dans les palais de Rome.
- Les Goths envahissent l'Asie Mineure et la péninsule des Balkans.
- Ambassade indienne auprès d’Élagabal
- Une révolte de paysans appauvris chinois renverse la dynastie Han.
  - A la mort de Cao Cao (Ts’ao Ts’ao), son fils Cao Pi (Ts'ao P'i) dépose l’empereur Xiandi, dernier des Han, se proclame empereur et fonde à Loyang la dynastie des Wei (fin en 265). Liu Bei (Lieou Pei) se proclame empereur du Shu Han, dans le sud. Pour venger Guan Yu (Kouan Yu), il attaque Sun Quan (Souen K'iuan) alors qu’il aurait du se retourner contre Cao Pi.
- Avec la fin de la dynastie Han, la Chine est divisée en trois royaumes : Wei, Shu et Wu.
- Thaïlande : le peuple thaï, originaire de Chine occidentale, installé dans le Yunnan au IIe ou Ie siècle av. J.-C, profite de la confusion qui règne après l’effondrement de la dynastie Han pour fonder le royaume de Nanzhao (Nan-Chao), qu’il gouverne jusqu’à la conquête du pays par les Mongols entre 1353 et 1357.

Naissances


-

Décès en 220


- ja:220 ko:220년

Héron d'Alexandrie

Héron d'Alexandrie ou Héron L'Ancien était un ingénieur, un mécanicien et un mathématicien  grec du après J-C.

Présentation

De la jeunesse de Héron d'Alexandrie (dit aussi Héron l'Ancien) on ne sait pas grand chose, si ce n'est qu'il est originaire d'Alexandrie. Les dates de sa naissance et de sa mort ne sont pas connues avec certitude, selon la majorité des historiens il aurait vécu au cours du premier siècle après JC. Il aurait donc vécu vraisemblablement sous l'empire romain. Son œuvre nous a été transmise via quelques uns de ses traités de physique et de mathématiques. Nombres de ses écrits ont été retrouvés en latin et en arabe. Au cours des siècles ils ont été maintes fois retranscrits et l'authenticité de ces textes est parfois remise en cause.

Réalisations

En mathématiques

On attribue à Héron d'Alexandrie plusieurs formules mathématiques dont une de calcul de l'aire d'un triangle à partir de la longueur de ses côtés, ainsi qu'une autre permettant d'approximer la racine carrée de n'importe quel nombre de manière récursive : la formule de Héron. Il fut aussi dans Stereometrica l'auteur de formules de mesures de longueur, de surface et de volume pour des objets en trois dimensions. Les recherches mathématiques de Héron d'Alexandrie visaient principalement l'aspect pratique de la mesure des objets.

En optique

Héron l'Ancien étudie dans Catoptrica la lumière et ses réflexions. Il énonce ainsi les principes de réflexion de la lumière (principes guidés par la règle selon laquelle la nature choisit toujours le plus court chemin). Il croyait à l'époque que la vision était possible grâce à des rayons lumineux émis par les yeux et se propageant à une vitesse infinie.

En Mécanique et en pneumatique

infinie Héron d'Alexandrie a conçu de nombreuses machines hydrauliques. Il est à l'origine de l'Éolipyle, machine pneumatique constituée d’une sphère fixée sur un axe et équipée de deux tubes coudés sortant de manière opposée ; en chauffant l’eau contenue dans la sphère métallique la vapeur d’eau formée donnait en s’échappant un mouvement de rotation à la sphère. Il a aussi conçu une fontaine automatique qui faisait jaillir l'eau via un ingénieux système de vases communicants. Dans Pneumatica il décrit un système de portes automatiques s'ouvrant lorsqu'on allume un feu sur un autel ; le feu, chauffant un volume d'eau, créait de la vapeur qui mettait en mouvement les portes d'un temple. Dans le cadre de son Traité des automates il a aussi conçu des mécanismes pour théâtre qui à base de poids et contrepoids mettaient en mouvement une série de plates-formes et de petits personnages. Grâce à ces inventions, Héron d'Alexandrie est souvent retenu comme l'inventeur des premiers automates.

Autres

Héron l'Ancien fut aussi l'inventeur d'un pseudo-thermomètre et de l'odomètre permettant de mesurer la distance parcourue. On lui attribue la fabrication d'horloge hydraulique pour mesurer le temps, et la réalisation d'ouvrages sur l'astrolabe permettant de mesurer la distance angulaire entre deux astres.

Publications


- Pneumatica (Deux livres sur la pression de l'air et de la vapeur d'eau)
- Mécanica (Trois livres sur les moyen de soulever des objet et sur leur centre de gravité)
- Métrica (Trois livres sur les différents systèmes métriques)
- Géométrica (Illustration par des exemples des théorie développées dans Métrica)
- Catoprica (Livre sur les problèmes de miroirs)
- Stereometrica (Recueil de problèmes)
- Belopoica (Livre sur les machines de jet)
- Traité des automates

Voir aussi


- Triangle de Héron

Liens externes


- [http://www.ac-grenoble.fr/stendhal/francais/travaux/phys9899/18heron.htm Schéma de la fontaine de Héron]
- [http://www.worldtempus.com/wt/1/1419/ Schéma du Théâtre de Héron d'Alexandrie]
- [http://serge.mehl.free.fr/chrono/Heron.html Formules mathématiques de Héron d'Alexandrie] Catégorie:Mathématicien de la Grèce antique ja:アレクサンドリアのヘロン ko:알렉산드리아의 헤론

360

Catégorie:360
| |
Années 340 | Années 350 | Années 360 | Années 370 | Années 380
355 | 356 | 357 | 358 | 359 | 360 | 361 | 362 | 363 | 364